Paradis fiscaux et judiciaires

La grande évasion

vendredi 22 janvier 2010 par marieagnes

La grande évasion
Comment les riches et les multinationales continuent de ne pas payer d’impôts.

De Xavier Harel

Date de parution : 20-01-2010

Comment, malgré les rodomontades du G 20 et la crise économique, les plus riches et les multinationales continuent de ne pas payer d’impôts ? Une enquête extraordinaire au cœur des paradis fiscaux qui fait froid dans le dos : Près de 12 000 milliards d’euros dorment toujours dans ces territoires protégés. Un scandale auquel la France n’échappe pas. L’auteur dans un livre plein de révélations met à nu les systèmes, trusts, holding, délocalisation, qui permettent souvent en toute légalité de faire peser le poids de l’impôt aux classes moyennes et aux PME.

Alors que l’économie mondiale prend l’eau de toute part happée par la crise des subprimes, le problème des paradis fiscaux est loin d’être réglé. L’offensive du G20 contre ces juridictions secrètes pratiquant une fiscalité douce n’a fait qu’écorner leur pouvoir de nuisance. Blanchiment, corruption et surtout paradis de l’évasion fiscale. La fraude fiscale atteint toujours des proportions délirantes. Plus de 200 milliards d’euros par an en Europe. Deux fois le budget de l’Union européenne ! Plus de 100 milliards de dollars aux Etats-Unis.
Ce livre est la première enquête française sur les paradis fiscaux, une plongée vertigineuse dans le monde du secret bancaire, des trusts, et autres sociétés écrans.
Début 2008, Heinrich Kieber, un ancien informaticien de la LTG, une banque contrôlée par la famille régnante du Liechtenstein vend aux services secrets allemands un disque dur contenant les noms de 1400 personnes disposant de fondations dans la principauté. C’est le point de départ du plus grand scandale d’évasion fiscale de tous les temps. Des grands patrons sont arrêtés, puis condamnés. Heinrich Kieber vend également son précieux listing aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, à la France... Les documents révèlent au grand jour les méthodes de la principauté du Liechtenstein qui a fait de l’évasion fiscale un véritable fonds de commerce. Un deuxième scandale éclabousse quelques mois plus tard la Suisse. Un ancien gérant de fortune de la banque UBS a aidé de riches clients à dissimuler au fisc américain des centaines de millions de dollars. Il révèle aux autorités américaines les méthodes dignes de la guerre froide utilisées par la banque suisse pour convaincre de riches contribuables américains de venir cacher leur argent en Suisse. En violation totale de la législation.
Les paradis fiscaux sont également devenus le paradis des multinationales qui en usent et en abusent pour réduire au strict minimum leurs impôts. En 2007, les britanniques ont découvert avec stupéfaction que sur les 700 premières entreprises du pays, deux tiers avaient payé moins de 10 millions de livre d’impôt et un tiers pas du tout. Aux Etats-Unis, la moitié des entreprises n’ont tout simplement pas versé un dollar au fisc entre 1998 et 2005, sept années particulièrement fastes pour l’économie américaine. Comment font-elles ? Comme les particuliers. Elles logent leurs bénéfices dans les paradis fiscaux et leurs coûts dans les pays à forte imposition. Un scandale auquel n’échappe par la France. BNP Paribas dispose encore aujourd’hui de plus de 189 antennes dans les paradis fiscaux, LVMH de 140, France Telecom 63, Lagardère 55, Danone 47, Carrefour 32. De plus en plus de groupes délocalisent leurs sièges sociaux en Suisse transformant leurs usines françaises en simple centre de coût ne réalisant plus aucun bénéfice. Résultat, l’impôt sur les bénéfices fonds, et les salariés des usines doivent dire adieu à leurs treizième mois d’intéressement. Aux Bahamas, un paradis fiscal des Caraïbes, il existe un bâtiment abritant plus de 18.000 sociétés écrans. Comme l’a déclaré Barack Obama, soit c’est le plus grand immeuble du monde, soit c’est le plus grand schéma d’évasion fiscale au monde.

Si les paradis fiscaux sont une calamité pour les pays développés, contraints d’augmenter la pression fiscale sur ceux qui payent encore des impôts – les particuliers et les petites entreprises – la situation vire au cauchemar pour les pays pauvres. Chaque année, entre 800 et 1000 milliards de dollars sortent des pays en développement pour trouver refuge dans les paradis fiscaux. Des sommes colossales détournées avec la complicité des plus grandes compagnies pétrolières et des plus grandes banques.
Le scandale des paradis fiscaux doit cesser. Le G20 n’a jusqu’ici fait que gratter à la surface des choses. Ce n’est guère surprenant. Les paradis fiscaux ne sont bien souvent que l’arrière cour de grands pays. Les îles anglo-normandes pour le Royaume-Uni, Monaco et Andorre pour la France, Macao et Hong Kong pour la Chine. Les Etats-Unis ont même un paradis fiscal à domicile : le Delaware où sont domiciliés plus de la moitié des entreprises cotées à Wall Street.

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