Courrier international Lecture 4 min. Publié le 2 mars 2026 à 11h39, mis à jour le 2 mars 2026 à 17h58
Une guerre régionale peut-elle transformer en impasse l’un des carrefours les plus fluides de la mondialisation ? De Dubaï à Doha, les frappes iraniennes ont brutalement suspendu la mécanique bien huilée des hubs du Golfe, révélant la vulnérabilité d’économies fondées sur l’expatriation, le tourisme et la connectivité permanente.
[…] Stocker des “produits essentiels”
Le site américain Bloomberg insiste sur cette sensation d’enfermement. Dubaï, écrit-il, s’est bâtie comme “une porte d’entrée mondiale fiable, omnidirectionnelle et ouverte 24 heures sur 24, une machine bien huilée pompant sans cesse personnes, avions et marchandises à l’entrée et à la sortie – même pendant les périodes difficiles, qu’il s’agisse de la pandémie ou de la guerre en Ukraine”. Or “la salve de missiles et de drones venus d’Iran […] a radicalement modifié cette dynamique. Soudain, Dubaï est devenue une île d’où il n’y avait pas d’échappatoire, avec des vols annulés, l’espace aérien fermé et des mouvements maritimes sévèrement restreints.”
[…] Trouver un “abri dans une station balnéaire clinquante”
L’analyste Marko Kolanovic prévient : “Ce qui se passe aux Émirats arabes unis pourrait être catastrophique, à moins qu’ils ne fassent pression sur Trump pour vaincre l’Iran rapidement et de manière décisive ou pour se retirer immédiatement.” Et il souligne la fragilité structurelle : “Avec 88 % d’expatriés et les secteurs du tourisme, de la finance, de l’aérien et du transport maritime exposés, cela peut aussi provoquer des ondes de choc mondiales.” Avant de trancher : “Cette situation est la pire.” L’attaque ne vise pas seulement des infrastructures, mais aussi un écosystème dépendant de la libre circulation des capitaux et des personnes.
[…] Entre expatriés confiants, touristes bloqués et marchés nerveux, ces récits dessinent un même constat : la guerre n’a pas seulement fermé un espace aérien, elle interroge également la promesse d’extraterritorialité sur laquelle ces métropoles ont bâti leur attractivité. Reste à savoir combien de temps cette parenthèse durera – et quels flux reprendront vraiment leur cours. Lire la suite.