Paradis fiscaux et judiciaires

France : nouveaux indices de liens entre Sarkozy et société luxembourgeoise

mardi 8 juin 2010

France : nouveaux indices de liens entre Sarkozy et société luxembourgeoise

AFP / 07 juin 2010 18h16

PARIS - Les liens entre une société luxembourgeoise, Heine, par laquelle transitaient des commissions françaises sur des contrats d’armements, et des hommes politiques français, dont Nicolas Sarkozy, ont été soulignés lundi par la révélation de plusieurs courriers.

Dans ces courriers, qui ont été rédigés entre 2006 et 2008 et ont été saisis par la justice, les responsables de cette société réclament des fonds à l’Etat français, a-t-on appris lundi de sources proches du dossier.

Créée en 1994 avec l’aval de Nicolas Sarkozy alors ministre du Budget, Heine était utilisée par la branche internationale de la Direction des constructions navales (DCNI, chantiers navals français) pour verser les commissions aux intermédiaires sur les contrats d’armement, légales jusqu’en 2000.

Au premier rang de ces contrats d’armement, figure la vente de sous-marins au Pakistan en 1994, susceptible d’avoir indirectement servi de mobile à un attentat à Karachi, au cours duquel 11 Français, salariés des chantiers navals, ont été tués en 2002.

Selon une piste désormais suivie par la justice française, les auteurs de cet attentat s’en seraient pris à la France en représailles à l’arrêt du versement de commissions, décidé par Jacques Chirac après son élection.

Les dossiers judiciaires français, comme un rapport policier luxembourgeois, alimentent aussi le soupçon de "rétrocommissions". Ainsi une partie des sommes versées par la France pour l’obtention du contrat des sous-marins serait revenue en France pour financer illégalement des activités politiques.

Ces financements auraient profité à l’ex-Premier ministre Edouard Balladur, candidat en 1995 à l’élection présidentielle, dont le porte-parole de campagne était Nicolas Sarkozy. Edouard Balladur a nié tout acte illégal et Nicolas Sarkozy a qualifié de "fable" les suspicions à son encontre.

L’une des lettres, écrite le 29 novembre 2006 à Nicolas Sarkozy laisse supposer une relation entre l’actuel président français, alors ministre de l’Intérieur, et Heine. "Il y a une grande urgence à agir", écrivent les administrateurs de Heine.

En 2004, la DCN, qui est un organisme public, souhaite mettre fin à sa collaboration avec Heine. Les dirigeants de Heine auraient alors réclamé une indemnisation "qu’ils estimaient à 8 millions d’euros" a raconté en octobre au juge d’instruction Philippe Japiot, ex-président de DCNI.

Parmi les destinataires des lettres, figurait aussi le président français d’alors Jacques Chirac.

L’opposition de gauche a réclamé que la lumière soit faite sur ces contrats d’armement, dès la semaine dernière, après la confirmation par un rapport de police luxembourgeois que Nicolas Sarkozy avait donné son aval à la création de Heine.

© AFP

Publié avec l’aimable autorisation de l’Agence France Presse.

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