Paradis fiscaux et judiciaires

Les secrets bien gardés de l’évasion japonaise de Carlos Ghosn

dimanche 23 février 2020 par paradisfj.info

Société
Carlos Ghosn

Les secrets bien gardés de l’évasion japonaise de Carlos Ghosn

L’ex-PDG de Renault-Nissan est resté peu disert au sujet de l’organisation qui lui a permis de fuir le Japon où il était incarcéré.

Par Simon Piel Publié hier à 08h35

Carlos Ghosn l’a dit et répété. Il ne donnera aucun détail sur les circonstances de sa spectaculaire évasion du Japon, où il était assigné à résidence depuis sa libération sous caution de prison, à la fin d’avril 2019. Depuis, son entourage s’est employé à respecter la consigne donnée par l’ancien dirigeant de l’Alliance Renault-Nissan, expliquant qu’il ne souhaitait pas mettre en difficulté les personnes qui l’ont aidé.

On sait aujourd’hui qu’il a notamment été soutenu par les Américains Michael Taylor et George-Antoine Zayek, anciens membres des forces spéciales reconvertis dans le privé. Arrivés de Dubaï, ce sont eux qui l’ont accompagné, alors qu’il était dissimulé dans une malle, dans le premier jet entre Osaka et Istanbul, avant de disparaître dans la nature. Carlos Ghosn a ensuite été récupéré par Okan Kosemen, un employé de l’opérateur MNG Jet toujours incarcéré en Turquie, pour le vol Istanbul-Beyrouth, où le fugitif a été accueilli à son arrivée par un certain Nicholas Meszaros.

Selon les propos tenus par Okan Kosemen, cet homme, pilote d’avion de nationalité libanaise, l’aurait menacé pour qu’il accepte de trafiquer les données de vol sur les jets opérés par MNG, permettant ainsi à Carlos Ghosn de passer inaperçu aux yeux des équipages.

Secrets bien gardés

On sait aussi que le premier vol a été en partie payé par la société Al-Nitaq Al-Akhdhar General, basée à Dubaï et qui a réglé le 26 décembre 2019 la facture de 175 000 dollars. Le deuxième vol a été facturé mais finalement pas réglé par une société établie au Liban du nom de CBG Support et domiciliée rue du Liban, à Beyrouth. Si cette société n’apparaît pas dans le registre des sociétés du pays, plusieurs observateurs ont fait l’hypothèse que, derrière l’acronyme CBG se cache en fait Carlos Ghosn, qui a souvent associé à son patronyme celui de son grand-père, Bichara. D’autant plus que le domicile libanais de l’ancien patron se trouve aussi rue du Liban.

Les derniers secrets sur l’organisation, les soutiens et le financement de l’évasion de Carlos Ghosn restent bien gardés. Si la Turquie affiche une volonté de faire avancer l’enquête qu’elle a ouverte pour faire la lumière sur les circonstances de l’évasion et conserver ses bonnes relations avec le Japon, la réalité est autre. Peu d’actes d’enquête ont jusqu’ici été lancés, au point de pousser la société MNG à mandater une société américaine d’intelligence économique afin qu’elle conduise une enquête privée. Lire la suite.


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