Par Pascal Riché Publié aujourd’hui à 05h00
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Dans l’obscurité de l’Airbus 350, au-dessus de l’Atlantique, presque tous les écrans diffusent des comédies romantiques ou des dessins animés. Seul l’un d’entre eux reste obstinément éteint pendant les onze heures de vol : celui de Gabriel Zucman, qui peaufine un « manifeste contre l’oligarchie internationale » sur son ordinateur portable.
Ce samedi 26 septembre, l’économiste s’est levé à 4 heures du matin à Budapest, où il était allé aider le nouveau gouvernement hongrois sur un projet de taxe sur les patrimoines. Il a couru pour ne pas rater sa correspondance à Roissy. A l’atterrissage à San Francisco, il est frais comme un gardon. « Je suis remonté à bloc ! J’ai hâte de plonger dans la bataille. » Pendant cinq jours, nous le suivons. Indifférent au décalage horaire, il va enchaîner conférences, rendez-vous, interviews, tournages de messages dont il entend « bombarder » les réseaux sociaux à l’aide de trois communicants qui papillonnent autour de lui.
La bataille, c’est celle de la « proposition 40 », sur laquelle les Californiens sont appelés à voter le 3 novembre, date des élections américaines de mi-mandat. Ils doivent répondre par oui ou par non à une one-time tax, une taxe exceptionnelle de 5 % sur la fortune totale (professionnelle et personnelle) des quelque 250 milliardaires californiens.
L’argent collecté, estimé à 100 milliards de dollars (89 milliards d’euros), doit sauver la couverture santé de 3,5 millions de Californiens, menacée par les coupes imposées par la loi budgétaire One Big Beautiful Bill (« grande et belle loi »), signée le 4 juillet 2025 par Donald Trump. Portée par le syndicat des professions de santé SEIU-UHW (Service Employees International Union-United Healthcare Workers West), qui a collecté les 875 000 signatures nécessaires pour qu’elle soit soumise à référendum, la proposition 40 s’inspire directement des travaux de deux professeurs franco-américains de la prestigieuse université de Californie à Berkeley, proche de San Francisco : les économistes Gabriel Zucman, 39 ans, et Emmanuel Saez, 53 ans, son mentor et ami. Lire la suite.