Paradis fiscaux et judiciaires

Marchands d’armes : qui protège le réseau franco-croate ?

samedi 4 août 2007

Marchands d’armes : qui protège le réseau franco-croate ?

Les étranges liaisons de la milice parallèle du Front National.

Par Enrico Porsia pour Amnistia.net

Cet article a été publié le 27 février 2002 dans le n°13 des Enquêtes interdites.

Extraits :

En 1993, la justice belge arrive à mieux cerner les activités de la société de Jacques Monsieur, la Matimco. Ils découvrent des faux en écriture, ils se rendent compte que les procédures d’autorisation sur le commerce de matériel de guerre ne sont pas respectées. Lentement l’enquête avance. En 1996, le juge d’instruction belge De Haan perquisitionne une propriété appartenant à Jacques Monsieur à Lignières, près de Bourges. Le magistrat, agissant sur commission rogatoire internationale, découvre une quantité impressionnante de documents. Face aux enquêteurs, le marchand d’armes, qui avait créé en France dans les années 80 une société d’import-export, se montre confiant. Il affirme avoir des relations importantes qui lui permettront de se tirer d’affaire. En clair, les services secrets français auraient eu connaissance de ses activités et les auraient même soutenues... D’ailleurs, le ministère de la Défense français attendra deux ans avant de se porter partie civile, condition nécessaire pour que des poursuites puissent être déclenchées. Jacques Monsieur sera finalement mis en examen en mai 1999. Les juges découvrent qu’il est au centre d’un réseau de négoce d’armes qui s’étend de la Croatie à la Bosnie, du Qatar à l’Afrique du Sud, du Congo Brazzaville à l’Angola en passant par la Côte d’Ivoire (il possédait même un passeport diplomatique ivoirien)... Pourtant, il sera laissé en liberté. Le quotidien Le Soir de Bruxelles fait état d’un document de taille. C’est une lettre de Jacques Monsieur. Il s’adresse à Jack Sigolet, l’ex-président de la banque du groupe pétrolier Elf, la Fiba, et à André Tarallo, le "monsieur Afrique" du groupe pétrolier. Monsieur menace de faire des révélations sur le rôle joué par Elf au Congo si la compagnie pétrolière ne lui garantit pas son "solde de tout compte" pour prix de ses services.

Monsieur avait organisé douze livraisons d’armes à destination de Brazzaville entre le 23 juin et le 28 septembre 1998, pour une valeur de 61.435.426 dollars. Le 9 décembre 1998 Jacques Sigolet conclut un accord avec Jacques Monsieur à Genève. Le marchand d’armes ne recevra que... 5 millions de dollars ainsi que la garantie de la part d’Elf de favoriser ses affaires au Congo comme en Angola. Mis en examen par la justice belge et française, Jacques Monsieur s’envole en Iran en novembre 2000. Il y possède de solides relations. Notamment avec l’entreprise d’Etat Modelex, qui produit du matériel militaire. Pourtant, les Iraniens accusent Monsieur d’espionnage et le condamnent à 10 ans de prison ferme. Ainsi, le marchand d’armes peut échapper aux enquêteurs belges et français, sans être accusé de s’être soustrait à l’enquête. Les Iraniens font savoir q’il est en prison. Toutefois, sa lourde peine peut être convertie en une amende de 400.000 dollars. Jacques Monsieur ne fait pas appel. Il a de quoi payer. Il veut se remettre au travail et, surtout, effacer ses traces.

Début 2001, le procureur de Zagreb, Vesna Abramovic a transmis à la justice française trois demandes de commissions rogatoires. Etrangement, les autorités de l’Hexagone disent ignorer ces requêtes (Le Figaro 06.02.2002). Dans le collimateur du procureur croate, trois individus. Mario Abulina, Sanko Luik et Marco Ivanovic. Ils sont soupçonnés d’être des maillons importants d’un trafic d’armes qui, depuis la Croatie, inonderait l’Europe avec du matériel militaire en provenance de l’ex-Yougoslavie. Dans le réseau, il y aurait plusieurs militaires croates ayant servi dans la légion étrangère. Les armes transiteraient, cachées dans des épaves de voitures, via l’Autriche et seraient réceptionnées en France, dans la région de Nice. La justice de Zagreb estime que, seulement pour l’année 1997, ce trafic, entre la France et la Croatie, aurait généré un chiffre d’affaires d’environ trois millions d’euro. Le magistrat Vesna Abramovic décide de mettre sous écoute téléphonique les suspects. La Justice croate découvre ainsi que Mario Abulina, Sanko Luik et Marco Ivanovic sont en relation étroite avec une société basée à Roubaix, qui n’est rien d’autre que la succursale française d’International Consulting Services Zagreb, une sociétéfondée par... "James" Marty Cappiau, l’ancien légionnaire devenu le collaborateur de Jacques Monsieur.

Lire la suite sur le site d’Amnistia.net.


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 4261 / 6623

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Les ventes & trafics d’armes  Suivre la vie du site Les trafiquants   ?

Site réalisé avec SPIP 3.0.17 + AHUNTSIC

Creative Commons License