Paradis fiscaux et judiciaires

Un « reconstructeur » au parfum de scandale

vendredi 27 juillet 2007

Un « reconstructeur » au parfum de scandale

Tim Spicer, chef d’entreprise et ancien militaire britannique mouillé dans plusieurs affaires, bénéficie du plus gros contrat signé par son pays pour la reconstruction de l’Irak

Tim Spicer est un pionnier du « business » de la guerre, l’un des premiers à avoir pressenti les opportunités, pour le secteur privé, de la réduction des effectifs des armées régulières et de l’évolution de la nature des conflits.

Personnage haut en couleur, très controversé, ce lieutenant-colonel de l’armée britannique a combattu durant la guerre des Malouines et la première guerre du Golfe, ainsi qu’en Irlande du Nord et en Bosnie. Il connaît sa première bataille publique quand deux de ses hommes tuent d’une balle dans le dos un adolescent en Irlande du Nord.

Il quitte l’armée en 1995, et crée un an plus tard la compagnie Sandline International, qui sera mouillée dans des scandales.

"Jamais rien d’illégal"

L’entreprise, qui propose « un service de réaction rapide de forces spéciales », signe son premier contrat en 1997 avec les autorités de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Le gouvernement tombe après un coup d’État. Tim Spicer et se retrouve devant la justice militaire du pays mais sera finalement libéré, grâce au soutien de Londres, et récupérera l’argent que lui devait la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Son contrat suivant est noué au Sierra Leone, où il livre des armes aux hommes du président déposé, Ahmed Tejan Kabbah, en violation d’une résolution de l’ONU imposant l’embargo militaire. L’affaire des « Armes pour l’Afrique » s’ensuit, impliquant le gouvernement britannique.

Tim Spicer dissout finalement Sandline International en 1999, mais se défendra contre toute accusation. Il a toujours argué que sa compagnie « ne travaille que pour des gouvernements légitimes, ne fait jamais rien d’illégal, ne s’oppose jamais aux politiques étrangères des puissances occidentales, s’applique à elle-même les plus hauts standards militaires, et respecte les lois de la guerre et du droit humanitaire ».

La guerre en Irak signe son retour

Il crée ensuite d’autres sociétés, Strategic Consulting International, Trident Maritime, spécialisées dans l’analyse de risques, pour des clients, transporteurs maritimes et compagnies d’assurances, dont la célèbre Lloyds.

La guerre en Irak signe le grand retour de Tim Spicer dans le domaine militaire privé. Deux ans après sa création, sa nouvelle société Aegis Defense Services rafle en 2004 le plus gros contrat britannique pour la reconstruction de l’Irak, grâce, semble-t-il, à ses nombreux contacts à Londres et à Washington.

Un de ses concurrents, DynCorp International, dénonce le marché, arguant que l’offre d’Aegis est de 80 millions de dollars (60 millions d’euros) supérieure à la sienne. Rien n’y fait. Le contrat d’Aegis a été renouvelé cette année pour trois ans.

S.F.

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