Moyen-Orient.

En pleine guerre, Dubaï est devenue une île sans “échappatoire” pour les expatriés et les touristes

Mardi 3 mars 2026

Les Émirats arabes unis comme d’autres pays du Golfe sont la cible des frappes iraniennes depuis le 28 février. Des vols annulés aux supermarchés pris d’assaut, la guerre bouleverse le quotidien des expatriés du Golfe. Le “Financial Times”, “Bloomberg”, “Fortune”, “Politico”… La presse du monde entier analyse le choc économique et symbolique.

Courrier international Lecture 4 min. Publié le 2 mars 2026 à 11h39, mis à jour le 2 mars 2026 à 17h58

Une guerre régionale peut-elle transformer en impasse l’un des carrefours les plus fluides de la mondialisation ? De Dubaï à Doha, les frappes iraniennes ont brutalement suspendu la mécanique bien huilée des hubs du Golfe, révélant la vulnérabilité d’économies fondées sur l’expatriation, le tourisme et la connectivité permanente.

[…] Stocker des “produits essentiels”

Le site américain Bloomberg insiste sur cette sensation d’enfermement. Dubaï, écrit-il, s’est bâtie comme “une porte d’entrée mondiale fiable, omnidirectionnelle et ouverte 24 heures sur 24, une machine bien huilée pompant sans cesse personnes, avions et marchandises à l’entrée et à la sortie – même pendant les périodes difficiles, qu’il s’agisse de la pandémie ou de la guerre en Ukraine”. Or “la salve de missiles et de drones venus d’Iran […] a radicalement modifié cette dynamique. Soudain, Dubaï est devenue une île d’où il n’y avait pas d’échappatoire, avec des vols annulés, l’espace aérien fermé et des mouvements maritimes sévèrement restreints.”

[…] Trouver un “abri dans une station balnéaire clinquante”

L’analyste Marko Kolanovic prévient : “Ce qui se passe aux Émirats arabes unis pourrait être catastrophique, à moins qu’ils ne fassent pression sur Trump pour vaincre l’Iran rapidement et de manière décisive ou pour se retirer immédiatement.” Et il souligne la fragilité structurelle : “Avec 88 % d’expatriés et les secteurs du tourisme, de la finance, de l’aérien et du transport maritime exposés, cela peut aussi provoquer des ondes de choc mondiales.” Avant de trancher : “Cette situation est la pire.” L’attaque ne vise pas seulement des infrastructures, mais aussi un écosystème dépendant de la libre circulation des capitaux et des personnes.

[…] Entre expatriés confiants, touristes bloqués et marchés nerveux, ces récits dessinent un même constat : la guerre n’a pas seulement fermé un espace aérien, elle interroge également la promesse d’extraterritorialité sur laquelle ces métropoles ont bâti leur attractivité. Reste à savoir combien de temps cette parenthèse durera – et quels flux reprendront vraiment leur cours. Lire la suite.

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