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		<title>Paradis Fiscaux et Judiciaires</title>
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		<title>LA DOMINATION DES BANQUIERS AU C&#338;UR DES ETATS</title>
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&lt;p&gt;Novembre 2009 &#233;ditorial par Thierry Brugvin. LA DOMINATION DES BANQUIERS AU C&#338;UR DES ETATS La crise &#233;conomique qui s'est d&#233;clench&#233;e en 2008 &#233;tait pr&#233;vue depuis longtemps par de nombreux &#233;conomistes, notamment &#224; cause de la bulle financi&#232;re li&#233;e &#224; la sp&#233;culation. Mais concernant les d&#233;rives de l'&#233;conomie capitaliste, la responsabilit&#233; des banques, de la dette et des paradis fiscaux est &#224; la fois plus profonde et plus ancienne qu'on ne l'&#233;voque g&#233;n&#233;ralement. Au c&#339;ur de l'Etat et de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Novembre 2009 &#233;ditorial par &lt;a href=&#034;http://thierrybrugvin.site.voila.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Thierry Brugvin&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA DOMINATION DES BANQUIERS AU C&#338;UR DES ETATS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise &#233;conomique qui s'est d&#233;clench&#233;e en 2008 &#233;tait pr&#233;vue depuis longtemps par de nombreux &#233;conomistes, notamment &#224; cause de la bulle financi&#232;re li&#233;e &#224; la sp&#233;culation. Mais concernant les d&#233;rives de l'&#233;conomie capitaliste, la responsabilit&#233; des banques, de la dette et des paradis fiscaux est &#224; la fois plus profonde et plus ancienne qu'on ne l'&#233;voque g&#233;n&#233;ralement. Au c&#339;ur de l'Etat et de la gouvernance &#233;conomique et politique, domine le pouvoir financier de mani&#232;re l&#233;gale, mais aussi parfois sous des formes ill&#233;gales et souvent peu d&#233;mocratique. Dans le cadre de cet article nous allons exposer diff&#233;rents m&#233;canismes centraux du pouvoir des banquiers sur le monde. Les banques et les paradis fiscaux, sont des acc&#233;l&#233;rateurs de la gouvernance n&#233;olib&#233;rale. Cette d&#233;r&#233;gulation vient alors renforcer les d&#233;lits politico-financiers, du fait de la carence et de la dissolution des r&#232;gles de contr&#244;le. La dette, en particulier celles des PED, est un instrument de domination des pays riches sur les PED. Tandis que la privatisation du pouvoir de cr&#233;ation mon&#233;taire par les banques priv&#233;es, conduit &#224; un vol l'&#233;gal d'un bien public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1-&lt;strong&gt;LES BANQUES DES PARADIS FISCAUX, ACCELERATEURS DE LA GOUVERNANCE NEOLIBERALE ET DES DELITS POLITICO-FINANCIERS&lt;/strong&gt;
Les banques et les propri&#233;taires des grandes banques (Rockefeller, Rothschild, Morgan, City Group, Goldman Sachs&#8230;) repr&#233;sentent un des pivots du pouvoir mondial. D'une part parce que ces propri&#233;taires disposent de sommes &#233;normes. Le magazine Forbes d&#233;comptait 1125 milliardaires en 2008 (Kroll, 2008). Au classement Forbes de 2005, Bill Gates &#233;tait l'homme le plus riche du monde avec 46,5 M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;ds&lt;/sup&gt; $ et Warren Buffet 44 M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;ds&lt;/sup&gt; $. La fortune des plus grandes banques d&#233;passent largement celles des plus riches individus, puisque la fortune de City Group &#233;tait de 10 fois sup&#233;rieure &#224; celle de Bill Gates et celle de la Bank of America l'&#233;tait de 16 fois. On trouvait au classement Forbes 2005, cinq banques, dont Citigroup (484,10 M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;ds&lt;/sup&gt; $ d'actifs), Bank of America (776,42 M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;ds&lt;/sup&gt; $ d'actifs), puis HSBC, ING Group et UBS. Ceci leur permet d'acheter potentiellement absolument, tout ce qui peut servir leur objectif de puissance : entreprises, m&#233;dias, biens divers et ce jusqu'&#224; corrompre si besoin est les dirigeants politiques, qui sont susceptibles de se laissent soudoyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les flux financiers ill&#233;gaux et massifs dans les paradis fiscaux
Les paradis fiscaux et les chambres de compensation (Clearstream) sont un instrument majeur de la corruption politique et de la spoliation &#233;conomique des citoyens. Les estimations concernant l'importance des capitaux licites ou illicites drain&#233;s par les paradis fiscaux sont assez difficiles &#224; &#233;tablir. On estimait, en 2000, que les capitaux, d&#233;tenus hors fronti&#232;res, s'&#233;levaient &#224; plus de 5000 milliards de dollars, soit 54% des capitaux mondiaux (EAEF, 2001). De son c&#244;t&#233;, le FMI estimait, en 2003, que 50% des flux de capitaux passent dans les places off-shore, que circule dans le monde entre 600 et 1500 milliards/an d'argents sales, que le blanchiment repr&#233;sente 5% du PIB mondial. Selon l'office des Nations Unies pour le contr&#244;le des drogues et la pr&#233;vention du crime, en 1999 ; 50% des 4800 M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;ds&lt;/sup&gt; de francs annuels d&#233;gag&#233;s par l'ensemble des activit&#233;s criminelles du monde (trafics de drogue, prostitution, fausse monnaie&#8230;) seraient blanchis dans les paradis fiscaux (ODCCP, 2000).
Pour la France, le conseil scientifique d'Attac France mentionnait qu'en 1999, 350 milliards de dollars &#233;taient blanchis pour &#234;tre r&#233;investis dans l'&#233;conomie l&#233;gale. Il &#233;valuait ainsi un manque &#224; gagner pour les caisses des Etats de plus de 300 milliards d'euros auxquels s'ajoutent la fraude et l'&#233;vasion fiscale. Ces derni&#232;res repr&#233;sentaient, en 2003, environ 50 milliards d'euros pour la France, c'est-&#224;-dire 17% du budget de l'Etat soit l'&#233;quivalent du d&#233;ficit budg&#233;taire (Attac, 2004). Pour les PED, l'&#233;vasion fiscale conduit &#224; un manque &#224; gagner dans les recettes fiscales de 50 milliards de dollars. L'&#233;quivalent de l'APD annuelle de l'ensemble des pays de l'OCDE. La quasi-totalit&#233; des grandes banques et entreprises europ&#233;ennes ou am&#233;ricaines a ouvert des succursales dans des paradis fiscaux. C'est par exemple le cas de la BNP Pari&#173;bas, pr&#233;sente aux Bahamas et aux &#238;les Ca&#239;man, idem pour le Cr&#233;dit Agricole,la CIC, le Cr&#233;dit Lyonnais, Natexis Ban&#173;que Populaire, la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale, etc. Total r&#233;alise la plus grande partie de ses b&#233;n&#233;fices dans des filiales enregistr&#233;es aux &#238;les Bermudes et autres terri&#173;toires off shore, etc. (Foutoyet, 2005).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement aux id&#233;es re&#231;ues, les paradis fiscaux ne sont donc pas un &#171; sous&#173; syst&#232;me &#187; &#224; la marge de la machine &#233;conomique : ils en sont l'un des roua&#173;ges. En effet, on estime que plus de la moiti&#233; des transactions financi&#232;res internationales transite par les para&#173;dis fiscaux. Les paradis fiscaux facilitent donc :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; l'&#233;vasion fiscale, la limitation du syst&#232;me fiscal,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; le blanchiment de l'argent sale,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; les op&#233;rations occultes,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; le secret bancaire,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; l'immunit&#233; judiciaire, l'absence de coop&#233;ration judiciaire internationale sous la responsabilit&#233; et l'accord du G8,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; C'est un acc&#233;l&#233;rateur de la criminalit&#233; gr&#226;ce au blanchiment de l'argent li&#233; au trafic de drogue, &#224; la prostitution,&#224; la fabrication de fausse monnaie, au racket&#8230;).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Les soci&#233;t&#233;s-&#233;crans sont des instruments utilis&#233;s contre la transparence d&#233;mocratique. Une soci&#233;t&#233;-&#233;cran est une pseudo-entreprise qui cache son v&#233;ritable propri&#233;taire par l'utilisation de pr&#234;te-noms. Elle est tr&#232;s uti&#173;lis&#233;e la fraude fiscale. Selon l'office des Nations Unies pour le contr&#244;le des drogues et la pr&#233;vention du crime, les paradis fiscaux abri&#173;teraient quelque 3 millions de soci&#233;t&#233;s-&#233;crans. (ODCCP, 2000).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;tournements et le blanchiment par les banques gr&#226;ce aux paradis fiscaux
En 1991, le scandale international de la BCCI (Bank of Cr&#233;dit and Commerce International), conduit &#224; sa fermeture par la justice, a montr&#233; la liaison pouvant exister entre le trafic de drogue, le terrorisme, la haute finance et les services sp&#233;ciaux. Enregistr&#233;e au Luxembourg, la BCCI recueillait p&#234;le-m&#234;le les comptes d'Abou Nidal, de Saddam Hussein, du g&#233;n&#233;ral Noriega, des services de la CIA et des soci&#233;t&#233;s li&#233;es au trafic international de la drogue, du marchand Kashoggi, entre mille autres places de m&#234;me nature. Des connexions apparaissent entre Ben Laden (h&#233;ritier multimillionnaire d'une grande famille saoudienne) et la BCCI. Ces pratiques litigieuses ont creus&#233; un passif de 13 milliards de dollars (Verschave, 2003). Les banques sont au c&#339;ur du pouvoir financier, ce sont les lieux de d&#233;p&#244;t de l'argent et le lieu de transit des flux financiers qui sont l'&#233;nergie, le sang du syst&#232;me. Le blanchiment d'argent sale passait autrefois, par les banques des pays d&#233;velopp&#233;s notamment, &#224; pr&#233;sent cet argent transite plut&#244;t pr&#233;alablement par les banques des paradis fiscaux (Andorre, Ca&#239;mans, Luxembourg, Jersey&#8230;) ou encore au sein de Clearstream (la banque des banques) comme le soutien Denis Robert (2001). De plus, quasiment toutes les grandes banques disposent de comptes dans les paradis fiscaux (Foutoyet, 2005). Ainsi, certaines, telle la FIBA d'Elf ont blanchi de l'argent, ou particip&#233; &#224; l'&#233;vasion fiscale (Verschave, 2001 : 73). Mais, au c&#339;ur m&#234;me de Londres, la City qui accueille les plus grandes banques britanniques a des pratiques analogues, aux banques des paradis fiscaux.
Les banques suisses, luxembourgeoises, notamment, avec les paradis fiscaux, renforcent les d&#233;rives du capitalisme ill&#233;gal et la corruption, en blanchissant de l'argent sale, notamment gr&#226;ce &#224; la culture du secret, au refus de faire la transparence sur l'ensemble des comptes pr&#233;sents et des virements qui s'y d&#233;roulent. Denis Robert (2001), a mis &#224; jour une des techniques de blanchiment, dans son ouvrage R&#233;v&#233;lation, en analysant le fonctionnement des banques Clearstream et Euroclear. Or, concernant, les m&#233;dias se limitent &#224; &#233;voquer &#171; l'affaire Clearstream &#187;, c'est-&#224;-dire l'intrigue Villepin-Sarkozy, en n'&#233;voquant quasiment jamais, le v&#233;ritable dossier Clearstream. Cette derni&#232;re gr&#226;ce &#224; un &#171; m&#233;canisme de compensation &#187;, fait ainsi dispara&#238;tre certaines transactions douteuses. Denis Robert, estime que les chambres de compensation, parce qu'elles sont au c&#339;ur de la finance mondiale, blanchissent des sommes largement plus importantes que ne le font les paradis fiscaux. Par cons&#233;quent, elles sont encore plus puissantes et dangereuses pour le maintien de l'Etat de droit dans l'&#233;conomie mondiale. Par exemple, Denis, Robert, affirme que la BGPI, filiale du Cr&#233;dit Agricole Indosuez, poss&#232;de elle aussi un compte S0418, chez Clearstream (Robert, 2007).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le des banques et des interm&#233;diaires mafieux dans le Kremlingate
L'Angola - &#224; travers les contrats de l'entreprise publique Simportex (anciennement Ematec), qui impliquent le sommet de ses structures gouvernementales, financi&#232;res et militaires - a pay&#233; &#224; l'entrepreneur franco-russe Arkadi Gaydamak 135 millions de dollars en plus de ce qu'il devait recevoir pour une livraison de mat&#233;riel militaire, fin 1996. L'affaire a &#233;t&#233; boucl&#233;e par un ensemble d'institutions bancaires presque toutes europ&#233;ennes (France, Suisse, Allemagne, Autriche&#8230;) sous le leadership de la banque Paribas - une des banques que Luanda a utilis&#233;es de fa&#231;on de plus en plus fr&#233;quente pour ses transactions et emprunts ces derni&#232;res ann&#233;es. La Banque of New York sert aussi beaucoup pour ces transactions (Verschave, 2001 : 129-132). Deux dirigeants de la Banque Paribas ont &#233;t&#233; inculp&#233;s en France, pour ces transactions ill&#233;gales durant le proc&#232;s de l'Angolagate en 2008. Le paiement des 135 millions de dollars &#224; Gaidamak ait &#233;t&#233; effectu&#233; &#224; travers un compte ouvert par la Sonangol &#224; la Bank of New York - institution suspect&#233;e de relation avec le blanchiment d'argent qui attire l'attention de l'enqu&#234;te internationale sur le scandale du &#8220;Kremlingate&#8221; &#187; (Mendes, 2000).
Il s'av&#232;re que tous les comptes concern&#233;s par le scandale du Kremlingate, ont &#233;t&#233; ouverts dans cinq banques new-yorkaises. Les enqu&#234;teurs pensent que la Menatep fut le &#8220;point d'origine principal de l'argent blanchi &#187; (Rousselot, 31/08/1999). &#171; Menatep aurait continu&#233; &#224; fonctionner en sous-main en 1998 et transf&#233;r&#233; des fonds suspects [&#8230;] vers des compagnies offshore bas&#233;es sur des territoires aussi lointains que les &#238;les Vierges &#187; (Rousselot, 31/08/1999). Alors que Menatep est officiellement en faillite depuis 1998, Ernest Backes a trouv&#233; dans le r&#233;pertoire 2000 de la soci&#233;t&#233; internationale de compensation Clearstream un compte non publi&#233; n&#176; 81738 au nom de Menatep, client &#171; non r&#233;f&#233;renc&#233; &#187;. Sa partenaire en blanchiment (15 milliards de dollars dans la seule ann&#233;e 1998), la Bank of New York, poss&#232;de de nombreux comptes non publi&#233;s dans la n&#233;buleuse soci&#233;t&#233; de compensation financi&#232;re Clearstream (Robert, 2001 : 216).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La banque Russe Menatep, la Bank of New York et la soci&#233;t&#233; Glencore (Kremlingate)
En ao&#251;t 1999 &#233;clate le &#8220;Kremlingate&#8221;. Il s'av&#232;re que tous les comptes concern&#233;s par ce scandale ont &#233;t&#233; ouverts dans cinq banques new-yorkaises. Les enqu&#234;teurs pensent que la Menatep fut le &#8220;point d'origine principal de l'argent blanchi&#8221; (Rousselot, 31/08/1999) &#187;. &#171; Arcadi Gaydamac a des liens &#233;troits avec cette banque &#187; Menatep (Smith, 13/01/2001) &#187;. Apr&#232;s la chute du mur de Berlin, la soci&#233;t&#233; Glencore a gagn&#233; des milliards de francs suisses sur le p&#233;trole de l'ex-URSS, en association avec Menatep, la banque russe au c&#339;ur du &#8220;Kremlingate&#8221; &#171; Plusieurs grands groupes angolais ont leurs comptes &#224; la Bank of New York qui est accus&#233;e par le FBI d'avoir &#8220;recycl&#233;&#8221; 10 milliards $ d'argent russe. [&#8230;] Des soci&#233;t&#233;s li&#233;es &#224; Menatep ont aussi op&#233;r&#233; dans les circuits de financement du p&#233;trole angolais (LDC, 30/09/1999).
En Russie, la mafia captait l'essentiel des pr&#234;ts du FMI, elle a &#8220;recycl&#233;&#8221; 10 milliards de dollars d'aide internationale, elle s'est m&#234;me permise, avec cet argent, de circonvenir l'une des plus vieilles banques am&#233;ricaines, la Bank of New York (Verschave, 2001 : 140). Le FMI est g&#233;n&#233;ralement conscient des d&#233;tournements de l'aide public au d&#233;veloppement et il laisse faire, explique Stiglitz, qui a travaill&#233; &#224; la Banque Mondiale (Stiglitz, 2002).
Selon le quotidien am&#233;ricain USA Today du 26 ao&#251;t 1999, citant des responsables am&#233;ricains, britanniques et russes, le Kremlingate repr&#233;sente un total de 15 milliards de dollars qui auraient &#233;t&#233; d&#233;tourn&#233;s lors d'op&#233;rations complexes impliquant des proches de Boris Eltsine et une s&#233;rie de membres de ses gouvernements successifs (une douzaine).
Depuis lors ont &#233;t&#233; publi&#233;s, par Le Parisien du 23 mars 2001, des documents de la DGSE - une autre b&#234;te noire de Gaydamak - d&#233;crivant une cha&#238;ne d'&#171; op&#233;rations de blanchiment &#187;. Le p&#233;trole angolais est fourni en compensation des achats d'armes russe, par l'entremise de Paribas et serait &#171; revendu sous l'&#233;tiquette brut russe par Brenco &#187;, avec l'assistance de Glencore (Verschave, 2001 : 142). Glencore a gagn&#233; des milliards sur le p&#233;trole russe, de concert avec les h&#233;ritiers de la nomenklatura sovi&#233;tique. L'immense bradage des hydrocarbures est l'une des causes de la faillite de la Russie. Le m&#234;me groupe d'h&#233;ritiers sans scrupules a aussi dilapid&#233; l'arsenal de l'Arm&#233;e rouge, les &#233;normes stocks d'aluminium, d'engrais , etc. avec des profits astronomiques, mais aussi les cr&#233;ances du pays et les milliards de dollars du FMI (Gattegno, 2000).
Une part de ces flux ( p&#233;trole, armes, dettes) a pu &#234;tre brass&#233;e entre la Bank of New York et les recettes du p&#233;trole angolais, gr&#226;ce &#224; la gestion parfaitement occulte du r&#233;gime de Luanda. Pierre Falcone est constamment en affaires avec Glencore et Paribas - entre lesquels Jean-Didier Maille a fait la navette. Arkadi Gaidamak et son associ&#233; fran&#231;ais Pierre Falcone ont assur&#233;, depuis 1993, la fourniture d'armements (ou &#8220;mat&#233;riel l&#233;tal&#8221;) aux Forces arm&#233;es angolaises. Ainsi, 84 % des cr&#233;ances russes ont disparu ! L'Angola a commenc&#233; &#224; payer le solde, par tranches de 40 millions de dollars : d&#233;j&#224; 1 milliard de dollars (7 milliards FF). Or cet argent s'est lui aussi volatilis&#233; ! (Mendes,2000).
La soci&#233;t&#233; suisse Glencore et la banque fran&#231;aise Paribas (chef de file d'un pool d'une dizaine de banques dont la BNP, Worms, la Banque populaire&#8230; ) (LDC, 14/12/2000) sont quant &#224; eux, au c&#339;ur du syst&#232;me de pr&#234;ts gag&#233;s sur le p&#233;trole futur de l'Angola &#224; des taux extr&#234;mement &#233;lev&#233;s. Au printemps 2000, Glencore a encore lev&#233; 3 milliards de dollars de pr&#234;ts gag&#233;s &#224; l'Angola, avec des banques comme Paribas, la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale, la Dresdner Bank Luxembourg, etc. (Verschave, 2001 : 140-142).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La responsabilit&#233; du FMI et de la Banque Mondiale dans les d&#233;tournements de fonds
Dans son livre &#171; La grande d&#233;sillusion &#187;, Joseph Stiglitz (2002) d&#233;nonce la responsabilit&#233; du FMI et du Tr&#233;sor am&#233;ricain qui ont soutenu, conseill&#233; et orient&#233; les bureaucrates russes convertis au capitalisme, notamment le pr&#233;sident Boris Eltsine. &#171; Quand la crise frappa, le FMI prit la direction des op&#233;rations et il demanda &#224; la Banque mondiale de contribuer au sauvetage &#187; pour 22,6 milliards de dollars. La Banque mondiale subissait une pression politique &#233;norme de l'administration Clinton qui voulait absolument qu'elle pr&#234;te &#224; la Russie.
Si l'on s'en tient aux chiffres de Rosa Mend&#232;s, 84 % du remboursement de la dette de l'Angola envers la Russie se sont &#233;vapor&#233;s ! Ainsi le milliard de dollars d&#233;j&#224; rembours&#233; ne se retrouve pas, pour la plus grande part, dans les caisses de l'Etat Russe. (Verschave, 2001 : 170- 171). Cette est donc venu enrichir les poches des vendeurs d'armes, des interm&#233;diaires et des politiques en Angola, en France (Pasqua) et sans doute en Russie. Or, Joseph Stiglitz ajoute que la direction de la Banque mondiale lui a interdit de rencontrer l'inspecteur g&#233;n&#233;ral de la Douma en visite &#224; Washington qui d&#233;non&#231;ait d&#233;j&#224; &#224; l'&#233;poque l'ampleur de la corruption. &#8220;A la Banque mondiale, on m'avait donn&#233; l'instruction de ne pas le rencontrer : on avait peur que nous soyons convaincus par ses propos.&#8221; (Stiglitz, 2002).
Stiglitz, prix nobel d'&#233;conomie en 2001 et ex-pr&#233;sident &#233;conomique de la Banque Mondiale, affirme qu'au FMI, lors de la signature d'un pr&#234;t, officiellement, la &#034;c&#233;r&#233;monie &#034; &#233;tait la signature d'une lettre d'accord -, or, ses termes sont dict&#233;s par le FMI mais, par artifice, on fait comme si la &#034; lettre d'intention &#034; venait du gouvernement concern&#233; ! &#034; (Stiglitz, 2002, 71). Il explique que la premi&#232;re &#233;tape du plan de pr&#234;t au PED, rel&#232;ve de la &#171; subordination &#187; selon ses propres mots. Cela consiste &#224; faire pression sur les gouvernements des PED afin qu'ils privatisent leurs entreprises publiques en les vendant &#224; des prix ridiculement bas. En &#233;change, ils ont la possibilit&#233; de recevoir une commission de 10% sur un compte en suisse, vers&#233; par l'entreprise du Nord qui rach&#232;tera celle du Sud. Stiglitz reprend &#224; nouveau pour exemple de ce m&#233;canisme de subordination ill&#233;gal, la liquidation du patrimoine de l'Etat russe en 1995 (Stiglitz, 2003). Ainsi, on observe une collusion entre la Banque Mondiale, ses Etats membres les plus influents, les dirigeants des PED, les banques et les entreprises priv&#233;es du Nord, au d&#233;triment des peuples des PED. Si la Banque Mondiale et le FMI, n'accomplissent pas d'action ill&#233;gale, ils en sont complices car ils connaissent le m&#233;canisme de corruption et poussent dans cette direction, en for&#231;ant la main aux gouvernements du Sud.
Selon Laura Ramos, &#171; on estime que la corruption augmente en moyenne, de 20 &#224; 30 % le co&#251;t des marchandises acquises &#187;, or &#171; on estime qu'une commission l&#233;gitime ne surpasse pas la valeur de 2 &#224; 3 % du co&#251;t total du projet &#187;. (Ramos, 2008, 92 et 94) Tandis que les communaut&#233;s internationales exigent des PED l'&#233;radication de la pauvret&#233; comme condition de nouveaux pr&#234;ts, les banques du Nord et les organisations internationales dirig&#233;es par les pays du G8, tels le FMI et la Banque Mondiale sont au c&#339;ur de ces pratiques ill&#233;gales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La responsabilit&#233; des banques (priv&#233;es, FMI et BM) et des entreprises dans les dettes de corruption
&#171; Ces dettes &#233;galement qualifi&#233;es d'ill&#233;gitimes s'accumulent en cons&#233;quence d'actes de corruption, parce que les fonds emprunt&#233;s par les Etats sont directement d&#233;vi&#233;s vers les comptes personnels de gouvernement &#187; (Ramos, 2008, 87),ou en &#233;change de services divers rendus par exemple &#224; des interm&#233;diaires au service d'une entreprise transnationale et qui viennent augmenter la dette ext&#233;rieure des pays endett&#233;s. &#171; Souvent les banques qui re&#231;oivent les pr&#234;ts ill&#233;gaux sont complices de ces man&#339;uvres parce qu' en g&#233;n&#233;ral ce sont elles qui financent la corruption &#187; (&#8230;) et &#171; qui octroient le pr&#234;t &#224; l'origine de l'acte de corruption et qui gonflent la dette ext&#233;rieure que paieront le peuple du Sud concern&#233; &#187; (Ramos, 2008, 89).
Fin 2002, une enqu&#234;te du d&#233;partement du tr&#233;sor des Etats-Unis, sur le dictateur chilien, Augusto Pinochet, r&#233;v&#233;la qu'au moins pendant huit ann&#233;es, la Banque Riggs, aux &#201;tats-Unis avait cach&#233; l'existence de comptes bancaires &#224; son nom avec des d&#233;p&#244;ts de 4 &#224; 8 millions de $. Et aussi qu'elle avait particip&#233; &#224; la cr&#233;ation de deux entreprises fant&#244;mes, appartenant au dictateur, dans le paradis fiscal des Bahamas, pour cacher des comptes ouverts dans des banques de Washington notamment. Cet argent a sans doute &#233;t&#233; d&#233;tourn&#233; par Pinochet et a accru la dette ext&#233;rieure du pays qui a quintupl&#233; durant sa p&#233;riode au pouvoir (Ramos, 2008, 90-91).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dettes d'&#233;lites : le co&#251;t de la mauvaise gestion et des int&#233;r&#234;ts de classe
&#171; Dette ill&#233;gitime qui s'accumule suite aux emprunts de l'Etat pour le b&#233;n&#233;fice d'une minorit&#233; de la population et de groupes &#233;conomiques locaux ou &#233;trangers &#187; telle l'entreprise Texaco en Equateur (Ramos, 2008, 101). La socialisation des dettes priv&#233;es participe de cette dette des &#233;lites. Ferdinant Marcos a vendu des entreprises d'Etat aux Philippines &#224; ses amis, puis ses entreprises revinrent ensuite dans le giron de l'Etat avec une dette tr&#232;s importante. Marcos, se retira ensuite en Autriche et laissa les banques publiques du pays rembourser cette dette (Adams, 1993, in Ramos, 2008, 107)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appui des banques &#224; la r&#233;pression des populations et le soutien aux dictateurs
Bien que d&#232;s 1973, les Nations Unis aient qualifi&#233; l'apartheid, de crime contre l'humanit&#233;, la communaut&#233; financi&#232;re a continu&#233; &#224; conc&#233;der des pr&#234;ts au gouvernement sud-africain. C'est majoritairement les fonds publics, mais par l'aide bilat&#233;rale qui ont financ&#233; l'Afrique du Sud, en 1993, l'Afrique du Sud devait 90% de ses aides ext&#233;rieures &#224; long terme &#224; quatre pays : Etats-Unis, la France, l'Allemagne et la Suisse. &#171; Durant toute la p&#233;riode d'apartheid, au moins 30 grandes banques et 230 de moindre envergure furent engag&#233;es pour financement du r&#233;gime &#187; (Ramos, 2008, 82-83). Cette aide financi&#232;re &#233;tait r&#233;alis&#233;e en parall&#232;le au soutien des Etats-Unis, via la France, &#224; la cr&#233;ation de la bombe nucl&#233;aire sud-africaine.
L'appui des banques fit l'objet de plaintes, notamment &#224; New York, par les victimes de ce r&#233;gime d'apartheid, en 2002, par l'apartheid Kumlumani Support Group. La plainte portait contre 21 banques et entreprises &#233;trang&#232;res. Parmi ces banques on compte Barclay National Bank, Cr&#233;dit Suisse, Deutsche Bank AG, Ford, J.P Morgan Chase (Bank) et parmi les entreprises BP, Chevron Texaco, Shell, et Total Fina-Elf pour la France. Une autre plainte avait &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;e pour le m&#234;me motif, d&#232;s 1992, par d'autres victimes (Ramos, 2008, 84).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soutien des banques, des marchands d'armes &#224; la guerre et la dette de guerre &#171; Les dettes de guerre consid&#233;r&#233;es comme ill&#233;gitimes d&#233;rivent de pr&#234;ts qui ont financ&#233; des plans belliqueux &#224; des fins imp&#233;rialistes (&#233;tendre la domination d'un pays sur un autre par la force) &#187; &#224; des fins d'annexion ou de conqu&#234;te d'un pays, par le moyens d'op&#233;ration de guerre (Ramos, 2008, 86).
L'invasion du Timor oriental par le dictateur indon&#233;sien Suharto (1965-1998) fit 60 000 morts en 1976, puis 200 000 morts en 1979,pr&#232;s du tiers de la population du Timor Oriental (Le monde diplomatique, 2008). Cette invasion a &#233;t&#233; soutenue financi&#232;rement par les Etats-Unis et leurs alli&#233;s (Australie, Grande Bretagne&#8230;) et la Banque Mondiale. Les Etats -Unis quadrupl&#232;rent son aide &#233;conomique durant cette p&#233;riode (Toussaint, d&#233;c. 2004).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2-&lt;strong&gt;LE POUVOIR DES BANQUES DANS LA GOUVERNANCE ECONOMIQUE ET POLITIQUE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A-LE POUVOIR DE CREATION MONETAIRE PRIVE : UN VOL LEGAL D'UN BIEN PUBLIC
Actuellement, nous n'utilisons presque plus d'argent &#171; fiduciaire &#187;, c'est-&#224;-dire des billets et les pi&#232;ces frapp&#233;es par les Etats, mais de la monnaie scripturale mat&#233;rialis&#233;e par les ch&#232;ques et la mon&#233;tique cr&#233;&#233;e par les banques elles-m&#234;mes. Maurice Allais, prix Nobel d'&#201;conomie, explique que &#171; fondamentalement, le m&#233;canisme du cr&#233;dit aboutit &#224; une cr&#233;ation de moyens de paiements ex nihilo [(&#224; partir de rien] (&#8230;). &#192; chaque op&#233;ration de cr&#233;dit, il y a ainsi duplication mon&#233;taire. Au total, le m&#233;canisme de cr&#233;dit aboutit &#224; une cr&#233;ation de monnaie ex nihilo par de simples jeux d'&#233;critures &#187; Maurice (Allais, 1999 : 63). Ainsi, les banquiers s'enrichissent avec de l'argent qu'ils n'ont pas enti&#232;rement, mais l'emprunteur priv&#233; ou public (l'Etat), doit n&#233;anmoins rembourser. Pour &#234;tre plus pr&#233;cis, les banques priv&#233;es ne peuvent en fait cr&#233;er qu'environ 8 &#224; 9 fois plus d'argent qu'elles n'en disposent r&#233;ellement. Ainsi, si une banque priv&#233;e re&#231;oit 1 million d'euros de la banque centrale, elle d&#233;tient le droit de cr&#233;er 9 millions d'euros en les proposant en cr&#233;dit.
Maurice Allais d&#233;clare que &#171; dans son essence la cr&#233;ation de monnaie ex nihilo actuelle par le syst&#232;me bancaire est identique (&#8230;) &#224; la cr&#233;ation de monnaie par des faux monnayeurs. Concr&#232;tement, elle aboutit aux m&#234;mes r&#233;sultats. La seule diff&#233;rence est que ceux qui en profitent sont diff&#233;rents &#187; (Allais, 1999 :110). C'est pourquoi l'industriel Henri Ford d&#233;clara, &#171; si les gens de cette nation comprenaient notre syst&#232;me bancaire et mon&#233;taire, je crois qu'il y aurait une r&#233;volution avant demain matin &#187;.
Si le pr&#233;sident Pompidou n'avait pas supprim&#233; en 1973 le droit r&#233;galien de l'Etat fran&#231;ais d'&#233;mettre la monnaie, les contribuables fran&#231;ais n'auraient pas &#224; rembourser 40 &#224; 50 milliards d'euros d'imp&#244;ts chaque ann&#233;e et la dette publique fran&#231;aise serait totalement rembours&#233;e depuis 2006 ! estime Holbecq. Cette argent vient donc enrichir les banquiers et autres cr&#233;anciers priv&#233;s, alors que si le gouvernement fran&#231;ais &#233;tait en droit d'emprunter sans int&#233;r&#234;t via sa Banque centrale publique, la dette publique aurait disparu en 2008 (Holbecq, 2008) .
Magrit Kennedy a ainsi calcul&#233; que les prix pay&#233;s par les consommateurs sont constitu&#233;s entre 40-45 % du seul poids des int&#233;r&#234;ts. Par cons&#233;quent, le pouvoir des financiers priv&#233;s ne s'exerce pas seulement par la plus value sur les salaires, mais aussi tr&#232;s largement sur la consommation (Kennedy, 1996). C'est pourquoi, &#224; la suite de la d&#233;claration de Thomas Jefferson, M. Phillip A. Benson, Pr&#233;sident de l'association American Bankers' Association, d&#233;clarait le 8 juin 1939, qu' &#171; il n'existe pas de moyens plus efficaces pour prendre le contr&#244;le d'une nation que de diriger son syst&#232;me de cr&#233;dit (mon&#233;taire) &#187;. William Lyon Mackenzie King, ex-premier ministre du Canada rench&#233;rissait : &#171; jusqu'&#224; ce que le contr&#244;le de l'&#233;mission de devises et de cr&#233;dit soit restaur&#233; au gouvernement et reconnue comme sa responsabilit&#233; la plus flagrante et la plus sacr&#233;e, tout discours sur la souverainet&#233; du Parlement et la d&#233;mocratie est vain et futile&#8230;Une fois qu'une nation abandonne le contr&#244;le de ses cr&#233;dits, il n'importe plus qui fait ses lois&#8230;L'usure, une fois aux commandes, coule n'importe quelle nation &#187;.
Aux Etats-Unis, de mani&#232;re relativement analogue. De 1861 &#224; 1913, l'Etat am&#233;ricain disposait du contr&#244;le de l'&#233;mission et de la circulation d'une monnaie sans int&#233;r&#234;ts. Mais le pr&#233;sident du pays, Woodrow Wilson, signa l'acte de la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale du 23 d&#233;cembre 1913, le transformant en loi. Ainsi, la propri&#233;t&#233; et le pouvoir de d&#233;cision et la capacit&#233; de cr&#233;ation mon&#233;taire de la r&#233;serve f&#233;d&#233;rale (la banque centrale) passait du Congr&#232;s des Etats-Unis, compos&#233;s des &#233;lus du peuple, aux plus puissantes banques priv&#233;es am&#233;ricaines. Woodrow Wilson, pr&#233;sident des Etats-Unis de 1913 &#224; 1921, d&#233;clarait avant d'&#234;tre assassin&#233; : &#171; Je suis un homme des plus malheureux. J'ai inconsciemment ruin&#233; mon pays. Une grande nation industrielle est contr&#244;l&#233;e par son syst&#232;me de cr&#233;dit. Notre syst&#232;me de cr&#233;dit est concentr&#233; dans le priv&#233;. La croissance de notre nation, en cons&#233;quence, ainsi que toutes nos activit&#233;s, sont entre les mains de quelques hommes. Nous en sommes venus &#224; &#234;tre un des gouvernements les plus mal dirig&#233;s du monde civilis&#233; un des plus contr&#244;l&#233;s et domin&#233;s, non pas par la conviction et le vote de la majorit&#233; mais par l'opinion et la force d'un petit groupe d'hommes dominants &#187; c'est-&#224;-dire les banquiers priv&#233;s. Selon Eric Samuelson, depuis novembre 1997, la Banque new-yorkaise de la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale d&#233;tient la majorit&#233; des actions. Cette derni&#232;re est sous la propri&#233;t&#233; majoritaire de la Chase Manhattan Bank appartenant aux Rockefeller avec 32,35% des actions et de la Citibank &#224; 20,51%. Ces deux banques priv&#233;es contr&#244;lent donc &#224; elles seules la FED, qui est sens&#233;e &#234;tre un bien public aux Etats-Unis (Carmack, 2007).
Contre ce type de d&#233;rive, Maurice Allais estime que &#171; la cr&#233;ation mon&#233;taire doit relever de l'&#201;tat et de l'&#201;tat seul. Toute cr&#233;ation mon&#233;taire autre que la monnaie de base par la Banque centrale doit &#234;tre rendue impossible, de mani&#232;re que disparaissent les &#171; faux droits &#187; r&#233;sultant actuellement de la cr&#233;ation de monnaie bancaire (Allais, 1999 : 95). Selon A.-J. Holbecq : &#8220; Toute la monnaie n&#233;cessaire au d&#233;veloppement de l'&#233;conomie doit &#234;tre produite par la Banque centrale europ&#233;enne (BCE) (&#8230;) et tous les int&#233;r&#234;ts de toute la monnaie cr&#233;&#233;e dans le pass&#233; par les banques commerciales et par la BCE doit revenir aux &#201;tats de la zone euro et donc &#224; la population&#8230; C'est certainement plus de 350 milliards d'euros par an &#8221; &#224; l'&#233;chelon europ&#233;en (Holbecq, 2008).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B-LE POUVOIR HISTORIQUE DES BANQUES SUR L'ETAT FRANCAIS
Les banquiers financent le coup d'Etat de Napol&#233;on en &#233;change de la cr&#233;ation mon&#233;taire priv&#233;e
En Europe, on estime l'origine de la Banque moderne au 17&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle avec la cr&#233;ation des premi&#232;res banques centrales. Sans doute apr&#232;s avoir re&#231;u de l'argent des banquiers, Napol&#233;on Bonaparte (1769-1821) confessait que : &#171; Lorsqu'un gouvernement est d&#233;pendant des banquiers pour l'argent, ce sont ces derniers, et non les dirigeants du gouvernement qui contr&#244;lent la situation, puisque la main qui donne est au-dessus de la main qui re&#231;oit. [&#8230;] L'argent n'a pas de patrie ; les financiers n'ont pas de patriotisme et n'ont pas de d&#233;cence ; leur unique objectif est le gain &#187;. Celui-ci savait ce qu'il disait, car ce sont un ou des banquiers qui avaient financ&#233; le coup d'&#233;tat de Napol&#233;on contre l'acceptation des statuts d'une nouvelle banque qui progressivement se verraient octroyer le monopole de l'&#233;mission de la monnaie. Jean-Pierre Collot (1764-1853) est un financier et &#171; aurait pr&#234;t&#233; 800 000 francs-or pour financer le coup d'Etat de brumaire &#187;, et qui deviendra ensuite &#171; directeur de fabrication de la Monnaie de Paris sous la Restauration &#187; (Monnaie de Paris, 2004).
&#171; Fond&#233;e le 13 f&#233;vrier 1800, quelques semaines seulement apr&#232;s le coup d'Etat, la Banque de France, soci&#233;t&#233; priv&#233;e par actions dirig&#233;e par des r&#233;gents &#187;. Elle re&#231;oit alors le monopole de l'&#233;mission de la monnaie de papier en 1803 (Marseille). Les 200 membres de son Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale avaient ainsi le pouvoir de d&#233;signer 15 membres du Conseil de r&#233;gence de la Banque de France (Wolff, 1995).
Amchel Mayer Rothschild (1743-1812), dont la famille si&#233;geait parmi les r&#233;gents de la Banque de France et prosp&#233;rait d&#233;j&#224; depuis des dizaines d'ann&#233;es gr&#226;ce &#224; ses banques priv&#233;es affirmait ainsi : &#171; donnez-moi le contr&#244;le sur la monnaie d'une nation, et je n'aurai pas &#224; me soucier de ceux qui font ses lois &#187;. Thomas Jefferson, le 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; pr&#233;sident des Etats-Unis, d&#233;clara aussi &#224; ce propos : &#8220; Je crois sinc&#232;rement que des institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos privil&#232;ges que des arm&#233;es institutionnelles. D&#233;j&#224; ils ont &#233;lev&#233; au sommet une riche aristocratie qui a d&#233;fi&#233; le Gouvernement. Le pouvoir d'&#233;mission devrait &#234;tre pris aux banques et redonn&#233; au peuple &#224; qui il appartient&#8221; (Jefferson, 1802).
La crise &#233;conomique qui s'est d&#233;clench&#233;e en 2008 &#233;tait pr&#233;vue depuis longtemps par de nombreux &#233;conomistes, notamment &#224; cause de la bulle financi&#232;re li&#233;e &#224; la sp&#233;culation. Mais concernant les d&#233;rives de l'&#233;conomie capitaliste, la responsabilit&#233; des banques, de la dette et des paradis fiscaux est &#224; la fois plus profonde et plus ancienne qu'on ne l'&#233;voque g&#233;n&#233;ralement. Au c&#339;ur de l'Etat et de la gouvernance &#233;conomique et politique, domine le pouvoir financier de mani&#232;re l&#233;gale, mais aussi parfois sous des formes ill&#233;gales et souvent peu d&#233;mocratique. Dans le cadre de cet article nous allons exposer diff&#233;rents m&#233;canismes centraux du pouvoir des banquiers sur le monde. Les banques et les paradis fiscaux, sont des acc&#233;l&#233;rateurs de la gouvernance n&#233;olib&#233;rale. Cette d&#233;r&#233;gulation vient alors renforcer les d&#233;lits politico-financiers, du fait de la carence et de la dissolution des r&#232;gles de contr&#244;le. La dette, en particulier celles des PED, est un instrument de domination des pays riches sur les PED. Tandis que la privatisation du pouvoir de cr&#233;ation mon&#233;taire par les banques priv&#233;es, conduit &#224; un vol l'&#233;gal d'un bien public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1-LES BANQUES DES PARADIS FISCAUX, ACCELERATEURS DE LA GOUVERNANCE NEOLIBERALE ET DES DELITS POLITICO-FINANCIERS
Les banques et les propri&#233;taires des grandes banques (Rockefeller, Rothschild, Morgan, City Group, Goldman Sachs&#8230;) repr&#233;sentent un des pivots du pouvoir mondial. D'une part parce que ces propri&#233;taires disposent de sommes &#233;normes. Le magazine Forbes d&#233;comptait 1125 milliardaires en 2008 (Kroll, 2008). Au classement Forbes de 2005, Bill Gates &#233;tait l'homme le plus riche du monde avec 46,5 M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;ds&lt;/sup&gt; $ et Warren Buffet 44 M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;ds&lt;/sup&gt; $. La fortune des plus grandes banques d&#233;passent largement celles des plus riches individus, puisque la fortune de City Group &#233;tait de 10 fois sup&#233;rieure &#224; celle de Bill Gates et celle de la Bank of America l'&#233;tait de 16 fois. On trouvait au classement Forbes 2005, cinq banques, dont Citigroup (484,10 M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;ds&lt;/sup&gt; $ d'actifs), Bank of America (776,42 M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;ds&lt;/sup&gt; $ d'actifs), puis HSBC, ING Group et UBS. Ceci leur permet d'acheter potentiellement absolument, tout ce qui peut servir leur objectif de puissance : entreprises, m&#233;dias, biens divers et ce jusqu'&#224; corrompre si besoin est les dirigeants politiques, qui sont susceptibles de se laissent soudoyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les flux financiers ill&#233;gaux et massifs dans les paradis fiscaux
Les paradis fiscaux et les chambres de compensation (Clearstream) sont un instrument majeur de la corruption politique et de la spoliation &#233;conomique des citoyens. Les estimations concernant l'importance des capitaux licites ou illicites drain&#233;s par les paradis fiscaux sont assez difficiles &#224; &#233;tablir. On estimait, en 2000, que les capitaux, d&#233;tenus hors fronti&#232;res, s'&#233;levaient &#224; plus de 5000 milliards de dollars, soit 54% des capitaux mondiaux (EAEF, 2001). De son c&#244;t&#233;, le FMI estimait, en 2003, que 50% des flux de capitaux passent dans les places off-shore, que circule dans le monde entre 600 et 1500 milliards/an d'argents sales, que le blanchiment repr&#233;sente 5% du PIB mondial. Selon l'office des Nations Unies pour le contr&#244;le des drogues et la pr&#233;vention du crime, en 1999 ; 50% des 4800 M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;ds&lt;/sup&gt; de francs annuels d&#233;gag&#233;s par l'ensemble des activit&#233;s criminelles du monde (trafics de drogue, prostitution, fausse monnaie&#8230;) seraient blanchis dans les paradis fiscaux (ODCCP, 2000).
Pour la France, le conseil scientifique d'Attac France mentionnait qu'en 1999, 350 milliards de dollars &#233;taient blanchis pour &#234;tre r&#233;investis dans l'&#233;conomie l&#233;gale. Il &#233;valuait ainsi un manque &#224; gagner pour les caisses des Etats de plus de 300 milliards d'euros auxquels s'ajoutent la fraude et l'&#233;vasion fiscale. Ces derni&#232;res repr&#233;sentaient, en 2003, environ 50 milliards d'euros pour la France, c'est-&#224;-dire 17% du budget de l'Etat soit l'&#233;quivalent du d&#233;ficit budg&#233;taire (Attac, 2004). Pour les PED, l'&#233;vasion fiscale conduit &#224; un manque &#224; gagner dans les recettes fiscales de 50 milliards de dollars. L'&#233;quivalent de l'APD annuelle de l'ensemble des pays de l'OCDE. La quasi-totalit&#233; des grandes banques et entreprises europ&#233;ennes ou am&#233;ricaines a ouvert des succursales dans des paradis fiscaux. C'est par exemple le cas de la BNP Pari&#173;bas, pr&#233;sente aux Bahamas et aux &#238;les Ca&#239;man, idem pour le Cr&#233;dit Agricole,la CIC, le Cr&#233;dit Lyonnais, Natexis Ban&#173;que Populaire, la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale, etc. Total r&#233;alise la plus grande partie de ses b&#233;n&#233;fices dans des filiales enregistr&#233;es aux &#238;les Bermudes et autres terri&#173;toires off shore, etc. (Foutoyet, 2005).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement aux id&#233;es re&#231;ues, les paradis fiscaux ne sont donc pas un &#171; sous&#173; syst&#232;me &#187; &#224; la marge de la machine &#233;conomique : ils en sont l'un des roua&#173;ges. En effet, on estime que plus de la moiti&#233; des transactions financi&#232;res internationales transite par les para&#173;dis fiscaux. Les paradis fiscaux facilitent donc :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; l'&#233;vasion fiscale, la limitation du syst&#232;me fiscal,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; le blanchiment de l'argent sale,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; les op&#233;rations occultes,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; le secret bancaire,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; l'immunit&#233; judiciaire, l'absence de coop&#233;ration judiciaire internationale sous la responsabilit&#233; et l'accord du G8,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; C'est un acc&#233;l&#233;rateur de la criminalit&#233; gr&#226;ce au blanchiment de l'argent li&#233; au trafic de drogue, &#224; la prostitution,&#224; la fabrication de fausse monnaie, au racket&#8230;).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Les soci&#233;t&#233;s-&#233;crans sont des instruments utilis&#233;s contre la transparence d&#233;mocratique. Une soci&#233;t&#233;-&#233;cran est une pseudo-entreprise qui cache son v&#233;ritable propri&#233;taire par l'utilisation de pr&#234;te-noms. Elle est tr&#232;s uti&#173;lis&#233;e la fraude fiscale. Selon l'office des Nations Unies pour le contr&#244;le des drogues et la pr&#233;vention du crime, les paradis fiscaux abri&#173;teraient quelque 3 millions de soci&#233;t&#233;s-&#233;crans. (ODCCP, 2000).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;tournements et le blanchiment par les banques gr&#226;ce aux paradis fiscaux
En 1991, le scandale international de la BCCI (Bank of Cr&#233;dit and Commerce International), conduit &#224; sa fermeture par la justice, a montr&#233; la liaison pouvant exister entre le trafic de drogue, le terrorisme, la haute finance et les services sp&#233;ciaux. Enregistr&#233;e au Luxembourg, la BCCI recueillait p&#234;le-m&#234;le les comptes d'Abou Nidal, de Saddam Hussein, du g&#233;n&#233;ral Noriega, des services de la CIA et des soci&#233;t&#233;s li&#233;es au trafic international de la drogue, du marchand Kashoggi, entre mille autres places de m&#234;me nature. Des connexions apparaissent entre Ben Laden (h&#233;ritier multimillionnaire d'une grande famille saoudienne) et la BCCI. Ces pratiques litigieuses ont creus&#233; un passif de 13 milliards de dollars (Verschave, 2003). Les banques sont au c&#339;ur du pouvoir financier, ce sont les lieux de d&#233;p&#244;t de l'argent et le lieu de transit des flux financiers qui sont l'&#233;nergie, le sang du syst&#232;me. Le blanchiment d'argent sale passait autrefois, par les banques des pays d&#233;velopp&#233;s notamment, &#224; pr&#233;sent cet argent transite plut&#244;t pr&#233;alablement par les banques des paradis fiscaux (Andorre, Ca&#239;mans, Luxembourg, Jersey&#8230;) ou encore au sein de Clearstream (la banque des banques) comme le soutien Denis Robert (2001). De plus, quasiment toutes les grandes banques disposent de comptes dans les paradis fiscaux (Foutoyet, 2005). Ainsi, certaines, telle la FIBA d'Elf ont blanchi de l'argent, ou particip&#233; &#224; l'&#233;vasion fiscale (Verschave, 2001 : 73). Mais, au c&#339;ur m&#234;me de Londres, la City qui accueille les plus grandes banques britanniques a des pratiques analogues, aux banques des paradis fiscaux.
Les banques suisses, luxembourgeoises, notamment, avec les paradis fiscaux, renforcent les d&#233;rives du capitalisme ill&#233;gal et la corruption, en blanchissant de l'argent sale, notamment gr&#226;ce &#224; la culture du secret, au refus de faire la transparence sur l'ensemble des comptes pr&#233;sents et des virements qui s'y d&#233;roulent. Denis Robert (2001), a mis &#224; jour une des techniques de blanchiment, dans son ouvrage R&#233;v&#233;lation, en analysant le fonctionnement des banques Clearstream et Euroclear. Or, concernant, les m&#233;dias se limitent &#224; &#233;voquer &#171; l'affaire Clearstream &#187;, c'est-&#224;-dire l'intrigue Villepin-Sarkozy, en n'&#233;voquant quasiment jamais, le v&#233;ritable dossier Clearstream. Cette derni&#232;re gr&#226;ce &#224; un &#171; m&#233;canisme de compensation &#187;, fait ainsi dispara&#238;tre certaines transactions douteuses. Denis Robert, estime que les chambres de compensation, parce qu'elles sont au c&#339;ur de la finance mondiale, blanchissent des sommes largement plus importantes que ne le font les paradis fiscaux. Par cons&#233;quent, elles sont encore plus puissantes et dangereuses pour le maintien de l'Etat de droit dans l'&#233;conomie mondiale. Par exemple, Denis, Robert, affirme que la BGPI, filiale du Cr&#233;dit Agricole Indosuez, poss&#232;de elle aussi un compte S0418, chez Clearstream (Robert, 2007).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le des banques et des interm&#233;diaires mafieux dans le Kremlingate
L'Angola - &#224; travers les contrats de l'entreprise publique Simportex (anciennement Ematec), qui impliquent le sommet de ses structures gouvernementales, financi&#232;res et militaires - a pay&#233; &#224; l'entrepreneur franco-russe Arkadi Gaydamak 135 millions de dollars en plus de ce qu'il devait recevoir pour une livraison de mat&#233;riel militaire, fin 1996. L'affaire a &#233;t&#233; boucl&#233;e par un ensemble d'institutions bancaires presque toutes europ&#233;ennes (France, Suisse, Allemagne, Autriche&#8230;) sous le leadership de la banque Paribas - une des banques que Luanda a utilis&#233;es de fa&#231;on de plus en plus fr&#233;quente pour ses transactions et emprunts ces derni&#232;res ann&#233;es. La Banque of New York sert aussi beaucoup pour ces transactions (Verschave, 2001 : 129-132). Deux dirigeants de la Banque Paribas ont &#233;t&#233; inculp&#233;s en France, pour ces transactions ill&#233;gales durant le proc&#232;s de l'Angolagate en 2008. Le paiement des 135 millions de dollars &#224; Gaidamak ait &#233;t&#233; effectu&#233; &#224; travers un compte ouvert par la Sonangol &#224; la Bank of New York - institution suspect&#233;e de relation avec le blanchiment d'argent qui attire l'attention de l'enqu&#234;te internationale sur le scandale du &#8220;Kremlingate&#8221; &#187; (Mendes, 2000).
Il s'av&#232;re que tous les comptes concern&#233;s par le scandale du Kremlingate, ont &#233;t&#233; ouverts dans cinq banques new-yorkaises. Les enqu&#234;teurs pensent que la Menatep fut le &#8220;point d'origine principal de l'argent blanchi &#187; (Rousselot, 31/08/1999). &#171; Menatep aurait continu&#233; &#224; fonctionner en sous-main en 1998 et transf&#233;r&#233; des fonds suspects [&#8230;] vers des compagnies offshore bas&#233;es sur des territoires aussi lointains que les &#238;les Vierges &#187; (Rousselot, 31/08/1999). Alors que Menatep est officiellement en faillite depuis 1998, Ernest Backes a trouv&#233; dans le r&#233;pertoire 2000 de la soci&#233;t&#233; internationale de compensation Clearstream un compte non publi&#233; n&#176; 81738 au nom de Menatep, client &#171; non r&#233;f&#233;renc&#233; &#187;. Sa partenaire en blanchiment (15 milliards de dollars dans la seule ann&#233;e 1998), la Bank of New York, poss&#232;de de nombreux comptes non publi&#233;s dans la n&#233;buleuse soci&#233;t&#233; de compensation financi&#232;re Clearstream (Robert, 2001 : 216).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La banque Russe Menatep, la Bank of New York et la soci&#233;t&#233; Glencore (Kremlingate)
En ao&#251;t 1999 &#233;clate le &#8220;Kremlingate&#8221;. Il s'av&#232;re que tous les comptes concern&#233;s par ce scandale ont &#233;t&#233; ouverts dans cinq banques new-yorkaises. Les enqu&#234;teurs pensent que la Menatep fut le &#8220;point d'origine principal de l'argent blanchi&#8221; (Rousselot, 31/08/1999) &#187;. &#171; Arcadi Gaydamac a des liens &#233;troits avec cette banque &#187; Menatep (Smith, 13/01/2001) &#187;. Apr&#232;s la chute du mur de Berlin, la soci&#233;t&#233; Glencore a gagn&#233; des milliards de francs suisses sur le p&#233;trole de l'ex-URSS, en association avec Menatep, la banque russe au c&#339;ur du &#8220;Kremlingate&#8221; &#171; Plusieurs grands groupes angolais ont leurs comptes &#224; la Bank of New York qui est accus&#233;e par le FBI d'avoir &#8220;recycl&#233;&#8221; 10 milliards $ d'argent russe. [&#8230;] Des soci&#233;t&#233;s li&#233;es &#224; Menatep ont aussi op&#233;r&#233; dans les circuits de financement du p&#233;trole angolais (LDC, 30/09/1999).
En Russie, la mafia captait l'essentiel des pr&#234;ts du FMI, elle a &#8220;recycl&#233;&#8221; 10 milliards de dollars d'aide internationale, elle s'est m&#234;me permise, avec cet argent, de circonvenir l'une des plus vieilles banques am&#233;ricaines, la Bank of New York (Verschave, 2001 : 140). Le FMI est g&#233;n&#233;ralement conscient des d&#233;tournements de l'aide public au d&#233;veloppement et il laisse faire, explique Stiglitz, qui a travaill&#233; &#224; la Banque Mondiale (Stiglitz, 2002).
Selon le quotidien am&#233;ricain USA Today du 26 ao&#251;t 1999, citant des responsables am&#233;ricains, britanniques et russes, le Kremlingate repr&#233;sente un total de 15 milliards de dollars qui auraient &#233;t&#233; d&#233;tourn&#233;s lors d'op&#233;rations complexes impliquant des proches de Boris Eltsine et une s&#233;rie de membres de ses gouvernements successifs (une douzaine).
Depuis lors ont &#233;t&#233; publi&#233;s, par Le Parisien du 23 mars 2001, des documents de la DGSE - une autre b&#234;te noire de Gaydamak - d&#233;crivant une cha&#238;ne d'&#171; op&#233;rations de blanchiment &#187;. Le p&#233;trole angolais est fourni en compensation des achats d'armes russe, par l'entremise de Paribas et serait &#171; revendu sous l'&#233;tiquette brut russe par Brenco &#187;, avec l'assistance de Glencore (Verschave, 2001 : 142). Glencore a gagn&#233; des milliards sur le p&#233;trole russe, de concert avec les h&#233;ritiers de la nomenklatura sovi&#233;tique. L'immense bradage des hydrocarbures est l'une des causes de la faillite de la Russie. Le m&#234;me groupe d'h&#233;ritiers sans scrupules a aussi dilapid&#233; l'arsenal de l'Arm&#233;e rouge, les &#233;normes stocks d'aluminium, d'engrais , etc. avec des profits astronomiques, mais aussi les cr&#233;ances du pays et les milliards de dollars du FMI (Gattegno, 2000).
Une part de ces flux ( p&#233;trole, armes, dettes) a pu &#234;tre brass&#233;e entre la Bank of New York et les recettes du p&#233;trole angolais, gr&#226;ce &#224; la gestion parfaitement occulte du r&#233;gime de Luanda. Pierre Falcone est constamment en affaires avec Glencore et Paribas - entre lesquels Jean-Didier Maille a fait la navette. Arkadi Gaidamak et son associ&#233; fran&#231;ais Pierre Falcone ont assur&#233;, depuis 1993, la fourniture d'armements (ou &#8220;mat&#233;riel l&#233;tal&#8221;) aux Forces arm&#233;es angolaises. Ainsi, 84 % des cr&#233;ances russes ont disparu ! L'Angola a commenc&#233; &#224; payer le solde, par tranches de 40 millions de dollars : d&#233;j&#224; 1 milliard de dollars (7 milliards FF). Or cet argent s'est lui aussi volatilis&#233; ! (Mendes,2000).
La soci&#233;t&#233; suisse Glencore et la banque fran&#231;aise Paribas (chef de file d'un pool d'une dizaine de banques dont la BNP, Worms, la Banque populaire&#8230; ) (LDC, 14/12/2000) sont quant &#224; eux, au c&#339;ur du syst&#232;me de pr&#234;ts gag&#233;s sur le p&#233;trole futur de l'Angola &#224; des taux extr&#234;mement &#233;lev&#233;s. Au printemps 2000, Glencore a encore lev&#233; 3 milliards de dollars de pr&#234;ts gag&#233;s &#224; l'Angola, avec des banques comme Paribas, la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale, la Dresdner Bank Luxembourg, etc. (Verschave, 2001 : 140-142).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La responsabilit&#233; du FMI et de la Banque Mondiale dans les d&#233;tournements de fonds
Dans son livre &#171; La grande d&#233;sillusion &#187;, Joseph Stiglitz (2002) d&#233;nonce la responsabilit&#233; du FMI et du Tr&#233;sor am&#233;ricain qui ont soutenu, conseill&#233; et orient&#233; les bureaucrates russes convertis au capitalisme, notamment le pr&#233;sident Boris Eltsine. &#171; Quand la crise frappa, le FMI prit la direction des op&#233;rations et il demanda &#224; la Banque mondiale de contribuer au sauvetage &#187; pour 22,6 milliards de dollars. La Banque mondiale subissait une pression politique &#233;norme de l'administration Clinton qui voulait absolument qu'elle pr&#234;te &#224; la Russie.
Si l'on s'en tient aux chiffres de Rosa Mend&#232;s, 84 % du remboursement de la dette de l'Angola envers la Russie se sont &#233;vapor&#233;s ! Ainsi le milliard de dollars d&#233;j&#224; rembours&#233; ne se retrouve pas, pour la plus grande part, dans les caisses de l'Etat Russe. (Verschave, 2001 : 170- 171). Cette est donc venu enrichir les poches des vendeurs d'armes, des interm&#233;diaires et des politiques en Angola, en France (Pasqua) et sans doute en Russie. Or, Joseph Stiglitz ajoute que la direction de la Banque mondiale lui a interdit de rencontrer l'inspecteur g&#233;n&#233;ral de la Douma en visite &#224; Washington qui d&#233;non&#231;ait d&#233;j&#224; &#224; l'&#233;poque l'ampleur de la corruption. &#8220;A la Banque mondiale, on m'avait donn&#233; l'instruction de ne pas le rencontrer : on avait peur que nous soyons convaincus par ses propos.&#8221; (Stiglitz, 2002).
Stiglitz, prix nobel d'&#233;conomie en 2001 et ex-pr&#233;sident &#233;conomique de la Banque Mondiale, affirme qu'au FMI, lors de la signature d'un pr&#234;t, officiellement, la &#034;c&#233;r&#233;monie &#034; &#233;tait la signature d'une lettre d'accord -, or, ses termes sont dict&#233;s par le FMI mais, par artifice, on fait comme si la &#034; lettre d'intention &#034; venait du gouvernement concern&#233; ! &#034; (Stiglitz, 2002, 71). Il explique que la premi&#232;re &#233;tape du plan de pr&#234;t au PED, rel&#232;ve de la &#171; subordination &#187; selon ses propres mots. Cela consiste &#224; faire pression sur les gouvernements des PED afin qu'ils privatisent leurs entreprises publiques en les vendant &#224; des prix ridiculement bas. En &#233;change, ils ont la possibilit&#233; de recevoir une commission de 10% sur un compte en suisse, vers&#233; par l'entreprise du Nord qui rach&#232;tera celle du Sud. Stiglitz reprend &#224; nouveau pour exemple de ce m&#233;canisme de subordination ill&#233;gal, la liquidation du patrimoine de l'Etat russe en 1995 (Stiglitz, 2003). Ainsi, on observe une collusion entre la Banque Mondiale, ses Etats membres les plus influents, les dirigeants des PED, les banques et les entreprises priv&#233;es du Nord, au d&#233;triment des peuples des PED. Si la Banque Mondiale et le FMI, n'accomplissent pas d'action ill&#233;gale, ils en sont complices car ils connaissent le m&#233;canisme de corruption et poussent dans cette direction, en for&#231;ant la main aux gouvernements du Sud.
Selon Laura Ramos, &#171; on estime que la corruption augmente en moyenne, de 20 &#224; 30 % le co&#251;t des marchandises acquises &#187;, or &#171; on estime qu'une commission l&#233;gitime ne surpasse pas la valeur de 2 &#224; 3 % du co&#251;t total du projet &#187;. (Ramos, 2008, 92 et 94) Tandis que les communaut&#233;s internationales exigent des PED l'&#233;radication de la pauvret&#233; comme condition de nouveaux pr&#234;ts, les banques du Nord et les organisations internationales dirig&#233;es par les pays du G8, tels le FMI et la Banque Mondiale sont au c&#339;ur de ces pratiques ill&#233;gales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La responsabilit&#233; des banques (priv&#233;es, FMI et BM) et des entreprises dans les dettes de corruption
&#171; Ces dettes &#233;galement qualifi&#233;es d'ill&#233;gitimes s'accumulent en cons&#233;quence d'actes de corruption, parce que les fonds emprunt&#233;s par les Etats sont directement d&#233;vi&#233;s vers les comptes personnels de gouvernement &#187; (Ramos, 2008, 87),ou en &#233;change de services divers rendus par exemple &#224; des interm&#233;diaires au service d'une entreprise transnationale et qui viennent augmenter la dette ext&#233;rieure des pays endett&#233;s. &#171; Souvent les banques qui re&#231;oivent les pr&#234;ts ill&#233;gaux sont complices de ces man&#339;uvres parce qu' en g&#233;n&#233;ral ce sont elles qui financent la corruption &#187; (&#8230;) et &#171; qui octroient le pr&#234;t &#224; l'origine de l'acte de corruption et qui gonflent la dette ext&#233;rieure que paieront le peuple du Sud concern&#233; &#187; (Ramos, 2008, 89).
Fin 2002, une enqu&#234;te du d&#233;partement du tr&#233;sor des Etats-Unis, sur le dictateur chilien, Augusto Pinochet, r&#233;v&#233;la qu'au moins pendant huit ann&#233;es, la Banque Riggs, aux &#201;tats-Unis avait cach&#233; l'existence de comptes bancaires &#224; son nom avec des d&#233;p&#244;ts de 4 &#224; 8 millions de $. Et aussi qu'elle avait particip&#233; &#224; la cr&#233;ation de deux entreprises fant&#244;mes, appartenant au dictateur, dans le paradis fiscal des Bahamas, pour cacher des comptes ouverts dans des banques de Washington notamment. Cet argent a sans doute &#233;t&#233; d&#233;tourn&#233; par Pinochet et a accru la dette ext&#233;rieure du pays qui a quintupl&#233; durant sa p&#233;riode au pouvoir (Ramos, 2008, 90-91).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dettes d'&#233;lites : le co&#251;t de la mauvaise gestion et des int&#233;r&#234;ts de classe
&#171; Dette ill&#233;gitime qui s'accumule suite aux emprunts de l'Etat pour le b&#233;n&#233;fice d'une minorit&#233; de la population et de groupes &#233;conomiques locaux ou &#233;trangers &#187; telle l'entreprise Texaco en Equateur (Ramos, 2008, 101). La socialisation des dettes priv&#233;es participe de cette dette des &#233;lites. Ferdinant Marcos a vendu des entreprises d'Etat aux Philippines &#224; ses amis, puis ses entreprises revinrent ensuite dans le giron de l'Etat avec une dette tr&#232;s importante. Marcos, se retira ensuite en Autriche et laissa les banques publiques du pays rembourser cette dette (Adams, 1993, in Ramos, 2008, 107)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appui des banques &#224; la r&#233;pression des populations et le soutien aux dictateurs
Bien que d&#232;s 1973, les Nations Unis aient qualifi&#233; l'apartheid, de crime contre l'humanit&#233;, la communaut&#233; financi&#232;re a continu&#233; &#224; conc&#233;der des pr&#234;ts au gouvernement sud-africain. C'est majoritairement les fonds publics, mais par l'aide bilat&#233;rale qui ont financ&#233; l'Afrique du Sud, en 1993, l'Afrique du Sud devait 90% de ses aides ext&#233;rieures &#224; long terme &#224; quatre pays : Etats-Unis, la France, l'Allemagne et la Suisse. &#171; Durant toute la p&#233;riode d'apartheid, au moins 30 grandes banques et 230 de moindre envergure furent engag&#233;es pour financement du r&#233;gime &#187; (Ramos, 2008, 82-83). Cette aide financi&#232;re &#233;tait r&#233;alis&#233;e en parall&#232;le au soutien des Etats-Unis, via la France, &#224; la cr&#233;ation de la bombe nucl&#233;aire sud-africaine.
L'appui des banques fit l'objet de plaintes, notamment &#224; New York, par les victimes de ce r&#233;gime d'apartheid, en 2002, par l'apartheid Kumlumani Support Group. La plainte portait contre 21 banques et entreprises &#233;trang&#232;res. Parmi ces banques on compte Barclay National Bank, Cr&#233;dit Suisse, Deutsche Bank AG, Ford, J.P Morgan Chase (Bank) et parmi les entreprises BP, Chevron Texaco, Shell, et Total Fina-Elf pour la France. Une autre plainte avait &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;e pour le m&#234;me motif, d&#232;s 1992, par d'autres victimes (Ramos, 2008, 84).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soutien des banques, des marchands d'armes &#224; la guerre et la dette de guerre &#171; Les dettes de guerre consid&#233;r&#233;es comme ill&#233;gitimes d&#233;rivent de pr&#234;ts qui ont financ&#233; des plans belliqueux &#224; des fins imp&#233;rialistes (&#233;tendre la domination d'un pays sur un autre par la force) &#187; &#224; des fins d'annexion ou de conqu&#234;te d'un pays, par le moyens d'op&#233;ration de guerre (Ramos, 2008, 86).
L'invasion du Timor oriental par le dictateur indon&#233;sien Suharto (1965-1998) fit 60 000 morts en 1976, puis 200 000 morts en 1979,pr&#232;s du tiers de la population du Timor Oriental (Le monde diplomatique, 2008). Cette invasion a &#233;t&#233; soutenue financi&#232;rement par les Etats-Unis et leurs alli&#233;s (Australie, Grande Bretagne&#8230;) et la Banque Mondiale. Les Etats -Unis quadrupl&#232;rent son aide &#233;conomique durant cette p&#233;riode (Toussaint, d&#233;c. 2004).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2-LE POUVOIR DES BANQUES DANS LA GOUVERNANCE ECONOMIQUE ET POLITIQUE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A-LE POUVOIR DE CREATION MONETAIRE PRIVE : UN VOL LEGAL D'UN BIEN PUBLIC
Actuellement, nous n'utilisons presque plus d'argent &#171; fiduciaire &#187;, c'est-&#224;-dire des billets et les pi&#232;ces frapp&#233;es par les Etats, mais de la monnaie scripturale mat&#233;rialis&#233;e par les ch&#232;ques et la mon&#233;tique cr&#233;&#233;e par les banques elles-m&#234;mes. Maurice Allais, prix Nobel d'&#201;conomie, explique que &#171; fondamentalement, le m&#233;canisme du cr&#233;dit aboutit &#224; une cr&#233;ation de moyens de paiements ex nihilo [(&#224; partir de rien] (&#8230;). &#192; chaque op&#233;ration de cr&#233;dit, il y a ainsi duplication mon&#233;taire. Au total, le m&#233;canisme de cr&#233;dit aboutit &#224; une cr&#233;ation de monnaie ex nihilo par de simples jeux d'&#233;critures &#187; Maurice (Allais, 1999 : 63). Ainsi, les banquiers s'enrichissent avec de l'argent qu'ils n'ont pas enti&#232;rement, mais l'emprunteur priv&#233; ou public (l'Etat), doit n&#233;anmoins rembourser. Pour &#234;tre plus pr&#233;cis, les banques priv&#233;es ne peuvent en fait cr&#233;er qu'environ 8 &#224; 9 fois plus d'argent qu'elles n'en disposent r&#233;ellement. Ainsi, si une banque priv&#233;e re&#231;oit 1 million d'euros de la banque centrale, elle d&#233;tient le droit de cr&#233;er 9 millions d'euros en les proposant en cr&#233;dit.
Maurice Allais d&#233;clare que &#171; dans son essence la cr&#233;ation de monnaie ex nihilo actuelle par le syst&#232;me bancaire est identique (&#8230;) &#224; la cr&#233;ation de monnaie par des faux monnayeurs. Concr&#232;tement, elle aboutit aux m&#234;mes r&#233;sultats. La seule diff&#233;rence est que ceux qui en profitent sont diff&#233;rents &#187; (Allais, 1999 :110). C'est pourquoi l'industriel Henri Ford d&#233;clara, &#171; si les gens de cette nation comprenaient notre syst&#232;me bancaire et mon&#233;taire, je crois qu'il y aurait une r&#233;volution avant demain matin &#187;.
Si le pr&#233;sident Pompidou n'avait pas supprim&#233; en 1973 le droit r&#233;galien de l'Etat fran&#231;ais d'&#233;mettre la monnaie, les contribuables fran&#231;ais n'auraient pas &#224; rembourser 40 &#224; 50 milliards d'euros d'imp&#244;ts chaque ann&#233;e et la dette publique fran&#231;aise serait totalement rembours&#233;e depuis 2006 ! estime Holbecq. Cette argent vient donc enrichir les banquiers et autres cr&#233;anciers priv&#233;s, alors que si le gouvernement fran&#231;ais &#233;tait en droit d'emprunter sans int&#233;r&#234;t via sa Banque centrale publique, la dette publique aurait disparu en 2008 (Holbecq, 2008) .
Magrit Kennedy a ainsi calcul&#233; que les prix pay&#233;s par les consommateurs sont constitu&#233;s entre 40-45 % du seul poids des int&#233;r&#234;ts. Par cons&#233;quent, le pouvoir des financiers priv&#233;s ne s'exerce pas seulement par la plus value sur les salaires, mais aussi tr&#232;s largement sur la consommation (Kennedy, 1996). C'est pourquoi, &#224; la suite de la d&#233;claration de Thomas Jefferson, M. Phillip A. Benson, Pr&#233;sident de l'association American Bankers' Association, d&#233;clarait le 8 juin 1939, qu' &#171; il n'existe pas de moyens plus efficaces pour prendre le contr&#244;le d'une nation que de diriger son syst&#232;me de cr&#233;dit (mon&#233;taire) &#187;. William Lyon Mackenzie King, ex-premier ministre du Canada rench&#233;rissait : &#171; jusqu'&#224; ce que le contr&#244;le de l'&#233;mission de devises et de cr&#233;dit soit restaur&#233; au gouvernement et reconnue comme sa responsabilit&#233; la plus flagrante et la plus sacr&#233;e, tout discours sur la souverainet&#233; du Parlement et la d&#233;mocratie est vain et futile&#8230;Une fois qu'une nation abandonne le contr&#244;le de ses cr&#233;dits, il n'importe plus qui fait ses lois&#8230;L'usure, une fois aux commandes, coule n'importe quelle nation &#187;.
Aux Etats-Unis, de mani&#232;re relativement analogue. De 1861 &#224; 1913, l'Etat am&#233;ricain disposait du contr&#244;le de l'&#233;mission et de la circulation d'une monnaie sans int&#233;r&#234;ts. Mais le pr&#233;sident du pays, Woodrow Wilson, signa l'acte de la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale du 23 d&#233;cembre 1913, le transformant en loi. Ainsi, la propri&#233;t&#233; et le pouvoir de d&#233;cision et la capacit&#233; de cr&#233;ation mon&#233;taire de la r&#233;serve f&#233;d&#233;rale (la banque centrale) passait du Congr&#232;s des Etats-Unis, compos&#233;s des &#233;lus du peuple, aux plus puissantes banques priv&#233;es am&#233;ricaines. Woodrow Wilson, pr&#233;sident des Etats-Unis de 1913 &#224; 1921, d&#233;clarait avant d'&#234;tre assassin&#233; : &#171; Je suis un homme des plus malheureux. J'ai inconsciemment ruin&#233; mon pays. Une grande nation industrielle est contr&#244;l&#233;e par son syst&#232;me de cr&#233;dit. Notre syst&#232;me de cr&#233;dit est concentr&#233; dans le priv&#233;. La croissance de notre nation, en cons&#233;quence, ainsi que toutes nos activit&#233;s, sont entre les mains de quelques hommes. Nous en sommes venus &#224; &#234;tre un des gouvernements les plus mal dirig&#233;s du monde civilis&#233; un des plus contr&#244;l&#233;s et domin&#233;s, non pas par la conviction et le vote de la majorit&#233; mais par l'opinion et la force d'un petit groupe d'hommes dominants &#187; c'est-&#224;-dire les banquiers priv&#233;s. Selon Eric Samuelson, depuis novembre 1997, la Banque new-yorkaise de la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale d&#233;tient la majorit&#233; des actions. Cette derni&#232;re est sous la propri&#233;t&#233; majoritaire de la Chase Manhattan Bank appartenant aux Rockefeller avec 32,35% des actions et de la Citibank &#224; 20,51%. Ces deux banques priv&#233;es contr&#244;lent donc &#224; elles seules la FED, qui est sens&#233;e &#234;tre un bien public aux Etats-Unis (Carmack, 2007).
Contre ce type de d&#233;rive, Maurice Allais estime que &#171; la cr&#233;ation mon&#233;taire doit relever de l'&#201;tat et de l'&#201;tat seul. Toute cr&#233;ation mon&#233;taire autre que la monnaie de base par la Banque centrale doit &#234;tre rendue impossible, de mani&#232;re que disparaissent les &#171; faux droits &#187; r&#233;sultant actuellement de la cr&#233;ation de monnaie bancaire (Allais, 1999 : 95). Selon A.-J. Holbecq : &#8220; Toute la monnaie n&#233;cessaire au d&#233;veloppement de l'&#233;conomie doit &#234;tre produite par la Banque centrale europ&#233;enne (BCE) (&#8230;) et tous les int&#233;r&#234;ts de toute la monnaie cr&#233;&#233;e dans le pass&#233; par les banques commerciales et par la BCE doit revenir aux &#201;tats de la zone euro et donc &#224; la population&#8230; C'est certainement plus de 350 milliards d'euros par an &#8221; &#224; l'&#233;chelon europ&#233;en (Holbecq, 2008).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B-LE POUVOIR HISTORIQUE DES BANQUES SUR L'ETAT FRANCAIS
Les banquiers financent le coup d'Etat de Napol&#233;on en &#233;change de la cr&#233;ation mon&#233;taire priv&#233;e
En Europe, on estime l'origine de la Banque moderne au 17&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle avec la cr&#233;ation des premi&#232;res banques centrales. Sans doute apr&#232;s avoir re&#231;u de l'argent des banquiers, Napol&#233;on Bonaparte (1769-1821) confessait que : &#171; Lorsqu'un gouvernement est d&#233;pendant des banquiers pour l'argent, ce sont ces derniers, et non les dirigeants du gouvernement qui contr&#244;lent la situation, puisque la main qui donne est au-dessus de la main qui re&#231;oit. [&#8230;] L'argent n'a pas de patrie ; les financiers n'ont pas de patriotisme et n'ont pas de d&#233;cence ; leur unique objectif est le gain &#187;. Celui-ci savait ce qu'il disait, car ce sont un ou des banquiers qui avaient financ&#233; le coup d'&#233;tat de Napol&#233;on contre l'acceptation des statuts d'une nouvelle banque qui progressivement se verraient octroyer le monopole de l'&#233;mission de la monnaie. Jean-Pierre Collot (1764-1853) est un financier et &#171; aurait pr&#234;t&#233; 800 000 francs-or pour financer le coup d'Etat de brumaire &#187;, et qui deviendra ensuite &#171; directeur de fabrication de la Monnaie de Paris sous la Restauration &#187; (Monnaie de Paris, 2004).
&#171; Fond&#233;e le 13 f&#233;vrier 1800, quelques semaines seulement apr&#232;s le coup d'Etat, la Banque de France, soci&#233;t&#233; priv&#233;e par actions dirig&#233;e par des r&#233;gents &#187;. Elle re&#231;oit alors le monopole de l'&#233;mission de la monnaie de papier en 1803 (Marseille). Les 200 membres de son Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale avaient ainsi le pouvoir de d&#233;signer 15 membres du Conseil de r&#233;gence de la Banque de France (Wolff, 1995).
Amchel Mayer Rothschild (1743-1812), dont la famille si&#233;geait parmi les r&#233;gents de la Banque de France et prosp&#233;rait d&#233;j&#224; depuis des dizaines d'ann&#233;es gr&#226;ce &#224; ses banques priv&#233;es affirmait ainsi : &#171; donnez-moi le contr&#244;le sur la monnaie d'une nation, et je n'aurai pas &#224; me soucier de ceux qui font ses lois &#187;. Thomas Jefferson, le 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; pr&#233;sident des Etats-Unis, d&#233;clara aussi &#224; ce propos : &#8220; Je crois sinc&#232;rement que des institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos privil&#232;ges que des arm&#233;es institutionnelles. D&#233;j&#224; ils ont &#233;lev&#233; au sommet une riche aristocratie qui a d&#233;fi&#233; le Gouvernement. Le pouvoir d'&#233;mission devrait &#234;tre pris aux banques et redonn&#233; au peuple &#224; qui il appartient&#8221; (Jefferson, 1802).
La crise &#233;conomique qui s'est d&#233;clench&#233;e en 2008 &#233;tait pr&#233;vue depuis longtemps par de nombreux &#233;conomistes, notamment &#224; cause de la bulle financi&#232;re li&#233;e &#224; la sp&#233;culation. Mais concernant les d&#233;rives de l'&#233;conomie capitaliste, la responsabilit&#233; des banques, de la dette et des paradis fiscaux est &#224; la fois plus profonde et plus ancienne qu'on ne l'&#233;voque g&#233;n&#233;ralement. Au c&#339;ur de l'Etat et de la gouvernance &#233;conomique et politique, domine le pouvoir financier de mani&#232;re l&#233;gale, mais aussi parfois sous des formes ill&#233;gales et souvent peu d&#233;mocratique. Dans le cadre de cet article nous allons exposer diff&#233;rents m&#233;canismes centraux du pouvoir des banquiers sur le monde. Les banques et les paradis fiscaux, sont des acc&#233;l&#233;rateurs de la gouvernance n&#233;olib&#233;rale. Cette d&#233;r&#233;gulation vient alors renforcer les d&#233;lits politico-financiers, du fait de la carence et de la dissolution des r&#232;gles de contr&#244;le. La dette, en particulier celles des PED, est un instrument de domination des pays riches sur les PED. Tandis que la privatisation du pouvoir de cr&#233;ation mon&#233;taire par les banques priv&#233;es, conduit &#224; un vol l'&#233;gal d'un bien public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1-LES BANQUES DES PARADIS FISCAUX, ACCELERATEURS DE LA GOUVERNANCE NEOLIBERALE ET DES DELITS POLITICO-FINANCIERS
Les banques et les propri&#233;taires des grandes banques (Rockefeller, Rothschild, Morgan, City Group, Goldman Sachs&#8230;) repr&#233;sentent un des pivots du pouvoir mondial. D'une part parce que ces propri&#233;taires disposent de sommes &#233;normes. Le magazine Forbes d&#233;comptait 1125 milliardaires en 2008 (Kroll, 2008). Au classement Forbes de 2005, Bill Gates &#233;tait l'homme le plus riche du monde avec 46,5 M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;ds&lt;/sup&gt; $ et Warren Buffet 44 M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;ds&lt;/sup&gt; $. La fortune des plus grandes banques d&#233;passent largement celles des plus riches individus, puisque la fortune de City Group &#233;tait de 10 fois sup&#233;rieure &#224; celle de Bill Gates et celle de la Bank of America l'&#233;tait de 16 fois. On trouvait au classement Forbes 2005, cinq banques, dont Citigroup (484,10 M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;ds&lt;/sup&gt; $ d'actifs), Bank of America (776,42 M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;ds&lt;/sup&gt; $ d'actifs), puis HSBC, ING Group et UBS. Ceci leur permet d'acheter potentiellement absolument, tout ce qui peut servir leur objectif de puissance : entreprises, m&#233;dias, biens divers et ce jusqu'&#224; corrompre si besoin est les dirigeants politiques, qui sont susceptibles de se laissent soudoyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les flux financiers ill&#233;gaux et massifs dans les paradis fiscaux
Les paradis fiscaux et les chambres de compensation (Clearstream) sont un instrument majeur de la corruption politique et de la spoliation &#233;conomique des citoyens. Les estimations concernant l'importance des capitaux licites ou illicites drain&#233;s par les paradis fiscaux sont assez difficiles &#224; &#233;tablir. On estimait, en 2000, que les capitaux, d&#233;tenus hors fronti&#232;res, s'&#233;levaient &#224; plus de 5000 milliards de dollars, soit 54% des capitaux mondiaux (EAEF, 2001). De son c&#244;t&#233;, le FMI estimait, en 2003, que 50% des flux de capitaux passent dans les places off-shore, que circule dans le monde entre 600 et 1500 milliards/an d'argents sales, que le blanchiment repr&#233;sente 5% du PIB mondial. Selon l'office des Nations Unies pour le contr&#244;le des drogues et la pr&#233;vention du crime, en 1999 ; 50% des 4800 M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;ds&lt;/sup&gt; de francs annuels d&#233;gag&#233;s par l'ensemble des activit&#233;s criminelles du monde (trafics de drogue, prostitution, fausse monnaie&#8230;) seraient blanchis dans les paradis fiscaux (ODCCP, 2000).
Pour la France, le conseil scientifique d'Attac France mentionnait qu'en 1999, 350 milliards de dollars &#233;taient blanchis pour &#234;tre r&#233;investis dans l'&#233;conomie l&#233;gale. Il &#233;valuait ainsi un manque &#224; gagner pour les caisses des Etats de plus de 300 milliards d'euros auxquels s'ajoutent la fraude et l'&#233;vasion fiscale. Ces derni&#232;res repr&#233;sentaient, en 2003, environ 50 milliards d'euros pour la France, c'est-&#224;-dire 17% du budget de l'Etat soit l'&#233;quivalent du d&#233;ficit budg&#233;taire (Attac, 2004). Pour les PED, l'&#233;vasion fiscale conduit &#224; un manque &#224; gagner dans les recettes fiscales de 50 milliards de dollars. L'&#233;quivalent de l'APD annuelle de l'ensemble des pays de l'OCDE. La quasi-totalit&#233; des grandes banques et entreprises europ&#233;ennes ou am&#233;ricaines a ouvert des succursales dans des paradis fiscaux. C'est par exemple le cas de la BNP Pari&#173;bas, pr&#233;sente aux Bahamas et aux &#238;les Ca&#239;man, idem pour le Cr&#233;dit Agricole,la CIC, le Cr&#233;dit Lyonnais, Natexis Ban&#173;que Populaire, la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale, etc. Total r&#233;alise la plus grande partie de ses b&#233;n&#233;fices dans des filiales enregistr&#233;es aux &#238;les Bermudes et autres terri&#173;toires off shore, etc. (Foutoyet, 2005).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement aux id&#233;es re&#231;ues, les paradis fiscaux ne sont donc pas un &#171; sous&#173; syst&#232;me &#187; &#224; la marge de la machine &#233;conomique : ils en sont l'un des roua&#173;ges. En effet, on estime que plus de la moiti&#233; des transactions financi&#232;res internationales transite par les para&#173;dis fiscaux. Les paradis fiscaux facilitent donc :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; l'&#233;vasion fiscale, la limitation du syst&#232;me fiscal,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; le blanchiment de l'argent sale,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; les op&#233;rations occultes,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; le secret bancaire,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; l'immunit&#233; judiciaire, l'absence de coop&#233;ration judiciaire internationale sous la responsabilit&#233; et l'accord du G8,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; C'est un acc&#233;l&#233;rateur de la criminalit&#233; gr&#226;ce au blanchiment de l'argent li&#233; au trafic de drogue, &#224; la prostitution,&#224; la fabrication de fausse monnaie, au racket&#8230;).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Les soci&#233;t&#233;s-&#233;crans sont des instruments utilis&#233;s contre la transparence d&#233;mocratique. Une soci&#233;t&#233;-&#233;cran est une pseudo-entreprise qui cache son v&#233;ritable propri&#233;taire par l'utilisation de pr&#234;te-noms. Elle est tr&#232;s uti&#173;lis&#233;e la fraude fiscale. Selon l'office des Nations Unies pour le contr&#244;le des drogues et la pr&#233;vention du crime, les paradis fiscaux abri&#173;teraient quelque 3 millions de soci&#233;t&#233;s-&#233;crans. (ODCCP, 2000).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;tournements et le blanchiment par les banques gr&#226;ce aux paradis fiscaux
En 1991, le scandale international de la BCCI (Bank of Cr&#233;dit and Commerce International), conduit &#224; sa fermeture par la justice, a montr&#233; la liaison pouvant exister entre le trafic de drogue, le terrorisme, la haute finance et les services sp&#233;ciaux. Enregistr&#233;e au Luxembourg, la BCCI recueillait p&#234;le-m&#234;le les comptes d'Abou Nidal, de Saddam Hussein, du g&#233;n&#233;ral Noriega, des services de la CIA et des soci&#233;t&#233;s li&#233;es au trafic international de la drogue, du marchand Kashoggi, entre mille autres places de m&#234;me nature. Des connexions apparaissent entre Ben Laden (h&#233;ritier multimillionnaire d'une grande famille saoudienne) et la BCCI. Ces pratiques litigieuses ont creus&#233; un passif de 13 milliards de dollars (Verschave, 2003). Les banques sont au c&#339;ur du pouvoir financier, ce sont les lieux de d&#233;p&#244;t de l'argent et le lieu de transit des flux financiers qui sont l'&#233;nergie, le sang du syst&#232;me. Le blanchiment d'argent sale passait autrefois, par les banques des pays d&#233;velopp&#233;s notamment, &#224; pr&#233;sent cet argent transite plut&#244;t pr&#233;alablement par les banques des paradis fiscaux (Andorre, Ca&#239;mans, Luxembourg, Jersey&#8230;) ou encore au sein de Clearstream (la banque des banques) comme le soutien Denis Robert (2001). De plus, quasiment toutes les grandes banques disposent de comptes dans les paradis fiscaux (Foutoyet, 2005). Ainsi, certaines, telle la FIBA d'Elf ont blanchi de l'argent, ou particip&#233; &#224; l'&#233;vasion fiscale (Verschave, 2001 : 73). Mais, au c&#339;ur m&#234;me de Londres, la City qui accueille les plus grandes banques britanniques a des pratiques analogues, aux banques des paradis fiscaux.
Les banques suisses, luxembourgeoises, notamment, avec les paradis fiscaux, renforcent les d&#233;rives du capitalisme ill&#233;gal et la corruption, en blanchissant de l'argent sale, notamment gr&#226;ce &#224; la culture du secret, au refus de faire la transparence sur l'ensemble des comptes pr&#233;sents et des virements qui s'y d&#233;roulent. Denis Robert (2001), a mis &#224; jour une des techniques de blanchiment, dans son ouvrage R&#233;v&#233;lation, en analysant le fonctionnement des banques Clearstream et Euroclear. Or, concernant, les m&#233;dias se limitent &#224; &#233;voquer &#171; l'affaire Clearstream &#187;, c'est-&#224;-dire l'intrigue Villepin-Sarkozy, en n'&#233;voquant quasiment jamais, le v&#233;ritable dossier Clearstream. Cette derni&#232;re gr&#226;ce &#224; un &#171; m&#233;canisme de compensation &#187;, fait ainsi dispara&#238;tre certaines transactions douteuses. Denis Robert, estime que les chambres de compensation, parce qu'elles sont au c&#339;ur de la finance mondiale, blanchissent des sommes largement plus importantes que ne le font les paradis fiscaux. Par cons&#233;quent, elles sont encore plus puissantes et dangereuses pour le maintien de l'Etat de droit dans l'&#233;conomie mondiale. Par exemple, Denis, Robert, affirme que la BGPI, filiale du Cr&#233;dit Agricole Indosuez, poss&#232;de elle aussi un compte S0418, chez Clearstream (Robert, 2007).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le des banques et des interm&#233;diaires mafieux dans le Kremlingate
L'Angola - &#224; travers les contrats de l'entreprise publique Simportex (anciennement Ematec), qui impliquent le sommet de ses structures gouvernementales, financi&#232;res et militaires - a pay&#233; &#224; l'entrepreneur franco-russe Arkadi Gaydamak 135 millions de dollars en plus de ce qu'il devait recevoir pour une livraison de mat&#233;riel militaire, fin 1996. L'affaire a &#233;t&#233; boucl&#233;e par un ensemble d'institutions bancaires presque toutes europ&#233;ennes (France, Suisse, Allemagne, Autriche&#8230;) sous le leadership de la banque Paribas - une des banques que Luanda a utilis&#233;es de fa&#231;on de plus en plus fr&#233;quente pour ses transactions et emprunts ces derni&#232;res ann&#233;es. La Banque of New York sert aussi beaucoup pour ces transactions (Verschave, 2001 : 129-132). Deux dirigeants de la Banque Paribas ont &#233;t&#233; inculp&#233;s en France, pour ces transactions ill&#233;gales durant le proc&#232;s de l'Angolagate en 2008. Le paiement des 135 millions de dollars &#224; Gaidamak ait &#233;t&#233; effectu&#233; &#224; travers un compte ouvert par la Sonangol &#224; la Bank of New York - institution suspect&#233;e de relation avec le blanchiment d'argent qui attire l'attention de l'enqu&#234;te internationale sur le scandale du &#8220;Kremlingate&#8221; &#187; (Mendes, 2000).
Il s'av&#232;re que tous les comptes concern&#233;s par le scandale du Kremlingate, ont &#233;t&#233; ouverts dans cinq banques new-yorkaises. Les enqu&#234;teurs pensent que la Menatep fut le &#8220;point d'origine principal de l'argent blanchi &#187; (Rousselot, 31/08/1999). &#171; Menatep aurait continu&#233; &#224; fonctionner en sous-main en 1998 et transf&#233;r&#233; des fonds suspects [&#8230;] vers des compagnies offshore bas&#233;es sur des territoires aussi lointains que les &#238;les Vierges &#187; (Rousselot, 31/08/1999). Alors que Menatep est officiellement en faillite depuis 1998, Ernest Backes a trouv&#233; dans le r&#233;pertoire 2000 de la soci&#233;t&#233; internationale de compensation Clearstream un compte non publi&#233; n&#176; 81738 au nom de Menatep, client &#171; non r&#233;f&#233;renc&#233; &#187;. Sa partenaire en blanchiment (15 milliards de dollars dans la seule ann&#233;e 1998), la Bank of New York, poss&#232;de de nombreux comptes non publi&#233;s dans la n&#233;buleuse soci&#233;t&#233; de compensation financi&#232;re Clearstream (Robert, 2001 : 216).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La banque Russe Menatep, la Bank of New York et la soci&#233;t&#233; Glencore (Kremlingate)
En ao&#251;t 1999 &#233;clate le &#8220;Kremlingate&#8221;. Il s'av&#232;re que tous les comptes concern&#233;s par ce scandale ont &#233;t&#233; ouverts dans cinq banques new-yorkaises. Les enqu&#234;teurs pensent que la Menatep fut le &#8220;point d'origine principal de l'argent blanchi&#8221; (Rousselot, 31/08/1999) &#187;. &#171; Arcadi Gaydamac a des liens &#233;troits avec cette banque &#187; Menatep (Smith, 13/01/2001) &#187;. Apr&#232;s la chute du mur de Berlin, la soci&#233;t&#233; Glencore a gagn&#233; des milliards de francs suisses sur le p&#233;trole de l'ex-URSS, en association avec Menatep, la banque russe au c&#339;ur du &#8220;Kremlingate&#8221; &#171; Plusieurs grands groupes angolais ont leurs comptes &#224; la Bank of New York qui est accus&#233;e par le FBI d'avoir &#8220;recycl&#233;&#8221; 10 milliards $ d'argent russe. [&#8230;] Des soci&#233;t&#233;s li&#233;es &#224; Menatep ont aussi op&#233;r&#233; dans les circuits de financement du p&#233;trole angolais (LDC, 30/09/1999).
En Russie, la mafia captait l'essentiel des pr&#234;ts du FMI, elle a &#8220;recycl&#233;&#8221; 10 milliards de dollars d'aide internationale, elle s'est m&#234;me permise, avec cet argent, de circonvenir l'une des plus vieilles banques am&#233;ricaines, la Bank of New York (Verschave, 2001 : 140). Le FMI est g&#233;n&#233;ralement conscient des d&#233;tournements de l'aide public au d&#233;veloppement et il laisse faire, explique Stiglitz, qui a travaill&#233; &#224; la Banque Mondiale (Stiglitz, 2002).
Selon le quotidien am&#233;ricain USA Today du 26 ao&#251;t 1999, citant des responsables am&#233;ricains, britanniques et russes, le Kremlingate repr&#233;sente un total de 15 milliards de dollars qui auraient &#233;t&#233; d&#233;tourn&#233;s lors d'op&#233;rations complexes impliquant des proches de Boris Eltsine et une s&#233;rie de membres de ses gouvernements successifs (une douzaine).
Depuis lors ont &#233;t&#233; publi&#233;s, par Le Parisien du 23 mars 2001, des documents de la DGSE - une autre b&#234;te noire de Gaydamak - d&#233;crivant une cha&#238;ne d'&#171; op&#233;rations de blanchiment &#187;. Le p&#233;trole angolais est fourni en compensation des achats d'armes russe, par l'entremise de Paribas et serait &#171; revendu sous l'&#233;tiquette brut russe par Brenco &#187;, avec l'assistance de Glencore (Verschave, 2001 : 142). Glencore a gagn&#233; des milliards sur le p&#233;trole russe, de concert avec les h&#233;ritiers de la nomenklatura sovi&#233;tique. L'immense bradage des hydrocarbures est l'une des causes de la faillite de la Russie. Le m&#234;me groupe d'h&#233;ritiers sans scrupules a aussi dilapid&#233; l'arsenal de l'Arm&#233;e rouge, les &#233;normes stocks d'aluminium, d'engrais , etc. avec des profits astronomiques, mais aussi les cr&#233;ances du pays et les milliards de dollars du FMI (Gattegno, 2000).
Une part de ces flux ( p&#233;trole, armes, dettes) a pu &#234;tre brass&#233;e entre la Bank of New York et les recettes du p&#233;trole angolais, gr&#226;ce &#224; la gestion parfaitement occulte du r&#233;gime de Luanda. Pierre Falcone est constamment en affaires avec Glencore et Paribas - entre lesquels Jean-Didier Maille a fait la navette. Arkadi Gaidamak et son associ&#233; fran&#231;ais Pierre Falcone ont assur&#233;, depuis 1993, la fourniture d'armements (ou &#8220;mat&#233;riel l&#233;tal&#8221;) aux Forces arm&#233;es angolaises. Ainsi, 84 % des cr&#233;ances russes ont disparu ! L'Angola a commenc&#233; &#224; payer le solde, par tranches de 40 millions de dollars : d&#233;j&#224; 1 milliard de dollars (7 milliards FF). Or cet argent s'est lui aussi volatilis&#233; ! (Mendes,2000).
La soci&#233;t&#233; suisse Glencore et la banque fran&#231;aise Paribas (chef de file d'un pool d'une dizaine de banques dont la BNP, Worms, la Banque populaire&#8230; ) (LDC, 14/12/2000) sont quant &#224; eux, au c&#339;ur du syst&#232;me de pr&#234;ts gag&#233;s sur le p&#233;trole futur de l'Angola &#224; des taux extr&#234;mement &#233;lev&#233;s. Au printemps 2000, Glencore a encore lev&#233; 3 milliards de dollars de pr&#234;ts gag&#233;s &#224; l'Angola, avec des banques comme Paribas, la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale, la Dresdner Bank Luxembourg, etc. (Verschave, 2001 : 140-142).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La responsabilit&#233; du FMI et de la Banque Mondiale dans les d&#233;tournements de fonds
Dans son livre &#171; La grande d&#233;sillusion &#187;, Joseph Stiglitz (2002) d&#233;nonce la responsabilit&#233; du FMI et du Tr&#233;sor am&#233;ricain qui ont soutenu, conseill&#233; et orient&#233; les bureaucrates russes convertis au capitalisme, notamment le pr&#233;sident Boris Eltsine. &#171; Quand la crise frappa, le FMI prit la direction des op&#233;rations et il demanda &#224; la Banque mondiale de contribuer au sauvetage &#187; pour 22,6 milliards de dollars. La Banque mondiale subissait une pression politique &#233;norme de l'administration Clinton qui voulait absolument qu'elle pr&#234;te &#224; la Russie.
Si l'on s'en tient aux chiffres de Rosa Mend&#232;s, 84 % du remboursement de la dette de l'Angola envers la Russie se sont &#233;vapor&#233;s ! Ainsi le milliard de dollars d&#233;j&#224; rembours&#233; ne se retrouve pas, pour la plus grande part, dans les caisses de l'Etat Russe. (Verschave, 2001 : 170- 171). Cette est donc venu enrichir les poches des vendeurs d'armes, des interm&#233;diaires et des politiques en Angola, en France (Pasqua) et sans doute en Russie. Or, Joseph Stiglitz ajoute que la direction de la Banque mondiale lui a interdit de rencontrer l'inspecteur g&#233;n&#233;ral de la Douma en visite &#224; Washington qui d&#233;non&#231;ait d&#233;j&#224; &#224; l'&#233;poque l'ampleur de la corruption. &#8220;A la Banque mondiale, on m'avait donn&#233; l'instruction de ne pas le rencontrer : on avait peur que nous soyons convaincus par ses propos.&#8221; (Stiglitz, 2002).
Stiglitz, prix nobel d'&#233;conomie en 2001 et ex-pr&#233;sident &#233;conomique de la Banque Mondiale, affirme qu'au FMI, lors de la signature d'un pr&#234;t, officiellement, la &#034;c&#233;r&#233;monie &#034; &#233;tait la signature d'une lettre d'accord -, or, ses termes sont dict&#233;s par le FMI mais, par artifice, on fait comme si la &#034; lettre d'intention &#034; venait du gouvernement concern&#233; ! &#034; (Stiglitz, 2002, 71). Il explique que la premi&#232;re &#233;tape du plan de pr&#234;t au PED, rel&#232;ve de la &#171; subordination &#187; selon ses propres mots. Cela consiste &#224; faire pression sur les gouvernements des PED afin qu'ils privatisent leurs entreprises publiques en les vendant &#224; des prix ridiculement bas. En &#233;change, ils ont la possibilit&#233; de recevoir une commission de 10% sur un compte en suisse, vers&#233; par l'entreprise du Nord qui rach&#232;tera celle du Sud. Stiglitz reprend &#224; nouveau pour exemple de ce m&#233;canisme de subordination ill&#233;gal, la liquidation du patrimoine de l'Etat russe en 1995 (Stiglitz, 2003). Ainsi, on observe une collusion entre la Banque Mondiale, ses Etats membres les plus influents, les dirigeants des PED, les banques et les entreprises priv&#233;es du Nord, au d&#233;triment des peuples des PED. Si la Banque Mondiale et le FMI, n'accomplissent pas d'action ill&#233;gale, ils en sont complices car ils connaissent le m&#233;canisme de corruption et poussent dans cette direction, en for&#231;ant la main aux gouvernements du Sud.
Selon Laura Ramos, &#171; on estime que la corruption augmente en moyenne, de 20 &#224; 30 % le co&#251;t des marchandises acquises &#187;, or &#171; on estime qu'une commission l&#233;gitime ne surpasse pas la valeur de 2 &#224; 3 % du co&#251;t total du projet &#187;. (Ramos, 2008, 92 et 94) Tandis que les communaut&#233;s internationales exigent des PED l'&#233;radication de la pauvret&#233; comme condition de nouveaux pr&#234;ts, les banques du Nord et les organisations internationales dirig&#233;es par les pays du G8, tels le FMI et la Banque Mondiale sont au c&#339;ur de ces pratiques ill&#233;gales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La responsabilit&#233; des banques (priv&#233;es, FMI et BM) et des entreprises dans les dettes de corruption
&#171; Ces dettes &#233;galement qualifi&#233;es d'ill&#233;gitimes s'accumulent en cons&#233;quence d'actes de corruption, parce que les fonds emprunt&#233;s par les Etats sont directement d&#233;vi&#233;s vers les comptes personnels de gouvernement &#187; (Ramos, 2008, 87),ou en &#233;change de services divers rendus par exemple &#224; des interm&#233;diaires au service d'une entreprise transnationale et qui viennent augmenter la dette ext&#233;rieure des pays endett&#233;s. &#171; Souvent les banques qui re&#231;oivent les pr&#234;ts ill&#233;gaux sont complices de ces man&#339;uvres parce qu' en g&#233;n&#233;ral ce sont elles qui financent la corruption &#187; (&#8230;) et &#171; qui octroient le pr&#234;t &#224; l'origine de l'acte de corruption et qui gonflent la dette ext&#233;rieure que paieront le peuple du Sud concern&#233; &#187; (Ramos, 2008, 89).
Fin 2002, une enqu&#234;te du d&#233;partement du tr&#233;sor des Etats-Unis, sur le dictateur chilien, Augusto Pinochet, r&#233;v&#233;la qu'au moins pendant huit ann&#233;es, la Banque Riggs, aux &#201;tats-Unis avait cach&#233; l'existence de comptes bancaires &#224; son nom avec des d&#233;p&#244;ts de 4 &#224; 8 millions de $. Et aussi qu'elle avait particip&#233; &#224; la cr&#233;ation de deux entreprises fant&#244;mes, appartenant au dictateur, dans le paradis fiscal des Bahamas, pour cacher des comptes ouverts dans des banques de Washington notamment. Cet argent a sans doute &#233;t&#233; d&#233;tourn&#233; par Pinochet et a accru la dette ext&#233;rieure du pays qui a quintupl&#233; durant sa p&#233;riode au pouvoir (Ramos, 2008, 90-91).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dettes d'&#233;lites : le co&#251;t de la mauvaise gestion et des int&#233;r&#234;ts de classe
&#171; Dette ill&#233;gitime qui s'accumule suite aux emprunts de l'Etat pour le b&#233;n&#233;fice d'une minorit&#233; de la population et de groupes &#233;conomiques locaux ou &#233;trangers &#187; telle l'entreprise Texaco en Equateur (Ramos, 2008, 101). La socialisation des dettes priv&#233;es participe de cette dette des &#233;lites. Ferdinant Marcos a vendu des entreprises d'Etat aux Philippines &#224; ses amis, puis ses entreprises revinrent ensuite dans le giron de l'Etat avec une dette tr&#232;s importante. Marcos, se retira ensuite en Autriche et laissa les banques publiques du pays rembourser cette dette (Adams, 1993, in Ramos, 2008, 107)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appui des banques &#224; la r&#233;pression des populations et le soutien aux dictateurs
Bien que d&#232;s 1973, les Nations Unis aient qualifi&#233; l'apartheid, de crime contre l'humanit&#233;, la communaut&#233; financi&#232;re a continu&#233; &#224; conc&#233;der des pr&#234;ts au gouvernement sud-africain. C'est majoritairement les fonds publics, mais par l'aide bilat&#233;rale qui ont financ&#233; l'Afrique du Sud, en 1993, l'Afrique du Sud devait 90% de ses aides ext&#233;rieures &#224; long terme &#224; quatre pays : Etats-Unis, la France, l'Allemagne et la Suisse. &#171; Durant toute la p&#233;riode d'apartheid, au moins 30 grandes banques et 230 de moindre envergure furent engag&#233;es pour financement du r&#233;gime &#187; (Ramos, 2008, 82-83). Cette aide financi&#232;re &#233;tait r&#233;alis&#233;e en parall&#232;le au soutien des Etats-Unis, via la France, &#224; la cr&#233;ation de la bombe nucl&#233;aire sud-africaine.
L'appui des banques fit l'objet de plaintes, notamment &#224; New York, par les victimes de ce r&#233;gime d'apartheid, en 2002, par l'apartheid Kumlumani Support Group. La plainte portait contre 21 banques et entreprises &#233;trang&#232;res. Parmi ces banques on compte Barclay National Bank, Cr&#233;dit Suisse, Deutsche Bank AG, Ford, J.P Morgan Chase (Bank) et parmi les entreprises BP, Chevron Texaco, Shell, et Total Fina-Elf pour la France. Une autre plainte avait &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;e pour le m&#234;me motif, d&#232;s 1992, par d'autres victimes (Ramos, 2008, 84).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soutien des banques, des marchands d'armes &#224; la guerre et la dette de guerre &#171; Les dettes de guerre consid&#233;r&#233;es comme ill&#233;gitimes d&#233;rivent de pr&#234;ts qui ont financ&#233; des plans belliqueux &#224; des fins imp&#233;rialistes (&#233;tendre la domination d'un pays sur un autre par la force) &#187; &#224; des fins d'annexion ou de conqu&#234;te d'un pays, par le moyens d'op&#233;ration de guerre (Ramos, 2008, 86).
L'invasion du Timor oriental par le dictateur indon&#233;sien Suharto (1965-1998) fit 60 000 morts en 1976, puis 200 000 morts en 1979,pr&#232;s du tiers de la population du Timor Oriental (Le monde diplomatique, 2008). Cette invasion a &#233;t&#233; soutenue financi&#232;rement par les Etats-Unis et leurs alli&#233;s (Australie, Grande Bretagne&#8230;) et la Banque Mondiale. Les Etats -Unis quadrupl&#232;rent son aide &#233;conomique durant cette p&#233;riode (Toussaint, d&#233;c. 2004).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2-LE POUVOIR DES BANQUES DANS LA GOUVERNANCE ECONOMIQUE ET POLITIQUE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A-LE POUVOIR DE CREATION MONETAIRE PRIVE : UN VOL LEGAL D'UN BIEN PUBLIC
Actuellement, nous n'utilisons presque plus d'argent &#171; fiduciaire &#187;, c'est-&#224;-dire des billets et les pi&#232;ces frapp&#233;es par les Etats, mais de la monnaie scripturale mat&#233;rialis&#233;e par les ch&#232;ques et la mon&#233;tique cr&#233;&#233;e par les banques elles-m&#234;mes. Maurice Allais, prix Nobel d'&#201;conomie, explique que &#171; fondamentalement, le m&#233;canisme du cr&#233;dit aboutit &#224; une cr&#233;ation de moyens de paiements ex nihilo [(&#224; partir de rien] (&#8230;). &#192; chaque op&#233;ration de cr&#233;dit, il y a ainsi duplication mon&#233;taire. Au total, le m&#233;canisme de cr&#233;dit aboutit &#224; une cr&#233;ation de monnaie ex nihilo par de simples jeux d'&#233;critures &#187; Maurice (Allais, 1999 : 63). Ainsi, les banquiers s'enrichissent avec de l'argent qu'ils n'ont pas enti&#232;rement, mais l'emprunteur priv&#233; ou public (l'Etat), doit n&#233;anmoins rembourser. Pour &#234;tre plus pr&#233;cis, les banques priv&#233;es ne peuvent en fait cr&#233;er qu'environ 8 &#224; 9 fois plus d'argent qu'elles n'en disposent r&#233;ellement. Ainsi, si une banque priv&#233;e re&#231;oit 1 million d'euros de la banque centrale, elle d&#233;tient le droit de cr&#233;er 9 millions d'euros en les proposant en cr&#233;dit.
Maurice Allais d&#233;clare que &#171; dans son essence la cr&#233;ation de monnaie ex nihilo actuelle par le syst&#232;me bancaire est identique (&#8230;) &#224; la cr&#233;ation de monnaie par des faux monnayeurs. Concr&#232;tement, elle aboutit aux m&#234;mes r&#233;sultats. La seule diff&#233;rence est que ceux qui en profitent sont diff&#233;rents &#187; (Allais, 1999 :110). C'est pourquoi l'industriel Henri Ford d&#233;clara, &#171; si les gens de cette nation comprenaient notre syst&#232;me bancaire et mon&#233;taire, je crois qu'il y aurait une r&#233;volution avant demain matin &#187;.
Si le pr&#233;sident Pompidou n'avait pas supprim&#233; en 1973 le droit r&#233;galien de l'Etat fran&#231;ais d'&#233;mettre la monnaie, les contribuables fran&#231;ais n'auraient pas &#224; rembourser 40 &#224; 50 milliards d'euros d'imp&#244;ts chaque ann&#233;e et la dette publique fran&#231;aise serait totalement rembours&#233;e depuis 2006 ! estime Holbecq. Cette argent vient donc enrichir les banquiers et autres cr&#233;anciers priv&#233;s, alors que si le gouvernement fran&#231;ais &#233;tait en droit d'emprunter sans int&#233;r&#234;t via sa Banque centrale publique, la dette publique aurait disparu en 2008 (Holbecq, 2008) .
Magrit Kennedy a ainsi calcul&#233; que les prix pay&#233;s par les consommateurs sont constitu&#233;s entre 40-45 % du seul poids des int&#233;r&#234;ts. Par cons&#233;quent, le pouvoir des financiers priv&#233;s ne s'exerce pas seulement par la plus value sur les salaires, mais aussi tr&#232;s largement sur la consommation (Kennedy, 1996). C'est pourquoi, &#224; la suite de la d&#233;claration de Thomas Jefferson, M. Phillip A. Benson, Pr&#233;sident de l'association American Bankers' Association, d&#233;clarait le 8 juin 1939, qu' &#171; il n'existe pas de moyens plus efficaces pour prendre le contr&#244;le d'une nation que de diriger son syst&#232;me de cr&#233;dit (mon&#233;taire) &#187;. William Lyon Mackenzie King, ex-premier ministre du Canada rench&#233;rissait : &#171; jusqu'&#224; ce que le contr&#244;le de l'&#233;mission de devises et de cr&#233;dit soit restaur&#233; au gouvernement et reconnue comme sa responsabilit&#233; la plus flagrante et la plus sacr&#233;e, tout discours sur la souverainet&#233; du Parlement et la d&#233;mocratie est vain et futile&#8230;Une fois qu'une nation abandonne le contr&#244;le de ses cr&#233;dits, il n'importe plus qui fait ses lois&#8230;L'usure, une fois aux commandes, coule n'importe quelle nation &#187;.
Aux Etats-Unis, de mani&#232;re relativement analogue. De 1861 &#224; 1913, l'Etat am&#233;ricain disposait du contr&#244;le de l'&#233;mission et de la circulation d'une monnaie sans int&#233;r&#234;ts. Mais le pr&#233;sident du pays, Woodrow Wilson, signa l'acte de la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale du 23 d&#233;cembre 1913, le transformant en loi. Ainsi, la propri&#233;t&#233; et le pouvoir de d&#233;cision et la capacit&#233; de cr&#233;ation mon&#233;taire de la r&#233;serve f&#233;d&#233;rale (la banque centrale) passait du Congr&#232;s des Etats-Unis, compos&#233;s des &#233;lus du peuple, aux plus puissantes banques priv&#233;es am&#233;ricaines. Woodrow Wilson, pr&#233;sident des Etats-Unis de 1913 &#224; 1921, d&#233;clarait avant d'&#234;tre assassin&#233; : &#171; Je suis un homme des plus malheureux. J'ai inconsciemment ruin&#233; mon pays. Une grande nation industrielle est contr&#244;l&#233;e par son syst&#232;me de cr&#233;dit. Notre syst&#232;me de cr&#233;dit est concentr&#233; dans le priv&#233;. La croissance de notre nation, en cons&#233;quence, ainsi que toutes nos activit&#233;s, sont entre les mains de quelques hommes. Nous en sommes venus &#224; &#234;tre un des gouvernements les plus mal dirig&#233;s du monde civilis&#233; un des plus contr&#244;l&#233;s et domin&#233;s, non pas par la conviction et le vote de la majorit&#233; mais par l'opinion et la force d'un petit groupe d'hommes dominants &#187; c'est-&#224;-dire les banquiers priv&#233;s. Selon Eric Samuelson, depuis novembre 1997, la Banque new-yorkaise de la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale d&#233;tient la majorit&#233; des actions. Cette derni&#232;re est sous la propri&#233;t&#233; majoritaire de la Chase Manhattan Bank appartenant aux Rockefeller avec 32,35% des actions et de la Citibank &#224; 20,51%. Ces deux banques priv&#233;es contr&#244;lent donc &#224; elles seules la FED, qui est sens&#233;e &#234;tre un bien public aux Etats-Unis (Carmack, 2007).
Contre ce type de d&#233;rive, Maurice Allais estime que &#171; la cr&#233;ation mon&#233;taire doit relever de l'&#201;tat et de l'&#201;tat seul. Toute cr&#233;ation mon&#233;taire autre que la monnaie de base par la Banque centrale doit &#234;tre rendue impossible, de mani&#232;re que disparaissent les &#171; faux droits &#187; r&#233;sultant actuellement de la cr&#233;ation de monnaie bancaire (Allais, 1999 : 95). Selon A.-J. Holbecq : &#8220; Toute la monnaie n&#233;cessaire au d&#233;veloppement de l'&#233;conomie doit &#234;tre produite par la Banque centrale europ&#233;enne (BCE) (&#8230;) et tous les int&#233;r&#234;ts de toute la monnaie cr&#233;&#233;e dans le pass&#233; par les banques commerciales et par la BCE doit revenir aux &#201;tats de la zone euro et donc &#224; la population&#8230; C'est certainement plus de 350 milliards d'euros par an &#8221; &#224; l'&#233;chelon europ&#233;en (Holbecq, 2008).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B-LE POUVOIR HISTORIQUE DES BANQUES SUR L'ETAT FRANCAIS
Les banquiers financent le coup d'Etat de Napol&#233;on en &#233;change de la cr&#233;ation mon&#233;taire priv&#233;e
En Europe, on estime l'origine de la Banque moderne au 17&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle avec la cr&#233;ation des premi&#232;res banques centrales. Sans doute apr&#232;s avoir re&#231;u de l'argent des banquiers, Napol&#233;on Bonaparte (1769-1821) confessait que : &#171; Lorsqu'un gouvernement est d&#233;pendant des banquiers pour l'argent, ce sont ces derniers, et non les dirigeants du gouvernement qui contr&#244;lent la situation, puisque la main qui donne est au-dessus de la main qui re&#231;oit. [&#8230;] L'argent n'a pas de patrie ; les financiers n'ont pas de patriotisme et n'ont pas de d&#233;cence ; leur unique objectif est le gain &#187;. Celui-ci savait ce qu'il disait, car ce sont un ou des banquiers qui avaient financ&#233; le coup d'&#233;tat de Napol&#233;on contre l'acceptation des statuts d'une nouvelle banque qui progressivement se verraient octroyer le monopole de l'&#233;mission de la monnaie. Jean-Pierre Collot (1764-1853) est un financier et &#171; aurait pr&#234;t&#233; 800 000 francs-or pour financer le coup d'Etat de brumaire &#187;, et qui deviendra ensuite &#171; directeur de fabrication de la Monnaie de Paris sous la Restauration &#187; (Monnaie de Paris, 2004).
&#171; Fond&#233;e le 13 f&#233;vrier 1800, quelques semaines seulement apr&#232;s le coup d'Etat, la Banque de France, soci&#233;t&#233; priv&#233;e par actions dirig&#233;e par des r&#233;gents &#187;. Elle re&#231;oit alors le monopole de l'&#233;mission de la monnaie de papier en 1803 (Marseille). Les 200 membres de son Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale avaient ainsi le pouvoir de d&#233;signer 15 membres du Conseil de r&#233;gence de la Banque de France (Wolff, 1995).
Amchel Mayer Rothschild (1743-1812), dont la famille si&#233;geait parmi les r&#233;gents de la Banque de France et prosp&#233;rait d&#233;j&#224; depuis des dizaines d'ann&#233;es gr&#226;ce &#224; ses banques priv&#233;es affirmait ainsi : &#171; donnez-moi le contr&#244;le sur la monnaie d'une nation, et je n'aurai pas &#224; me soucier de ceux qui font ses lois &#187;. Thomas Jefferson, le 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; pr&#233;sident des Etats-Unis, d&#233;clara aussi &#224; ce propos : &#8220; Je crois sinc&#232;rement que des institutions bancaires sont plus dangereuses pour nos privil&#232;ges que des arm&#233;es institutionnelles. D&#233;j&#224; ils ont &#233;lev&#233; au sommet une riche aristocratie qui a d&#233;fi&#233; le Gouvernement. Le pouvoir d'&#233;mission devrait &#234;tre pris aux banques et redonn&#233; au peuple &#224; qui il appartient&#8221; (Jefferson, 1802).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>LA DOMINATION DES BANQUIERS AU C&#338;UR DES ETATS (suite)</title>
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&lt;p&gt;LA DOMINATION DES BANQUIERS AU C&#338;UR DES ETATS (suite) Les banquiers priv&#233;s placent leurs hommes au c&#339;ur des Etats et privatisent &#224; nouveau la cr&#233;ation mon&#233;taire George Pompidou, avant d'&#234;tre pr&#233;sident de la R&#233;publique &#233;tait un banquier. De 1945 &#224; son &#233;lection comme pr&#233;sident de la R&#233;publique en 1969. Pompidou exercera des fonctions au sein du gouvernement fran&#231;ais tout en continuant durant plusieurs p&#233;riodes travaill&#233;es au service de la banque Rotschild 1954 &#224; 1958 et de 1959 &#224; 1962. Le 8 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.paradisfj.info/-2009-.html" rel="directory"&gt;2009&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LA DOMINATION DES BANQUIERS AU C&#338;UR DES ETATS (suite)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les banquiers priv&#233;s placent leurs hommes au c&#339;ur des Etats et privatisent &#224; nouveau la cr&#233;ation mon&#233;taire
George Pompidou, avant d'&#234;tre pr&#233;sident de la R&#233;publique &#233;tait un banquier. De 1945 &#224; son &#233;lection comme pr&#233;sident de la R&#233;publique en 1969. Pompidou exercera des fonctions au sein du gouvernement fran&#231;ais tout en continuant durant plusieurs p&#233;riodes travaill&#233;es au service de la banque Rotschild 1954 &#224; 1958 et de 1959 &#224; 1962. Le 8 janvier 1959 il est devient Directeur g&#233;n&#233;ral de la Banque Rothschild. Pourtant, il sera n&#233;anmoins nomm&#233; en mars 1959 au Conseil constitutionnel o&#249; il si&#233;gera jusqu'en 1962. On observe donc &#224; nouveau un grave manque d'ind&#233;pendance entre les int&#233;r&#234;ts de l'Etat fran&#231;ais et ceux des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s des banques. Puis la banque de France a &#233;t&#233; nationalis&#233;e en 1945 par le G&#233;n&#233;ral de Gaule, donc durant cette p&#233;riode l'Etat retrouve le contr&#244;le sur le cr&#233;dit et sur la monnaie. Mais le pr&#233;sident Pompidou, l'homme des banquiers de l'&#233;poque, ne l'entend pas de cette oreille. L'article 25 de la loi du 3 janvier 1973, de Pompidou et Giscard d'Estaing, &#034;interdit au Tr&#233;sor public d'&#234;tre pr&#233;sentateur de ses propres effets &#224; l'escompte de la Banque de France&#034;. L'Etat fran&#231;ais bascule donc &#224; nouveau sous l'emprise financi&#232;re directe des banquiers priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les 200 familles les plus riches tenaient les finances de la France
Revenons, &#224; pr&#233;sent, un peu en arri&#232;re, pendant l'Entre-deux-guerres, afin de comprendre comment l'emprise des industriels et des banquiers s'exer&#231;ait d&#233;j&#224; sur l'Etat fran&#231;ais. A cette &#233;poque, le terme les &#171; deux cents familles &#187; d&#233;signait les deux cents plus gros actionnaires (sur pr&#232;s de 40.000) de la Banque de France. &#201;douard Daladier, pr&#233;sident du Conseil, lors du Congr&#232;s radical de Nantes en 1934 d&#233;clarait que &#171; deux cents familles sont ma&#238;tresses de l'&#233;conomie fran&#231;aise et, en fait, de la politique fran&#231;ais (&#8230;) Les deux cents familles placent au pouvoir leurs d&#233;l&#233;gu&#233;s. Elles interviennent sur l'opinion publique, car elles contr&#244;lent la presse &#187; (Daladier, 1934).
Dans les ann&#233;es 1920-1930, ce sont alors &#034;les 200 familles&#034; qui gouvernaient dans les faits, qui mettaient une politique ext&#233;rieure au servir d'une politique int&#233;rieure consacr&#233;e &#224; la guerre des salaires. Parmi les plus riches ont comptait d&#233;j&#224; la famille Seilli&#232;re (32 millions). C'est le &#171; comit&#233; des forges (acier) et des houill&#232;res qui disposaient de la plus grande influence avec la Famille De Wendel en premier lieu, mais aussi les Schneider, les Rothschild, les Wendel &#8230;(Ernest Antoine Seili&#232;res et Fran&#231;oise de Panafieu sont descendants des &#171; De Wendel &#187;) (S&#233;dillot, 1989). C'est le comit&#233; des forges est l'anc&#234;tre de l'UIMM (Union des m&#233;tiers et industries de la m&#233;tallurgie), qui est actuellement un des organes patronaux les plus puissants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le des banquiers dans la cr&#233;ation de l'Etat fasciste de Vichy
L'action de la Banque Worms (membre du r&#233;seau de la synarchie) pendant la guerre de 1940 est assez analogue aux r&#244;les des autres banques dans les gouvernements, que ce soit dans les Etats fascistes de l'&#233;poque. Le groupe Worms, un g&#233;ant du transport international, des compagnies mini&#232;res et des soci&#233;t&#233;s financi&#232;res et immobili&#232;res, tenait sous sa coupe directe plus de la moiti&#233; de l'industrie &#187; fran&#231;aise avant le 2&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; guerre mondiale. L'historienne Annie Lacroix Riz, profitant de l'ouverture des archives officielles &#224; d&#233;couvert qu'en France, la quasi-totalit&#233; des hommes qui arrivent au pouvoir avec le mar&#233;chal P&#233;tain avait appartenu &#224; l'&#233;quipe Worms, l'un des &#233;l&#233;ments cl&#233;s de cette organisation des financiers en France (Lacroix-Riz, 2006). Les services de renseignements britanniques durant la 2&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; guerre mondiale avaient d&#233;j&#224; rep&#233;r&#233; le r&#244;le du groupe Worms sur le gouvernement de Vichy. Ensuite, la synarchie se repose sur la Cagoule, une sorte de regroupement de membres des anciennes ligues. Cette derni&#232;re &#233;tait une organisation secr&#232;te fond&#233;e par Eug&#232;ne Deloncle et financ&#233;e par le patron de l'Or&#233;al, Eug&#232;ne Schuller. La synarchie mise sur le duo P&#233;tain-Laval jusqu'en 1941-1942, quand le vent commence &#224; tourner avec l'entr&#233;e en guerre des Etats-Unis. Apr&#232;s cela, la synarchie se rabat sur Darlan, qui devient le n&#176;2 du gouvernement de Vichy, successeur attendu de P&#233;tain, avant d'&#234;tre - fort opportun&#233;ment - assassin&#233; en d&#233;cembre 1942. Pendant son passage &#224; Vichy, il a fait rentrer toute une part de la banque Worms dans le gouvernement (Lacroix-Riz, 2006).
Dans le gouvernement du Front populaire de 1936, et malgr&#233; le fait que L&#233;on Blum pr&#244;nait une alliance avec Roosevelt, la synarchie s'&#233;tait infiltr&#233;e dans le minist&#232;re de l'Economie nationale (&#8230;). L'une des premi&#232;res t&#226;ches sera la mise en coupe r&#233;gl&#233;e de l'&#233;conomie en faveur des financiers. C'est ici qu'entre en sc&#232;ne le groupe Worms, dont trois membres participent &#224; la r&#233;daction du texte de la loi du 16 ao&#251;t 1940 : Ren&#233; Belin, Jacques Barnaud, Bichellone. Elle instaure une v&#233;ritable dictature &#233;tatiste de l'&#233;conomie, avec des comit&#233;s d'organisations pour chaque branche de l'industrie, dirig&#233;s par un seul chef et qui font l'interm&#233;diaire entre l'Etat et les entreprises. Cette loi du 16 ao&#251;t donne tout pouvoir &#224; l'Etat sur le patronat. Avec la loi du 16 ao&#251;t 1940, &#171; la synarchie bancaire se voit attribuer la totalit&#233; du pouvoir &#233;conomique aux d&#233;pens de ceux qui en tenaient jusqu'alors les principaux leviers, c'est-&#224;-dire le patronat industriel et ses organisations professionnelles. Tout se passe comme si, le 16 ao&#251;t 1940, &#224; la faveur de la d&#233;faite, le patronat &#233;tait pass&#233; enti&#232;rement sous la coupe des mafias bancaires &#187; explique Lacroix-Riz (2006).
On retrouve encore la Banque Worms &#224; pr&#233;sent. La soci&#233;t&#233; suisse Glencore et la banque fran&#231;aise Paribas (chef de file d'un pool d'une dizaine de banques, dont la BNP, Worms, la Banque populaire&#8230; ) sont au c&#339;ur du syst&#232;me de pr&#234;ts gag&#233;s sur le p&#233;trole futur de l'Angola (Verschave, 2001). Certains des membres et des repr&#233;sentants de ces diff&#233;rentes entreprises ont &#233;t&#233; inculp&#233;s dans le cadre du proc&#232;s de l'Angolagate qui a d&#233;but&#233; en 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C-LE POUVOIR POLITIQUE ET IDEOLOGIQUE DES BANQUIERS
le groupe Bilderberg fut cr&#233;&#233; en 1954, gr&#226;ce &#224; un cofinancement de Unilever et de la CIA . Selon un ancien d&#233;l&#233;gu&#233; du groupe, le consensus &#233;labor&#233; au sein de ce forum sert de base &#224; l'&#233;volution des politiques internationales. Bilderberg &#8220;compose la toile de fond des politiques qui sont mises en place par la suite. Ainsi, le Forum &#233;conomique mondial &#224; Davos en f&#233;vrier, les rencontres Bilderberg et du G8 en avril-mai et la conf&#233;rence annuelle du FMI et de la Banque Mondiale en septembre. Une sorte de consensus international &#233;merge (&#8230;). Ce consensus devient la toile de fond des communiqu&#233;s du G8 ; il inspire le FMI lorsqu'il impose le programme de r&#233;ajustement &#224; l'Indon&#233;sie, et la politique que le Pr&#233;sident am&#233;ricain propose au congr&#232;s&#8221; (Armstrong, 1998).
Le banquier, David Rockefeller fut le fondateur du Bilderberg, puis de la Commission Trilat&#233;rale. &#034;Ces deux lobbies sont les v&#233;ritables architectes de la mondialisation n&#233;o-lib&#233;rale&#8221; selon M. R. Jennar (2005). D. Rockefeller a d&#233;clar&#233; &#224; Newsweek international, &#8220;quelque chose doit remplacer les gouvernements et le pouvoir priv&#233; me semble l'entit&#233; ad&#233;quate pour le faire&#8221; (Rockefeller, 1999). &#8220;Ce m&#234;me personnage avait d&#233;clar&#233; huit ans plus t&#244;t devant la Commission Trilat&#233;rale : la souverainet&#233; supranationale d'une &#233;lite intellectuelle et de banquiers est pr&#233;f&#233;rable au principe d'autod&#233;termination des peuples&#8221; (Jennar, 2005 : 17). En effet, ces derniers sont consid&#233;r&#233;s par certaines &#233;lites, tels les certains experts de la gouvernance europ&#233;enne comme &#8220;ignorants, &#233;motifs et versatiles, comme nous le rapporte Hermet (2003 : 16). C'est donc, pour leur &#233;viter de commettre des erreurs nuisant &#224; l'int&#233;r&#234;t du peuple lui m&#234;me, que les &#233;lites proposent d'&#233;riger la gouvernance, par les seuls experts et les &#233;lites &#233;conomiques et politiques.
La banque Mondiale est souvent dirig&#233;es par d'anciens membres, issus des plus grandes banques priv&#233;es des Etats-Unis, ou de grandes transnationales. Par cons&#233;quent, les int&#233;r&#234;ts capitalistes des banquiers et des &#233;lites &#233;conomiques ont leurs gardiens et cheminent au c&#339;ur des pouvoirs publics internationaux. Robert Strange McNamara fut pr&#233;sident de la Banque Mondiale d'avril 1968 &#224; juin 1981. Les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dents sa nomination, McNamara, &#233;tait consid&#233;r&#233; comme l'un des plus importants hommes d'affaires des Etats-Unis et devient &#224; l'&#226;ge de 44 ans, pr&#233;sident de la Ford Motor Company. Depuis le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; juillet 2007, Robert Zoellick est le 10&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; pr&#233;sident de la Banque Mondiale. En 1997, il a &#233;t&#233; conseiller aux affaires internationales de la banque Goldman Sachs. Paul Wolfowitz fut le neuvi&#232;me pr&#233;sident de la Banque mondiale. Auparavant il a &#233;t&#233; homme d'affaires et a men&#233; une carri&#232;re de banquier. Puis a &#233;t&#233; pouss&#233; &#224; la d&#233;mission pour n&#233;potisme en 2007.
A la Banque Mondiale, l'id&#233;ologie n&#233;o-lib&#233;rale est h&#233;g&#233;monique, c'est donc dans le cadre de cette politique qu'elle entend exercer ce qu'elle nomme une &#8220;bonne gouvernance&#8221;. La &#034;bonne gouvernance&#034;, pour la Banque mondiale est aussi synonyme de bonne gestion du d&#233;veloppement&#8221; (World Bank, 1992). Marie Claude Smouts la qualifie &#8220;d'outil id&#233;ologique pour une politique de l'Etat minimum&#8221; (1998). Cependant, si cette politique se limite aux fonctions r&#233;galiennes, cela ne signifie pas un &#201;tat faible. Il s'agit en r&#233;alit&#233; d'un &#8220;&#201;tat gendarme&#8221; visant th&#233;oriquement &#224; faire respecter les r&#232;gles d'un march&#233; concurrentiel et les libert&#233;s individuelles. Les institutions de Breton Woods exercent un pouvoir politique et culturel. Le r&#244;le financier et &#233;conomique n'est que la partie &#233;merg&#233;e de l'iceberg. La partie immerg&#233;e rel&#232;ve donc de la foi, de la croyance, de la doctrine, du leadership intellectuel. Comme le dirait Pierre Bourdieu, la Banque est puissante parce qu'elle est capable d'&#233;changer constamment du capital &#233;conomique contre du capital symbolique et vice versa.
Susan George d&#233;crit la Banque comme &#171; la main invisible du &#034;programme&#034; plan&#233;taire mis en &#339;uvre par le capitalisme lib&#233;ral. Dans son livre Cr&#233;dits Sans Fronti&#232;res, elle attribue donc au Fond mon&#233;taire international et &#224; la Banque des attributs et un fonctionnement quasi religieux. La doctrine remplace alors l'argumentation, malgr&#233; le discours qui se veut scientifique c'est bien d'id&#233;ologie qu'il s'agit.
Un autre instrument de l'h&#233;g&#233;monie id&#233;ologique des n&#233;o-lib&#233;raux est leur aptitude &#224; la r&#233;cup&#233;ration et &#224; la manipulation conceptuelle, qui est relativement proche de la novlangue. La Banque utilise &#034;des mots solennels et des formules magiques pour transformer la r&#233;alit&#233; (George,1994 : 207). Face aux d&#233;fenseurs de l'environnement qui risquaient de mettre un terme &#224; la philosophie de la croissance illimit&#233;e, la Banque a utilis&#233; la notion de d&#233;veloppement durable en d&#233;cr&#233;tant &#034;la croissance durable&#034;. Celle-ci n'&#233;tait d&#232;s lors plus mena&#231;ante, l'id&#233;e de durabilit&#233; neutralisant le danger de destruction. &#034;Le mouvement de d&#233;fense de l'environnement qui craint pour son avenir s'est vu ainsi priv&#233; de ses armes conceptuelles&#034;(George, 94 :208). Derri&#232;re la politique de &#8220;bonne gouvernance&#8221;, la Banque Mondiale cherche aussi &#224; contraindre les pays &#224; bas salaires &#224; mener une bonne gestion, c'est-&#224;-dire &#224; appliquer les plans d'ajustements structurels (privatisations, restrictions des budgets sociaux&#8230;), bas&#233;s sur une politique &#233;conomique n&#233;o-lib&#233;rale. Ainsi, du fait du principe de conditionnalit&#233; auquel sont soumis les &#201;tats pour recevoir des pr&#234;ts de la Banque Mondiale, ceux-ci perdent la souverainet&#233; sur leur politique nationale (George, 1994 : 184). Cette entorse &#224; la souverainet&#233; du peuple est &#8220;camoufl&#233;e par les qualificatifs &#8220;d'empowerement&#8221; (la participation) et de &#8220;consensus&#034; avec la soci&#233;t&#233; civile (Hidouci, 2003 : 6).
La corruption limite la d&#233;mocratisation des &#201;tats. Pourtant, les institutions financi&#232;res internationales (IFI) agissent peu contre la corruption des dirigeants (lorsque les pr&#234;ts qu'elles octroient sont d&#233;tourn&#233;s) (Gueye 2003 : 38). La Banque Mondiale ne remet pas ou peu en cause sa politique &#233;conomique n&#233;o-lib&#233;rale, si ce n'est dans le discours. Elle se contente par exemple de rajouter &#224; la marge quelques &#8220;filets de s&#233;curit&#233;&#8221; pour les plus d&#233;munis. Ainsi a-t-elle d&#233;velopp&#233; une approche plus politique, la &#034;bonne gouvernance&#034;. Les directeurs de la Banque Mondiale ont quant &#224; eux aussi interrompu les pr&#234;ts &#224; diff&#233;rents pays lorsqu'ils se heurtaient aux int&#233;r&#234;ts des Etats Unis (m&#234;me si officiellement c'&#233;tait pour d'autres motifs) pr&#233;cise Eric Toussaint.. Dans le m&#234;me ordre d'id&#233;e, la Banque Mondiale a syst&#233;matiquement tent&#233; de mettre en &#233;chec les r&#233;gimes consid&#233;r&#233;s comme des menaces pour les int&#233;r&#234;ts am&#233;ricains Ce fut le cas contre le gouvernement du Guatemala de Jacobo Arbenz en 1954. A l'inverse La Banque Mondiale soutiendra ensuite la junte militaire qui renversera Jacobo Arbenz (Toussaint, Millet, 2007). Parmi d'autres exemples les plus connus en Afrique, citons la dictature de Mobutu au Zaire, celle de Idi Amin Dada en Ouganda, d'Habyarimana au Rwanda &#224; partir de 1973, d'Idris D&#233;by au Tchad (Toussaint, 2006).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#244;le du Franc-CFA dans la domination africaine La politique mon&#233;taire permet de jouer sur les importations et exportations. C'est un outil fondamental de la souverainet&#233;, comme l'est l'ind&#233;pendance militaire par exemple. Or, les Etats les africains n'ont pas cette libert&#233; d'action et donc cette ind&#233;pendance &#233;conomique et politique. La Banque de France et maintenant la Banque centrale europ&#233;enne avec l'euro ont d&#233;cid&#233; des d&#233;valuations et du moment o&#249; elles ont eu lieu. Un gouverneur de la Banque de France dispose du droit de veto, sur les politiques de la Banque Centrale africaine francophone en mati&#232;re mon&#233;taire. L'Afrique francophone est donc ainsi d&#233;poss&#233;d&#233;e de se souverainet&#233; mon&#233;taire et donc &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3-LA DETTE : INSTRUMENT DE DOMINATION DES PAYS RICHES
La dette publique : une opportunit&#233; pour les rentiers
L'accroissement de la dette publique en France b&#233;n&#233;ficie aussi aux actionnaires, aux rentiers (que Keynes qualifiait de parasites) parce qu'ils s'enrichissent gr&#226;ce &#224; la production concr&#232;te des autres acteurs (industrie, agriculture, ouvriers&#8230;) et cela simplement parce qu'ils disposent de biens financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dette des PED : un instrument d'enrichissement des pays industrialis&#233;s
Contrairement &#224; ce que l'opinion publique pense g&#233;n&#233;ralement, les flux financiers les plus importants vont donc du Sud vers le Nord. C'est finalement les plus pauvres qui aident les plus riches. En 2002, les flux (transfert des ressources (dons et pr&#234;t) du Sud vers les Nord repr&#233;sentaient 200 milliards $ en 2002. En 2004, tandis que l'aide publique au d&#233;veloppement de l'OCDE pour les PED s'&#233;levait &#224; 78 milliards $, le service de la dette ext&#233;rieure des PED repr&#233;sentait 374 milliards $ par cons&#233;quent, les flux financiers allant du Sud vers le Nord &#233;taient 4,7 fois sup&#233;rieurs aux flux allant du Nord vers le Sud (Banque Mondiale, 2005) En 2003, l'APD l'&#233;levait &#224; 54 M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;ds&lt;/sup&gt; $ et le remboursement &#224; 436 M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;ds&lt;/sup&gt;, soit 8 fois plus (Ziegler, 2005).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dette g&#233;r&#233;e par la Banque mondiale est parfois ill&#233;gale
&#034;Au moment de l'ind&#233;pendance du Gabon en 1960, la Banque Mondiale a transf&#233;r&#233; &#224; ce pays les dettes pr&#233;c&#233;demment contract&#233;es par la France pour la colonisation du Gabon, ce qui est en violation compl&#232;te des r&#232;gles du droit international. Depuis, la mainmise des dirigeants fran&#231;ais sur l'&#233;conomie gabonaise ne s'est jamais d&#233;mentie : Omar Bongo en est avant tout le garant. Une dette constitu&#233;e dans ces conditions est ill&#233;gitime et n'a pas &#224; &#234;tre rembours&#233;e&#034; (Toussaint, 2006).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les narcodollars au service de la dette
Enfin, de nombreux pays consid&#233;r&#233;s comme les bons &#233;l&#232;ves du FMI et de la Banque Mondiale n'ont vraisemblablement r&#233;ussi &#224; &#233;quilibrer leur &#233;conomie que gr&#226;ce &#224; la production et &#224; la vente de la drogue. Concernant la Bolivie par exemple, selon Patrick PIRO &#171; aucun &#233;conomiste n'est dupe de ce miracle, c'est bien gr&#226;ce &#224; la coca et &#224; la coca&#239;ne que le pays n'a pas vol&#233; en &#233;clat. Le trafic de la drogue a donn&#233; au pays des devises n&#233;cessaires au paiement de la dette. Il a aussi permis d'&#233;viter une explosion sociale, en offrant des emplois &#224; des dizaines de milliers de ch&#244;meurs &#187; (Piro, 1994 : 8)
Les dirigeants des pays de l'OCDE sont inform&#233;s de cette r&#233;alit&#233;. Mais le service de la dette reste apparemment prioritaire pour eux, par rapport &#224; la mise en &#339;uvre de leur d&#233;claration visant &#224; lutter contre le d&#233;veloppement du march&#233; de la drogue et &#224; son blanchiment dans des paradis fiscaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une aide (APD) aux pays industrialis&#233;s, plut&#244;t qu'aux PED
Boisgallais &#233;value, entre 1 &#224; 5%, l'aide publique bilat&#233;rale qui parvient r&#233;ellement &#224; la population, le reste partant en direction de construction d'infrastructure destin&#233;e &#224; servir nos int&#233;r&#234;ts. Moins de 1% de l'APD bilat&#233;rale est consacr&#233;e aux ONG (Boisgallais, 1994).
Selon Politis, le reste de l'aide bilat&#233;rale fran&#231;aise se r&#233;partit globalement ainsi :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; 30 &#224; 40% environ, pour les op&#233;rations de r&#233;&#233;chelonnement de la dette ou r&#233;vision des taux d'int&#233;r&#234;ts et parfois annulation partielle de dette.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 20 &#224; 25 % pour le salaire des coop&#233;rants pour des projets techniques, scientifiques, ou culturels, avec un salaire moyen de 4500 &#224; 23 000 euros par mois. On comptait 3250 coop&#233;rants en 2001.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 15 &#224; 25 % pour la promotion de la francophonie.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 5 &#224; 10 % pour l'aide financi&#232;re aux projets pour l'&#233;tude et la r&#233;alisation d'&#233;quipements, d'infrastructure des transnationales fran&#231;aises.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 3 % destin&#233; &#224; l'arm&#233;e, avec l'envoi de professionnels fran&#231;ais pour former l'arm&#233;e locale, la gendarmerie&#8230;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 1 % pour l'aide budg&#233;taire, c'est &#224; dire, les dons vers&#233;s directement &#224; un Etat, mais le parlement fran&#231;ais n'en n' est jamais inform&#233;.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; 1 % pour le soutien au PAS (les plans d'ajustement structurels) de la Banque Mondiale et du FMI ( Politis, 1998).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;La COFACE assure les risques des entreprises fran&#231;aises des entreprises investissant &#224; l'&#233;tranger. Elle permet une privatisation des gains et la mutualisation des pertes. Or, 'l'Etat fran&#231;ais qui engage chaque ann&#233;e, 9,2 milliards E d'argent public au travers de la COFACE (dont une grande partie de l'APD), a ainsi pay&#233; plus de 15 milliards E en 20 ans pour couvrir les d&#233;ficits de cette agence, sans que personne n'ait v&#233;rifi&#233; l'efficacit&#233; des contrats pass&#233;s&#034; (Brun, Politis, 1998).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dettes de d&#233;veloppement : le co&#251;t des &#171; &#233;l&#233;phants blancs &#187;
&#171; Ce sont des dettes contract&#233;es pour r&#233;aliser des projets de d&#233;veloppement qui ont &#233;chou&#233; ou dont les cons&#233;quences humaines ou environnementales se sont r&#233;v&#233;l&#233;es n&#233;fastes &#224; cause d'un manque d'&#233;tudes pr&#233;alables &#187; (Ramos, 2008 : 108). C'est-&#224;-dire ce que l'on qualifie parfois &#171; d'&#233;l&#233;phant blanc &#187;, de grand projets qui b&#233;n&#233;ficient au gouvernement et &#224; l'entreprise priv&#233;e, mais pas au population. Par exemple, les hopitaux high tech, o&#249; l'Etat n'a pas pr&#233;vu le financement des salaires et de la maintenance et qui sont laiss&#233;s &#224; l'abandon.
C'est aussi le cas de d'Africa ONE, un projet de 2 milliards de dollars mis en place dans le cadre d'un partenariat AT&amp;T - UIT - op&#233;rateurs priv&#233;s et &#201;tats africains, qui a compl&#232;tement &#233;chou&#233;, engloutissant des dizaines de millions de dollars. De m&#234;me, WorldCom, v&#233;ritable effigie n&#233;olib&#233;rale devenu premier op&#233;rateur mondial en capitalisation boursi&#232;re et grand pr&#233;dateur des op&#233;rateurs de t&#233;l&#233;communications et qui a caus&#233; la plus grande faillite de l'histoire des USA et le plus grand d&#233;tournement financier jamais enregistr&#233;, plus de 11 milliards de dollars (Fullsack, f&#233;vrier 2005).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;lits d'initi&#233;s au service d'op&#233;ration sp&#233;culative sur la dette publique
Dans les ann&#233;es 90, la Fiba, la banque d'Elf (ferm&#233;e suite au proc&#232;s Elf) a rachet&#233; au rabais les cr&#233;ances du Congo d&#233;tenues par les banques &#233;trang&#232;res, afin de se les faire rembourser par la Caisse congolaise d'amortissement. Apr&#232;s avoir r&#233;cup&#233;r&#233; ces dettes gag&#233;es sur p&#233;trole, elle empoche le rabais, une d&#233;cote de 90, &#224; 95% ! (LDC, 2.10.1997). Gr&#226;ce &#224; ses appuis au sein de l'Etat Congolais et &#224; &#034;la complicit&#233; de toutes les parties prenantes, sur le dos des finances publiques&#034;, Elf savait qu'elle pourrait se faire rembourser (Verschave, 2001 : 43).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ETN aux commandes des Etats gr&#226;ce &#224; la gestion de la dette publique L'&#233;t&#233; 1994, Lissouba, le pr&#233;sident du Congo-B confie &#224; Elf la responsabilit&#233; de g&#233;rer la dette p&#233;troli&#232;re du pays. On observe une totale manque d'ind&#233;pendance de l'Etat. En effet, Elf devient ainsi &#224; la fois client de l'Etat et gestionnaire de son budget. (Verschave, 2001 : 44). Une entreprise capitaliste priv&#233;e a ainsi fait main mise sur un Etat. L'association Survie (2006) a ainsi propos&#233; plusieurs propositions pour d&#233;mocratiser la coop&#233;ration fran&#231;aise, tel que r&#233;aliser un audit sur l'aide publique au d&#233;veloppement, contr&#244;ler et rendre plus transparente la coop&#233;ration fran&#231;aise et int&#233;grer la soci&#233;t&#233; civile dans les politiques bilat&#233;rales de coop&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;
Ce sont autant le pouvoir et les causes politico-id&#233;ologiques que le pouvoir et les causes &#233;conomiques qui peuvent expliquer les in&#233;galit&#233;s actuelles mondiales. En particulier, c'est le pouvoir politique des propri&#233;taires des biens &#233;conomiques (finance et moyens de production), (les capitalistes) qui domine largement le pouvoir politique des dirigeants des pouvoirs publics. Il s'agit de la gouvernance &#233;conomique, financi&#232;re, id&#233;ologique et de la gouvernance par les pouvoirs publics (nationaux et internationaux). Le second niveau du pouvoir ou de la gouvernance regroupe la gouvernance par la violence (polici&#232;re, militaire&#8230;), le pouvoir relationnel (les r&#233;seaux) et la gouvernance nationaliste (imp&#233;rialiste).
La dimension ill&#233;gale vient donc renforcer les carences de la gouvernance non-d&#233;mocratique, mais reste finalement secondaire au plan quantitatif, m&#234;me si elle semble largement sous-estim&#233;e. De plus, un d&#233;lit, m&#234;me petit et rare, commis par un &#233;lu du peuple devrait faire r&#233;agir les citoyens et les m&#233;dias. Or, en particulier en France c'est souvent passer sous silence. Enfin, si le capitalisme &#233;conomique et politique peut expliquer la situation mondiale actuelle d'in&#233;galit&#233; extr&#234;me, le lib&#233;ralisme (avec sa d&#233;r&#233;gulation) ne vient que le renforcer, en accentuant encore les tendances vers le non respect des r&#232;gles de certains des &#233;lites (la corruption).&lt;/p&gt;
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		<title>Les paradis fiscaux : un probl&#232;me r&#233;fract&#233;</title>
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&lt;p&gt;Octobre 2009 &#233;ditorial par A D Les paradis fiscaux : un probl&#232;me r&#233;fract&#233; Non seulement le d&#233;bat printanier autour des paradis fiscaux et judiciaires tend-il &#224; en pr&#233;senter la &#171; fin &#187; alors qu'on commence &#224; peine &#224; en d&#233;couvrir l'immensit&#233; du probl&#232;me, mais il contribue de surcro&#238;t &#224; isoler la question offshore comme si elle &#233;tait ferm&#233;e sur elle-m&#234;me. Or, on ne saurait, selon l'alignement des points d'instincts d'un ordre du jour bien ordonnanc&#233;, isoler le probl&#232;me offshore d'autres (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.paradisfj.info/-2009-.html" rel="directory"&gt;2009&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Octobre 2009 &#233;ditorial par A D&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les paradis fiscaux : un probl&#232;me r&#233;fract&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement le d&#233;bat printanier autour des paradis fiscaux et judiciaires tend-il &#224; en pr&#233;senter la &#171; fin &#187; alors qu'on commence &#224; peine &#224; en d&#233;couvrir l'immensit&#233; du probl&#232;me, mais il contribue de surcro&#238;t &#224; isoler la question offshore comme si elle &#233;tait ferm&#233;e sur elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, on ne saurait, selon l'alignement des points d'instincts d'un ordre du jour bien ordonnanc&#233;, isoler le probl&#232;me offshore d'autres enjeux tels que les soubresauts de l'&#233;conomie r&#233;elle du fait de l'intense sp&#233;culation boursi&#232;re ; les mouvements migratoires du Sud au Nord &#233;tant donn&#233; l'appauvrissement de pays all&#232;grement pill&#233;s par leurs dictateurs, les multinationales &#233;trang&#232;res et les r&#233;gimes qui les soutiennent ; les grands trafics criminels ; les d&#233;ficits budg&#233;taires des &#201;tats du Nord ou l'&#233;vasion fiscale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question des paradis fiscaux n'est un enjeu en soi qu'en tant qu'il traverse tous les secteurs de la vie publique. C'est donc le fondement politique des r&#233;gimes qui disent lutter contre eux, et donc celui de leurs populations, qui se trouve questionn&#233; par ce probl&#232;me. Car, subrepticement, la souverainet&#233; offshore qui s'impose aujourd'hui, et qui se traduit par les d&#233;cisions que prennent les acteurs nantis et puissants capables d'op&#233;rer techniquement depuis les &#201;tats de complaisance, en est &#224; faire perdre aux &#201;tats traditionnels le peu d'impact qu'ils avaient sur la d&#233;fense du bien commun et la redistribution des richesses. Que vaut d&#233;sormais une mesure environnementale, une norme professionnelle, un imp&#244;t vou&#233; &#224; financer le tr&#233;sor public ou une commission de surveillance sur des trafics illicites quand, &#224; l'ext&#233;rieur, des juridictions par dizaines accueillent sur papier acteurs et actifs qui &#233;voluent ind&#233;pendamment de toutes ces contraintes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces questions ne se trouvent pas seulement pos&#233;es comme relevant d'un probl&#232;me en soi, mais elles trouvent leurs r&#233;percussions dans tous les secteurs d'activit&#233;s concern&#233;s. C'est-&#224;-dire que les paradis fiscaux et judiciaires se r&#233;v&#232;lent en ce si&#232;cle un probl&#232;me r&#233;fract&#233;. Ils affectent &#224; peu pr&#232;s tous les domaines de l'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'entend donc que la cause de la d&#233;mocratie &#8211; car c'est bien &#224; terme cela que les &#201;tats de complaisance mettent en p&#233;ril &#8211; ne doit pas seulement se trouver d&#233;fendue, eu &#233;gard &#224; la probl&#233;matique offshore comme telle, par des citoyens qui se mobiliseraient th&#233;matiquement sur ce point seulement. Puisque les paradis fiscaux affectent tous les secteurs d'activit&#233;s, ce sont au contraire tous les acteurs des sph&#232;res concern&#233;es qui seront amen&#233;s, ces ann&#233;es-ci, &#224; les consid&#233;rer au titre d'un probl&#232;me dans leur champ respectif. D&#233;j&#224; quant au financement du bien public, les groupes qui se penchent sur des questions aussi vari&#233;es que le transport en commun, l'&#233;ducation publique ou l'assurance maladie universelle peuvent consid&#233;rer que le manque &#224; gagner dans les budgets qui concernent les dossiers qui les int&#233;ressent a &#224; voir avec les &#233;chappatoires fiscales offshore et le dumping fiscal qu'ils entra&#238;nent dans nos juridictions. Il en va de m&#234;me pour les groupes communautaires &#339;uvrant dans le domaine de la d&#233;sintoxication ou les associations de d&#233;fense des sans-papiers, tout comme bien entendu les militants pour l'&#233;quit&#233; entre le Nord et le Sud, sans parler des enqu&#234;teurs judiciaires ou inspecteurs des imp&#244;ts. Les syndicats ont &#233;galement, chaque jour, mille raisons d'aborder de fa&#231;on critique le r&#244;le que jouent les paradis fiscaux dans les dossiers qu'ils d&#233;fendent, de m&#234;me que les &#233;pargnants qui se trouvent &#224; tout moment potentiellement flou&#233;s par des investisseurs hasardeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le secret dans lequel se trouvent d&#233;cid&#233;s des mesures et des actions offshore, soustraits &#224; la politique, est de nature, parce que tout le monde s'en trouve &#224; terme concern&#233;, &#224; susciter interrogations et mobilisation de la part de quiconque ayant encore quelque peu conscience des liens qu'il continue d'y avoir entre ses centres d'int&#233;r&#234;ts et le bien commun.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Paradis fiscaux : L'&#233;croulement en s&#233;rie de pyramides de Ponzi t&#233;moigne de l'ampleur du probl&#232;me</title>
		<link>http://www.paradisfj.info/Paradis-fiscaux-L-ecroulement-en-serie-de-pyramides-de-Ponzi-temoigne-de-l.html</link>
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		<dc:date>2009-09-02T18:05:23Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Septembre 2009 &#233;ditorial par A D Paradis fiscaux : L'&#233;croulement en s&#233;rie de pyramides de pyramides de Ponzi t&#233;moigne de l'ampleur du probl&#232;me &#192; en croire certains m&#233;dias, &#171; c'est fini &#187;. Avant m&#234;me qu'ils n'aient jamais eu &#224; se mesurer v&#233;ritablement au probl&#232;me dont ils annoncent le caract&#232;re caduc. L'&#233;t&#233; 2009 marquerait ainsi &#171; la fin du secret bancaire &#187; et celui-l&#224; m&#234;me des paradis fiscaux. La r&#233;activation des listes de l'Organisation de coop&#233;ration et de d&#233;veloppement &#233;conomique (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.paradisfj.info/-2009-.html" rel="directory"&gt;2009&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Septembre 2009 &#233;ditorial par A D&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paradis fiscaux : L'&#233;croulement en s&#233;rie de pyramides de pyramides de Ponzi t&#233;moigne de l'ampleur du probl&#232;me&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; en croire certains m&#233;dias, &#171; c'est fini &#187;. Avant m&#234;me qu'ils n'aient jamais eu &#224; se mesurer v&#233;ritablement au probl&#232;me dont ils annoncent le caract&#232;re caduc. L'&#233;t&#233; 2009 marquerait ainsi &#171; la fin du secret bancaire &#187; et celui-l&#224; m&#234;me des paradis fiscaux. La r&#233;activation des listes de l'Organisation de coop&#233;ration et de d&#233;veloppement &#233;conomique (OCDE), quelques phrases-chocs au Sommet du G-20 et une entente hors-cour entre l'Union des banques suisses (UBS) et les autorit&#233;s &#233;tats-uniennes suffiraient &#224; clore le dossier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, il y a moult raisons de se r&#233;jouir des avanc&#233;es des derniers mois. Ne serait-ce que du point de vue de l'ordre du jour en vigueur dans les affaires publiques. Les paradis fiscaux sont d&#233;sormais une question de l'actualit&#233; qu'on ne pr&#233;sente plus. On d&#233;bat maintenant largement du probl&#232;me qu'ils constituent, au moins en mati&#232;re fiscale. Surtout, on remet en cause &#224; l'&#233;chelle internationale les d&#233;finitions l&#233;gales en vigueur dans les juridictions de complaisance, autour de termes tels que l'&#171; &#233;vasion &#187; et la &#171; fraude &#187; fiscales. On sait par exemple que la Conf&#233;d&#233;ration helv&#233;tique s'engageait &#224; ce jour &#224; fournir des renseignements sur les cas de &#171; fraude &#187; en vertu seulement de ce qu'elle d&#233;finissait, elle, &#224; ce titre. Le nouvel accord de coop&#233;ration judiciaire qu'elle a sign&#233; avec les &#201;tats-Unis la contraindra &#224; consid&#233;rer les termes de la partie am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais loin d'&#234;tre clos, le dossier souffre au contraire d'une p&#233;nurie de documents et de r&#233;f&#233;rences. L'OCDE et le G-20 a stigmatis&#233; une liste restreinte de paradis fiscaux seulement, en omettant la City de Londres, les centres financiers chinois et les juridictions offshore &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me des &#201;tats-Unis. Pis, on tend toujours &#224; r&#233;duire publiquement la question offshore &#224; la seule question fiscale, en insistant de surcro&#238;t sur les fraudes commises par des particuliers. Or, s'il s'agit d'aborder le probl&#232;me du point de vue de la fiscalit&#233;, les stratag&#232;mes l&#233;galis&#233;s ou non des grandes soci&#233;t&#233;s multinationales sont celles qui, de loin, expliquent le manque &#224; gagner des &#201;tats en mati&#232;re budg&#233;taire, au Nord comme au Sud. Qui plus est, l'activit&#233; offshore en tant que telle se trouve tout &#224; fait ignor&#233;e, comme si une fois &#171; enfui &#187;, l'argent de l'&#171; &#233;vasion &#187; fiscale se trouvant &#171; offshore &#187; &#233;tait planqu&#233; dans des &#238;les d&#233;sertes &#224; la mani&#232;re des tr&#233;sors que dissimulaient jadis les pirates. Comme si on n'en faisait aucun usage depuis les lieux d'enregistrement comptable des paradis fiscaux. C'est pourtant l&#224; que les probl&#232;mes commencent. O&#249;, dans quelles fili&#232;res et &#224; quelles fins investit-on la moiti&#233; du stock mondial d'argent qui y transite ? La question est d'autant plus vive que les fili&#232;res criminelles de l'&#233;poque blanchissent massivement et impun&#233;ment leur argent dans les centres offshore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, le probl&#232;me offshore est loin de sa &#171; fin &#187;. Et pour nous le rappeler, il suffit de lire les d&#233;p&#234;ches de ces m&#234;mes journaux qui l'enterrent en somnambules. Depuis la fin 2008, la crise financi&#232;re que l'on sait am&#232;ne les acteurs &#233;conomiques &#224; concentrer leurs actifs en r&#233;cup&#233;rant des placements qu'ils ont faits &#231;&#224;-et-l&#224;. Ces mouvements de capitaux mettent &#224; nu des fraudeurs insoup&#231;onn&#233;s, soit des auteurs de &#171; pyramides de Ponzi &#187; tels que Bernard Madoff, qui feignent d'administrer l'argent qu'on leur confie alors qu'ils puisent seulement dans le lot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre cas au moins ont &#233;t&#233; port&#233;s &#224; l'attention du public depuis quelques mois seulement. Les quatre concernent les paradis fiscaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas Madoff est particuli&#232;rement &#233;loquent. L'&#233;tude des journalistes Gubert et Saint-Martin sur cet ancien pr&#233;sident du Nasdaq, condamn&#233; cette ann&#233;e pour une fraude de plusieurs dizaines de milliards $, r&#233;v&#232;le que les courtiers europ&#233;ens en lien avec lui g&#233;raient leurs fonds depuis des comptes de la BNP-Paribas au Luxembourg. Or, cette information n'est pas anodine. Elle ne concerne plus le probl&#232;me du secret bancaire, mais la fa&#231;on dont les paradis fiscaux accueillent les capitaux &#233;trangers sans s'enqu&#233;rir de la nature des transactions en cause. Le Luxembourg &#171; d&#233;roule le tapis rouge &#224; tous ceux qui ont de l'argent. Une sicav [soci&#233;t&#233; d'investissement &#224; capital variable] peut donc &#234;tre cr&#233;&#233;e administrativement en quelques jours. Et recevoir son agr&#233;ment en quelques semaines. Alors qu'en France, les m&#234;mes d&#233;marches prennent un temps fou. &#187;1 Cette structure cr&#233;&#233;e en moins de deux a largement facilit&#233; les transactions entre les gestionnaires de fonds europ&#233;ens de capitaux et Bernard Madoff.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On apprenait quelques temps plus tard l'&#233;croulement d'une autre &#171; pyramide &#187; de ce genre, cette fois l'&#339;uvre d'une banque priv&#233;e de l'affairiste texan Allen Stanford, sise &#224; Antigua. Il aurait orchestr&#233; une fraude &#233;valu&#233;e &#224; quelque neuf milliards $us &#171; par sa banque, la Stanford International Bank, &#233;tablie &#224; Antigua, avec l'aide de responsables de celle-ci et d'un r&#233;gulateur financier de cette &#238;le des Cara&#239;bes &#187;2. Standford doit &#224; cette banque d'&#234;tre la plus importante de l'&#238;le&#8230; parce qu'il est lui-m&#234;me le ma&#238;tre d'&#339;uvre des structures bancaires de ce paradis fiscal et qu'il si&#233;geait lui-m&#234;me dans ses structures de &#171; surveillance &#187;. Ses activit&#233;s auraient &#233;galement concern&#233; le blanchiment de fonds provenant du trafic de la drogue3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, au Qu&#233;bec, coup sur coup, deux autres cas pr&#233;sum&#233;s de fraude se sont d&#233;clar&#233;s. Earl Jones aurait abus&#233; d'&#233;pargnants de tous genres en leur soutirant 50 millions $can. On croit pour le moment savoir que 500 000 $ se trouvent dans un compte des Bermudes : &#171; Le syndic veut obtenir un mandat du gouvernement de ce paradis fiscal pour voir s'il reste encore des fonds dans le compte en question &#187;4. L'Autorit&#233; des march&#233;s financiers (AMF) &#8211; le gendarme qu&#233;b&#233;cois de la bourse &#8211; s'est rapidement disculp&#233;e en signalant que ce pr&#233;tendu conseiller financier ne s'est jamais enregistr&#233; aupr&#232;s d'elle, comme le stipule la loi. Ce faisant, non seulement les faits trouvaient-ils &#224; indiquer d'eux-m&#234;mes que ladite loi semble fort peu contraindre ceux qui ne l'observent pas, mais une autre pyramide de Ponzi s'affaissant les jours suivants au Qu&#233;bec, concernant cette fois un administrateur d&#251;ment inscrit &#224; l'AMF, allait r&#233;v&#233;ler la vanit&#233; de l'argument en question5. Des &#233;pargnants repr&#233;sent&#233;s par l'avocat Jacob L. Rothman ont plac&#233; leurs actifs dans une firme enregistr&#233;e aux Bahamas, Progressive Management. Celle-ci n'existerait plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces cas font actuellement notre actualit&#233;, sans parler de ce &#171; coup de filet &#187; aux &#201;tats-Unis : &#171; Une quarantaine d'&#233;lus locaux et cinq rabbins ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s hier dans la banlieue de New York lors du d&#233;mant&#232;lement d'un r&#233;seau de corruption ayant des ramifications jusqu'en Isra&#235;l et en Suisse. [&#8230;] Les autorit&#233;s soup&#231;onnent les pr&#233;venus de corruption, d'extorsion de fonds, de blanchiment d'argent et de trafic d'organes. &#187;6&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il s'agit encore de dire la &#171; fin des paradis &#187;, c'est en fonction de leurs nombreuses et probl&#233;matiques finalit&#233;s, lesquelles n'ont pas encore re&#231;u toute l'attention qu'elles m&#233;ritent de la part des autorit&#233;s publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 Romain Gubert et Emmanuel Saint-Martin, &#171; Et surtout, n'en parlez &#224; personne&#8230; &#187;, Au c&#339;ur du gang Madoff, Paris, Albin Michel, 2009, p. 84.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2 Tabassum Zakaria, &#171; Allen Stanford accus&#233; d'une fraude de 7 milliards &#187;, Reuters, repris in Montr&#233;al, Le Devoir, 20 juin 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 G. Favarel-Garrigues, T. Godefroy et P. Lascoumes, Les sentinelles de l'argent sale, op. cit., 276.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 &#171; Justice : Earl Jones officiellement en faillite &#187;, Yahoo Finances, 19 aout 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5 &#171; Fraude pyramidale, Soup&#231;ons d'une nouvelle escroquerie &#187;, Montr&#233;al, Soci&#233;t&#233; Radio-Canada, le 31 juillet 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 &#171; Coup de filet anti-corruption pr&#232;s de New York &#187;, d&#233;p&#234;che de l'Agence France-presse reprise in Montr&#233;al, Le Devoir, le 24 juillet 2009.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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