Paradis fiscaux et judiciaires

La face cachée de la City

mercredi 1er avril 2009 par marieagnes

Ville hôte du G20 mercredi1 avril 2009

La face cachée de la City

Par Eric Albert, Londres

A la veille du G20, le changement de ton de Gordon Brown contre les paradis fiscaux a été spectaculaire. Mais les réformes restent limitées : les produits « offshore » ont encore un bel avenir.

Dix des 38 paradis fiscaux au monde dépendent de la Grande-Bretagne. Dix minuscules confettis perdus au milieu des mers qui sont soit « dépendances de la Couronne », soit « territoires d’outre-mer »… Pendant des décennies, Londres s’est caché derrière leur « indépendance » pour proclamer que rien ne pouvait être fait pour modifier leurs pratiques fiscales. Jusqu’au 18 février, très exactement.

Ce jour-là, Gordon Brown annonce son « plan de route » vers le G20. En réponse à une question, il fait un virage fondamental : « Nous voulons que le monde entier agisse […] contre les paradis fiscaux et réglementaires. […] Je suis plus confiant désormais, ayant parlé aux autres leaders du monde, que nous sommes en position d’agir sur ce sujet. »

« Il a changé d’avis »

Ce changement de ton pourrait aboutir demain, lors du G20 à Londres, à la publication d’une liste noire officielle des centres « non ­coopératifs ». Sous la pression, la Suisse, l’Autriche, mais aussi Jersey, Guernesey, l’île de Man et quelques autres ont signé dans l’urgence des accords bilatéraux de coopération fiscale (ou promettent de le faire, comme la Suisse). Même les îles Caïmans ont finalement agi lundi, annonçant des accords avec 20 pays.

Comment Gordon Brown, le chancelier qui a fait les yeux doux à la City pendant une décennie, a-t-il soudain changé d’avis ? « Pendant dix ans, sa politique était délibérée, estime Richard Murphy, qui dirige Tax Research LLP et est un des principaux leaders de la campagne contre les centres offshore. Les paradis fiscaux étaient un conduit pour amener l’argent du monde à Londres, ce qui augmentait les recettes fiscales venant de la City. Mais avec la crise, une partie de cet argent s’est évaporée. Or, Gordon Brown a besoin de toutes les recettes fiscales qu’il peut pour financer son sauvetage des banques. Les paradis fiscaux sont soudain devenus un problème et il a simplement changé d’avis. »

Lire la suite de l’article sur le site du journal suisse Le Temps.


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