Par Abdelhak El Idrissi Publié aujourd’hui à 06h00, modifié à 09h30
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Dans le monde feutré du cabinet Hélin International, l’euphémisme et la pudeur ont toujours été de mise. Officiellement, l’activité de la structure consistait, selon son dirigeant, le prince belge Henri de Croÿ, à proposer à des clients majoritairement français faisant face à une « situation fiscale », des « structures d’optimisation avec un haut degré de confidentialité » afin de leur permettre de « différer l’impôt ». Des clients recrutés par l’entremise « d’apporteurs d’affaires », et qui bénéficiaient d’un système de « mise à disposition » d’argent pour répondre à leurs « besoins de liquidités ».
Le ministère public leur reproche d’avoir organisé de manière massive la fraude fiscale de 322 contribuables français, pour leur permettre de cacher au fisc plus de 200 millions d’euros grâce à des montages sophistiqués, passant par des paradis fiscaux connus pour leur opacité. Le fameux système de « mise à disposition » ? Une combine permettant de distribuer des enveloppes d’argent liquide et des cartes bancaires préchargées et anonymes aux clients en France. Parmi les « apporteurs d’affaires », trois avocats parisiens et un expert-comptable du nord de la France, soupçonnés d’avoir en réalité agi comme rabatteurs, seront également jugés pour « complicité de fraude fiscale », « blanchiment en bande organisée » et « association de malfaiteurs ».
Une structure en forme pyramidale
Pour parvenir à cette traduction judiciaire, le PNF s’est appuyé sur une pierre de Rosette d’un genre particulier : une clé USB, arrivée anonymement au début de l’année 2019 et contenant des centaines de milliers de documents internes au groupe Hélin International, permettant de plonger au cœur d’un système habituellement imperméable. Quelques mois auparavant, les mêmes données étaient envoyées à l’hebdomadaire L’Obs (hebdomadaire qui a les mêmes actionnaires que le groupe Le Monde) qui avait révélé, en collaboration avec Radio France, les dessous de cette vaste entreprise de fraude fiscale baptisée « Dubaï Papers » Lire la suite.