Paradis fiscaux et judiciaires

Dix ans de restructurations

samedi 28 juillet 2007 par marieagnes

Dix ans de restructurations

Jeune Afrique - mai 1999 - par ASSOU MASSOU

Extraits :

Autres victimes de la restructuration : les banques commerciales. La crise économique et l’insolvabilité des États étaient telles qu’à la fin des années quatre-vingt, en zone UEMOA comme dans la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (Cemac), les établissements de crédit croulaient sous les créances douteuses. Les rares banques bénéficiaires - elles sont d’ailleurs toujours en activité - étaient celles du réseau Bici (Banque internationale pour le commerce et l’industrie) et quelques filiales de la Société générale et du Crédit Lyonnais. Ce qui ne veut pas dire que les représentations africaines des « trois vieilles » n’ont pas souffert du marasme ambiant. Les Bici ne doivent leur survie qu’au sabordage de la BIAO (Banque internationale pour l’Afrique occidentale) par la BNP. Établissement centenaire, la BIAO a été liquidée volontairement par la banque du boulevard des Italiens en 1989. Cette opération, juteuse pour l’établissement parisien, a révélé l’impréparation, voire l’impuissance, des autorités monétaires et bancaires de la zone franc.

Le réseau BIAO a en effet été repris dès mars 1991 par la Meridien BIAO SA, créée pour l’occasion par l’homme d’affaires gréco-zambien Andrew Sardanis, propriétaire entre autres de Meridien International Bank Limited (MIBL), établi dans le paradis fiscal des Bahamas. Sardanis, qui n’avait pas de projet bancaire pour l’Afrique, voulait tout simplement « faire un coup » : racheter le groupe à vil prix avec l’appui des États et des institutions multilatérales régionales, la BAD et la BOAD (Banque ouest-africaine de développement) notamment, et le revendre avec plus-value. Le prix de cession, « quelques millions de dollars », n’a d’ailleurs jamais été rendu public. L’homme d’affaires, qui n’avait pas les moyens de ses ambitions - la MIBL étant elle-même lourdement endettée -, ne réalisera pas « son coup ». Le 24 avril 1995, la Haute Cour des Bahamas l’a déclaré en faillite suite à une plainte de la Meridien BIAO Swaziland qui réclamait à la MIBL 7,3 millions de dollars de placements et de crédits. Le holding insolvable est mis en liquidation.

La disparition de la MIBL, et donc de la Meridien BIAO SA, qui contrôlait tout de même huit banques en zone franc, relance alors de plus belle le mouvement de restructuration. Les banques Meridien BIAO du Burkina, du Niger, du Gabon, du Cameroun ou encore de la Centrafrique, du Tchad et du Togo sont de nouveau à vendre. Mais les repreneurs ne se bousculent pas. Des pays comme le Gabon ou le Cameroun, échaudés par l’expérience de Sardanis, ont préféré liquider leur BIAO respective.

Les autres anciennes filiales de Meridien BIAO SA ont, elles, trouvé grâce aux yeux de la banque belge Belgolaise, bien implantée dans les anciennes colonies africaines de Bruxelles : la République démocratique du Congo (ex-Zaïre), le Burundi et le Rwanda. Après avoir repris en octobre 1995 la Meridien BIAO Niger, rebaptisée Banque internationale pour l’Afrique (BIA-Niger), la Belgolaise est entrée la même année dans le capital de la Banque internationale du Togo (30 %) et de la Banque internationale du Burkina (25 %). Aujourd’hui, elle négocie le rachat de la Banque internationale pour la Centrafrique (Bica) et de la BIAO-Côte d’Ivoire. Rappelons que cette dernière, comme la BIAO Sénégal, a échappé à Andrew Sardanis et a été transformée en banque d’État dès 1990. Inscrite sur la liste des privatisables depuis 1997, BIAO-Côte d’Ivoire peinait à trouver un repreneur. BIAO-Sénégal, quant à elle, a été rachetée par le groupe Mimran et rebaptisée Compagnie bancaire de l’Afrique occidentale (CBAO).

Lire la suite de l’article sur le site de Jeune Afrique.


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