Des raffineries branchées sur les paradis fiscaux

Samedi 7 novembre 2026

Avec l’explosion des marges suite aux tensions sur le marché mondial des hydrocarbures, les raffineries françaises sont devenues extrêmement profitables. En France, le débat sur les « superprofits » pétroliers et leur taxation s’est surtout concentré sur TotalEnergies, qui a déjà accumulé près de 20 milliards de dollars de bénéfice sur les neuf premiers mois de l’année. Mais la moitié du raffinage français est désormais contrôlée par des entreprises étrangères, largement implantées dans des paradis fiscaux. Dans ces conditions, l’argent va-t-il « ruisseler » dans les caisses de l’État français ?

Publié le 6 novembre 2026 , par Olivier Petitjean

Depuis l’attaque américaine et israélienne sur l’Iran, le cours du brut augmente et les marges du raffinage explosent. Le PDG de TotalEnergies Patrick Pouyanné a confirmé que les raffineries de son groupe en France seraient extrêmement profitables en 2026 et qu’il prévoyait de verser à ce titre environ 600 millions d’euros d’impôt sur les sociétés. Le taux « normal » de cet impôt étant de 25%, cela suggère des bénéfices attendus se chiffrant en milliards. Il faut cependant aussi tenir compte d’éventuels impôts différés ou crédits d’impôts accumulés les années précédentes, marquées selon TotalEnergies par des pertes récurrentes. Ces mécanismes ont déjà permis au champion français, par le passé, de réduire considérablement sa facture fiscale dans le pays. Sans parler des nombreuses questions qui continuent à se poser sur ses choix de localisations de ses profits et le rôle des filiales de « trading » basées, notamment, en Suisse (lire notre article).

En plus des interrogations fiscales, ces montages posent question quant à la capacité des pouvoirs publics à réguler effectivement ces actifs stratégiques.

Mais qu’en est-il des autres raffineries de l’Hexagone, qui représentent environ la moitié de la capacité de raffinage domestique ? Lire la suite.

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