A Chypre ou Malte, des start-up très discrètes se disputent le filon des services d’IA érotiques

Dimanche 16 août 2026

Difficile de savoir qui se cache derrière ces entreprises aux statuts opaques, qui modèrent peu leurs contenus et entraînent leurs IA sur des données à la légalité douteuse.

Par Florian Reynaud Publié hier à 07h00

Temps de Lecture 4 min.

Sur la page d’accueil de CandyAI, des dizaines de profils attendent le visiteur. Mona, 19 ans, Diana, 37 ans, Quinn, 19 ans… Chez les hommes, on trouve Charles, 49 ans, ou encore Malik, 30 ans. Chacun présente des éléments de personnalité : Sofia est « la copine canon de ton pote », étudie à l’université, aime les « virées shopping » et les « danses TikTok ». On peut cliquer sur son compte Instagram, et même commencer à lui parler.

CandyAI est un site pornographique d’un nouveau genre, un jeu de rôle pour adultes proposant de nombreux personnages virtuels, entièrement générés par intelligence artificielle (IA). Avec plus de 47 millions de visites par mois sur le deuxième trimestre 2026, dont plus de 4,7 millions en France (son troisième marché), c’est l’un des visages d’une industrie en plein boom : celle des compagnons IA pour adultes.

Derrière ce service se trouve l’entreprise EverAI, décrit, sur son site officiel, comme « la plateforme numéro un d’IA relationnelle ». Officiellement domiciliée à Malte, EverAI emploie, selon le réseau social LinkedIn, plus de 50 personnes un peu partout sur le globe, des Etats-Unis à la Serbie, en passant par la Roumanie, le Brésil et l’Australie. C’est de ce dernier pays que vient son PDG, Alexis Soulopoulos, un entrepreneur précédemment connu pour avoir dirigé un important service de recherche de garde de chiens Lire la suite.

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