Paradis fiscaux et judiciaires

Au procès de l’affaire Karachi, mensonges, millions et machine à billets

jeudi 28 janvier 2021 par paradisfj.info

Société
Affaire Karachi

Au procès de l’affaire Karachi, mensonges, millions et machine à billets

La journée de mercredi 27 janvier a été marquée par l’audition de René Galy-Dejean, ancien trésorier de campagne d’Edouard Balladur, dont les versions ont varié au cours de l’instruction.

Par Béatrice Gurrey
Publié aujourd’hui à 10h13, mis à jour à 11h56

Pour l’emploi du subjonctif, la Cour de justice de la République (CJR) a été servie, mercredi 27 janvier. Sans faute, bien entendu, par Edouard Balladur : « J’aurais pris le risque de me prêter à des opérations frauduleuses, à hauteur de 600 millions de francs, pour que me fussent alloués 10 millions ? ». Puis, de manière plus hasardeuse, par son ancien chef de cabinet à Matignon, Pierre Mongin, à propos de l’Aficeb, Association pour le financement de la campagne d’Edouard Balladur : « Je ne savais même pas qu’elle existât ! ».

Pour le dévoilement de la vérité, en revanche, il faudra attendre. L’ancien premier ministre, 91 ans, et son ancien ministre de la défense, François Léotard, 78 ans, sont jugés par la CJR depuis le 19 janvier pour recel d’abus de biens sociaux (ABS) et complicité d’ABS. M. Balladur a accordé la garantie de l’Etat à hauteur d’un milliard de francs au contrat « Mouette » – du matériel militaire à destination de l’Arabie saoudite –, et avalisé le sous-financement du contrat « Sawari II » pour ce pays. Les faramineuses commissions versées à Ziad Takieddine et ses associés à l’occasion des marchés d’armement auraient servi pour une – petite – part à financer la campagne présidentielle de M. Balladur, ce qu’il conteste vigoureusement.

Partie émergée de cet iceberg supposé, un versement de plus de 10 millions de francs en liquide sur le compte de campagne (« pour que me fussent alloués 10 millions ? »), venant opportunément combler son déficit, trois jours après la défaite du candidat au premier tour. C’est bien simple : personne n’est d’accord sur rien. Fascinant voyage dans le temps, où aucun souvenir des témoins ne concorde et où la mémoire sélective s’efface à mesure de l’embarras suscité par les questions de la cour. Lire la suite.


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