Paradis fiscaux et judiciaires

Naufrage du Sokalique : les Kiribati autorisent l’immobilisation de l’Ocean Jasper à Brest

mercredi 22 août 2007

22/08/2007 00:04

BREST (AFP) - Naufrage du Sokalique : les Kiribati autorisent l’immobilisation de l’Ocean Jasper à Brest

La décision des Kiribati d’autoriser l’immobilisation de l’Ocean Jasper à Brest pour l’enquête sur le naufrage du Sokalique a reçu mardi un accueil mitigé des milieux professionnels, qui souhaitent surtout voir l’équipage du cargo kiribatien jugé en France.

Le président Nicolas Sarkozy, qui assistera mercredi aux obsèques du patron du Sokalique, devrait évoquer cette question lors d’un prochain contact téléphonique avec son homologue des Kiribati, M. Anote Tong, a indiqué mardi l’Elysée.

Le porte-parole de la Présidence, David Martinon, a annoncé que la France avait "obtenu l’accord des autorités de Kiribati d’une part pour immobiliser au port de Brest le navire Ocean Jasper (...) et d’autre part pour que les autorités françaises conduisent l’enquête".

C’est un "geste de compréhension" des Kiribati mais qui n’apporte pas "un plus considérable", a estimé mardi le procureur de Morlaix en charge de l’enquête sur la collision vendredi au large de la Bretagne entre l’Ocean Jasper et le Sokalique, un caseyeur de Roscoff (Finistère).

Six des sept marins du bateau de pêche français ont pu être sauvés, mais son patron, Bernard Jobard, a péri dans l’accident. Le cargo kiribatien ne s’est pas arrêté après la collision, se rendant coupable d’un délit de fuite selon les premiers témoignages recueillis par la justice.

"Mon enquête sera terminée, sans doute jeudi, avant que la question de levée de l’immobilisation se pose", a expliqué à l’AFP Laurent Fichot, procureur de la République de Morlaix.

Indépendamment de l’enquête judiciaire en cours sur le naufrage du Sokalique, le cargo kiribatien est en effet immobilisé pour "toute la semaine, et a priori la semaine prochaine" sur décision du centre de sécurité des navires de Brest, qui a relevé diverses infractions techniques et administratives à bord du navire, a rappelé le procureur.

Selon l’Elysée, Paris a également demandé aux autorités des Kiribati de "transférer la compétence judiciaire en France", ce qui permettrait un jugement de l’équipage de l’Ocean Jasper sur le territoire français. La collision ayant eu lieu dans les eaux internationales, l’équipage doit en principe être jugé aux Kiribati où est immatriculé le cargo, sauf si ce pays accepte de se dessaisir du dossier au profit de la France.

Les autorités des Kiribati "comprennent parfaitement notre détermination à ce que justice soit faite rapidement", a noté M. Martinon en précisant que le président Sarkozy aurait un "contact téléphonique" le week-end prochain sur ce dossier avec son homologue kiribatien.

La décision des Kiribati constitue "un premier pas positif, mais il ne faudrait pas qu’il reste sans effet et qu’une enquête menée avec efficacité se perde dans les îles lointaines", a déclaré mardi à l’AFP Me François-Xavier Michel, avocat d’Yvette Jobard, la veuve du patron du Sokalique.

Le président du comité des pêches de Bretagne, André Le Berre, a estimé de son côté que "le gouvernement a fait son travail" en obtenant un premier geste des Kiribati, mais il a averti que "tout le port sera bloqué" si le cargo était autorisé à quitter Brest à l’issue de l’enquête judiciaire.

Jean-Paul Hellequin, de la CGT des marins de Brest, s’est félicité lui aussi d’une "première victoire contre la complaisance", mais a souhaité que la diplomatie "aille jusqu’au bout pour obtenir un procès en France".

© AFP

Publié avec l’aimable autorisation de l’Agence France Presse.

Visitez le site de l’Agence France Presse.


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 1449 / 110863

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Les pavillons de complaisance  Suivre la vie du site Le naufrage du Sokalique   ?

Site réalisé avec SPIP 3.0.17 + AHUNTSIC

Creative Commons License