Par Marion Douet (Chingola, Zambie, envoyée spéciale) Publié aujourd’hui à 06h15
Sur l’une de ses vidéos tournées à la lumière d’un téléphone, on distingue des hommes creusant un amas de roche friable à la pelle. Soigneusement, ils isolent une masse informe. Cette nuit-là, Benard Banda et ses voisins ne sont pas à la recherche de cailloux tachés d’un vert profond, promesse d’une forte teneur en cuivre. « Creuser, trouver un corps, creuser, trouver un autre corps : c’était comme ça pendant six heures », raconte cet habitant de Chingola, dans le nord de la Zambie, dans un modeste restaurant de rue coincé entre les maisonnettes ombragées de bougainvilliers et un gigantesque terril. Juste derrière s’étendent les exploitations minières dites « de Senseli ».
Le 30 octobre 2024 au soir, le jeune homme, l’un des rares à posséder un véhicule dans la communauté, a été prévenu qu’une dizaine de mineurs y avaient été « enterrés vivants » dans une avalanche de roches, alors qu’ils collectaient illégalement des pierres. « Il était impossible que ces gens aient pu survivre à l’accident, c’était profond », poursuit Benard Banda, qui gagne sa vie comme acheteur de minerais. lire la suite.