Agence France-Presse 6 octobre 2026 à 19h35
Le régulateur britannique des marchés financiers a indiqué mardi qu’il allait enquêter sur la manière dont il avait traité un lanceur d’alerte qui a contribué à révéler l’ampleur des liens présumés entre Jeffrey Epstein et l’actuel ministre américain du Commerce avant de se suicider.
Des proches de Simon Andriesz, 57 ans, ont confirmé sur les réseaux sociaux que ce banquier britannique avait mis fin à ses jours le mois dernier. Il avait travaillé à partir de 2012 pour le géant américain du courtage BGC, alors dirigé par Howard Lutnick, aujourd’hui secrétaire américain au Commerce du gouvernement de Donald Trump.
Lors de la publication cette année du dossier Epstein par le ministère américain de la Justice, M. Andriesz avait mis au jour des courriels suggérant que M. Lutnick était resté en contact avec le criminel sexuel américain en 2018, alors qu’il disait avoir rompu avec lui.
Simon Andriesz avait dit cet été, dans un podcast de la BBC, avoir subi d’énormes pressions après avoir parlé des liens présumés entre Howard Lutnick et le criminel sexuel américain. Il avait comparé BGC et ses dirigeants à des « brutes » et accusé la Financial Conduct Authority (FCA) de ne pas protéger les lanceurs d’alerte.
Dans une déclaration transmise à l’AFP, la FCA a confirmé mardi qu’elle allait « examiner la manière dont [ils avaient] interagi avec M. Andriesz afin de tirer d’éventuels enseignements pour l’avenir », tout en présentant ses condoléances aux proches du lanceur d’alerte.
« Nous devons être ouverts et réfléchir aux éventuels moyens d’améliorer nos pratiques, en particulier notre manière d’interagir avec des personnes qui peuvent être particulièrement vulnérables », a-t-elle ajouté.
Un groupe transpartisan de députés britanniques a estimé que cette affaire « soulevait de sérieuses questions sur la façon dont les lanceurs d’alerte était traités lorsqu’ils s’adressaient à la FCA ».
Simon Andriesz avait exprimé des inquiétudes au sujet de BGC pendant des années, d’abord en soulevant des irrégularités en interne, puis auprès du FBI en 2020-2021 concernant les liens présumés entre M. Lutnick et Jeffrey Epstein.
Le ministre a répondu aux questions d’une commission parlementaire du Congrès américain en mai sur ses liens avec Jeffrey Epstein, retrouvé mort en prison en 2019. Des députés démocrates ont dans la foulée réclamé sa démission, une élue qualifiant M. Lutnick de « menteur pathologique ».
Il n’a toutefois été accusé d’aucun acte criminel.
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