Pour ses 50 ans, la revue historique de la géopolitique « Hérodote » célèbre son fondateur

Vendredi 15 mai 2026

Un demi-siècle ans après sa création par le géographe Yves Lacoste, la revue « Hérodote » revient sur une aventure collective qui a permis d’installer la géopolitique dans le paysage intellectuel français.

Par Nicolas Truong Publié aujourd’hui à 17h00

Temps de Lecture 1 min.

La revue des revues. Fondée en 1976 par le géographe Yves Lacoste, dans le sillage des luttes tiers-mondistes et de la création du centre universitaire expérimental de Vincennes (1969), où il fut un professeur reconnu, la revue Hérodote a réintroduit la géopolitique en France, après une période de discrédit en raison de son usage par l’Allemagne nazie. Géomorphologue de la plaine du Rharb au Maroc – où il naquit en 1929 –, Yves Lacoste mit au jour, dès 1972, la stratégie des bombardements américains dans le delta du fleuve Rouge au Nord-Vietnam, destinés à faire céder les digues qui protégeaient les villages en cas de mousson : « Si les digues se rompent cet été au Nord, la responsabilité de ce génocide doit peser sur le président Nixon, de la même façon que s’il avait ordonné un bombardement atomique », prévenait-il dans Le Monde. Loin de la représentation d’une discipline géographique « bonasse et ennuyeuse », selon les mots employés à l’époque, surannée et auxiliaire de la science historique, Yves Lacoste affirmera, en 1976, dans une formule restée célèbre, que « la géographie, ça sert d’abord à faire la guerre ».

Le choix du nom de la revue témoigne de cette inflexion. Pour Yves Lacoste, Hérodote (484-425 av. J.-C.), le célèbre voyageur et savant de la Grèce antique, n’est pas « le père de l’histoire », mais d’abord celui de la géographie. Il serait même « un agent de liaison au service du pouvoir athénien », résume Béatrice Giblin, directrice de la revue, qui rend hommage à son fondateur, cinquante ans après sa création.

L’idée de nation

Chercheurs et cartographes témoignent de l’importance d’une géopolitique entendue comme « étude des rivalités de pouvoirs sur un territoire » qui a conduit Yves Lacoste à réhabiliter, dans les années 1990, l’idée de nation, alors critiquée pour sa caducité et sa dangerosité. Lire la suite.

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