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Ouverture du procès fleuve de l’Angolagate

mardi 7 octobre 2008 par Emma Goldman

Société

Ouverture du procès fleuve de l’Angolagate

AP | 06.10.2008 | 19:27

Le procès des ventes d’armes à l’Angola s’est ouvert lundi devant le tribunal correctionnel de Paris en l’absence de plusieurs des 42 prévenus, notamment l’homme d’affaires israélien Arcadi Gaydamak, mais avec comme invité surprise, la République d’Angola, qui n’est pas partie prenante à ce dossier.

Le tribunal, présidé par Jean-Baptiste Parlos, a commencé le procès par l’examen des charges pesant sur chacun des 42 prévenus. Une liste commencée par Pierre-Joseph Falcone, soupçonné avec Arcadi Gaydamak d’avoir vendu sans autorisation gouvernementale des armes et matériel de guerre à destination de l’Angola entre 1993 et 1994.

Une lecture fastidieuse, tant les deux hommes sont poursuivis pour diverses incriminations, du commerce illicite de vente d’armes au trafic d’influence en passant par les abus de biens sociaux.

Costume bleu marine et mine sombre, M. Falcone déclare au tribunal posséder la double nationalité française et angolaise, cette dernière ayant été acquise en 2003. Le "dirigeant de sociétés", sergent à l’issue de son service militaire, déclare 4 millions d’euros de revenus annuel. Et un patrimoine immobilier évalué à 15 millions d’euros.

Vient ensuite le cas d’Arcadi Gaydamak dont la date de naissance diffère selon les actes officiels. Mieux que son compère Falcone, Gaydamak se prévaut de quatre nationalités : israélienne, française, canadienne et angolaise. L’homme est chevalier de l’ordre national du Mérite et chevalier du Mérite agricole, rappelle le président du tribunal.

Et s’égrène la liste des prévenus. "Vous allez prendre la place d’Arcadi Gaydamak, ça ne devrait pas trop vous gêner", lance le président Parlos à Paul-Loup Sulitzer qui se définit comme romancier et économiste.

Son dernier opus, "Le roi rouge", raconte "l’histoire de l’Angolagate".

A la lecture de son casier judiciaire où le président rappelle qu’il a été condamné pour abandon de famille, le romancier, qui peine à parler depuis ses accidents vasculaires, lance : "J’aimerais bien être abandonné comme mon épouse l’a été".

Lorsqu’arrive le tour de Jean-Christophe Mitterrand, soupçonné d’avoir mis en contact les marchands d’armes avec les représentants de l’Angola, le fils de l’ancien chef d’Etat explique habiter chez sa mère, rue de Bièvre à Paris. "Je n’ai aucun revenu, je n’ai pas de patrimoine immobilier", dit-il.

A l’issue de ces brefs interrogatoires d’identité et lecture des charges, le tribunal a commencé l’examen des demandes procédurales visant à annuler la procédure pour différents vice de forme.

La République d’Angola, qui n’est pas partie civile dans ce dossier où aucun de ses ressortissants n’est poursuivi, entend demander l’annulation des poursuites, l’enquête française ayant bafoué sa souveraineté nationale en saisissant chez différents protagonistes des documents qu’elle estime être couvert par le secret défense.

Son avocat sera entendu par le tribunal à l’issue des demandes soulevées par les autres avocats du dossier, la République d’Angola n’étant pas partie au dossier, a estimé le président du tribunal. Les débats se poursuivaient dans la soirée.

© AP

Publié avec l’aimable autorisation de l’Associated Press.

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