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Une enquête sur le trafic d’êtres humains

Samedi 7 mars 2026

En tête de notre sélection cette semaine, un livre de la journaliste américaine Barbie Latza Nadeau qui lève le voile sur le trafic d’êtres humains, une industrie criminelle en pleine croissance et aux mécanismes complexes.

Le 07 Mars 2026 6 min

Le trafic d’êtres humains appartient à la part d’ombre de la mondialisation. Par définition opaque, il fait ici l’objet d’un éclairage par le biais d’une enquête journalistique précise, appuyée sur des récits. On y apprend que l’activité est en plein essor mais, comme pour toutes les activités criminelles, on ne sait pas si elle suit simplement la mondialisation ou bien va plus vite qu’elle.

Prostitution, travail forcé…

L’autrice balaye les différents réseaux de ce commerce international. On pense immédiatement à la prostitution – de femmes, mais aussi, souligne l’autrice, de plus en plus souvent de jeunes hommes. Plus loin, un chapitre qui réclame d’avoir l’estomac bien accroché évoque l’exploitation sexuelle des jeunes enfants.

Quand une petite tête blonde de pays riche disparaît, on dépense des millions pour tenter de la retrouver. Quand il s’agit de migrants mineurs, aucune enquête n’est menée. On finit quelquefois par les localiser dans des films, visiblement tournés en Russie, dans lesquels ils sont agressés sexuellement avant d’être exécutés, dans une mise en scène ou bien réellement… La prostitution représenterait 22 % du trafic mondial d’êtres humains.

La grande majorité de la traite concerne le travail forcé. Le livre met l’accent sur un secteur bien connu pour employer ce genre de main-d’œuvre, celui du textile. Et c’est vrai aussi bien du côté de la fast-fashion que de celui des entreprises de luxe. On comprend combien la directive européenne sur le devoir de vigilance était importante et pourquoi son recul est une hérésie au regard des vies en jeu. Le travail forcé représenterait 68 % du trafic d’êtres humains.

Le reste des activités concerne le trafic d’organes, ou encore la gestation pour autrui. On apprend qu’avant son invasion par la Russie, l’Ukraine représentait un centre important de ce genre de commerce. La guerre l’a perturbé pendant une année, avant qu’il ne reprenne, les femmes menant leur grossesse à l’extérieur du pays avant d’accoucher en Ukraine, où la législation est accommodante sur le sujet. Lire la suite.

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